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Marc Amfreville

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Livres

Sous la dictature des Colonels, sur l’île âpre et lumineuse de Karpathos, Pierre cherche son fils disparu.
Quelques mois plus tôt, Lucas est parti retrouver Yiorghos, un exilé grec qu’il avait aidé à fuir et accueilli à Paris, mais qui s’est volatilisé sans explication.
Guidé par le journal de Lucas, aidé de Samuel et de Zoï, Pierre avance dans des lieux traversés par les silences, la mémoire et l’amour inavoué.
Enfant juif caché pendant la guerre, amnésique et sourd à sa propre inhumanité, il découvre peu à peu l’étendue de ce qui l’a séparé de son fils.

Entre enquête et voyage intime, Où va la haine ? explore la violence des héritages, le poids des secrets et la part d’ombre qui se transmet de génération en génération.

200 pages.

Commentaires :

 

Marc Amfreville est psychanalyste, membre du Quatrième Groupe, et professeur émérite de littérature américaine à la Sorbonne. Il a été président de l’AFEA (Association Française d’Études Américaines), a traduit plus de soixante romans. Par ailleurs auteur d’articles et d’ouvrages sur la littérature américaine du XIXe siècle et plus contemporaine, ainsi que dans le domaine de la psychanalyse, il a également publié un roman, Ombres grecques (Michel Houdiard Éditeur, 2022), traduit et publié aux USA sous le titre de Greek Shadows (Printim Editions, 2024)

Articles

Résumé :

Ombres sur l’Hudson : un roman posthume ? Posthume mais pas vraiment puisque l’original de ce roman d’Isaac Bashevis Singer avait été publié en yiddish de son vivant, Ombres sur l’Hudson, dont l’intrigue se situe en 1946 aux États-Unis, est l’occasion de réfléchir à l’écriture de la Shoah. Parce qu’il met en scène des personnages qui ont échappé à la « solution finale » en s’enfuyant à temps de Pologne, et qui sont néanmoins hantés par les spectres de leurs proches disparus, Singer contourne l’interdit éthique de l’irreprésentable, de la « poésie impossible après Auschwitz » (Adorno). Il donne à entendre ce que peut être un fantôme au sens qu’ont donné à ce mot Abraham et Torok, et rend tangible, sans voyeurisme
ni jouissance, la réalité du traumatisme second. Il autorise les résonances pour les générations futures, ouvrant la voie à une universalité qui jamais ne renonce à la particularité. Cet article entend montrer comment la littérature, aussi hostile à Freud qu’ait pu être Singer, est porteuse
d’intuitions et de vérités théoriques dans lesquelles la psychanalyse peut se reconnaître.

Mots clés : représentation – éthique – fantôme – deuil - trauma

Résumé :

Cet article, à partir d’un cas clinique, se propose de repenser les liens qui unissent ou devraient unir psychanalyse et réflexion sur l’environnement. Prenant appui sur un article fondateur de H. Searles, un essai écologiste du romancier américain Jonathan Safran Foer et une nouvelle de l’écrivain Rick Bass, il entend démontrer que le psychanalyste, en marge d’indispensables considérations sur la réalité psychique, devrait savoir rester attentif à la réalité matérielle des sources des angoisses créées par la crise environnementale, qu’il ne peut pas ne pas partager avec son patient – et que la littérature peut l’y aider.

Interlignes

Résumé :

Le livre d’Isabelle Alfandary – Le scandale de la séduction, D’Œdipe à #MeToo – est né, nous dit l’auteure, d’un étonnement : Pourquoi un tel silence des psychanalystes dans le sillage de ce mouvement apparu en 2017 en France ? Pourquoi, dans nos rangs, parfois, ces murmures de désapprobation larvée à l’endroit de femmes réclamant justice pour des violences subies ? Comment, en outre, un mouvement libérant la parole des femmes sur la question des agressions sexuelles pourrait-il laisser indifférent les héritiers de la tradition freudienne ?

Si la problématique de la séduction occupe une place centrale dans le mouvement #MeToo, elle est aussi un obstacle sur lequel la psychanalyse, qui entretient avec elle une relation complexe et sinueuse, n’a cessé de trébucher. De fait : en abandonnant la théorie de la séduction, Freud a pris le risque, lourd de conséquences épistémologiques et éthiques, de traiter la parole des femmes se déclarant victimes d’abus sexuels comme relevant d’une réalité exclusivement fantasmatique. Le silence des analystes apparaît dès lors comme le symptôme de ce rapport à la question de la séduction : séduction aussi nécessaire que redoutable, aussi vitale que potentiellement dangereuse.

Lors de cette demi-journée de travail, nous voulions revenir avec Isabelle Alfandary sur ce singulier “pharmakon” (tout à la fois, conformément à l’étymologie, remède et poison) de la psychanalyse : sur son statut chez Freud, mais également chez ses successeurs — « Confusion des langues » chez Ferenczi, « Théorie de la séduction généralisée » chez Laplanche,... —.

Où en sommes-nous aujourd'hui, en pratique et en théorie, de la question de la séduction ? Des mouvements sociétaux comme #MeToo modifient-ils notre façon de concevoir la vie psychique ou de pratiquer la psychanalyse ? Permettent-ils de penser à nouveau frais les rapports de la psychanalyse au social-historique (Castoriadis) ?

Marc AMFREVILLE : Discours introductif   

Katia DZIWULSKI : Autour du livre d'I. Alfandary

Olivier PACCOUD : Séduire, Amourer, Amourir

Isabelle ALFANDARY :  Réponses aux intervenants

Résumé :

Ce texte a été présenté le 14 juin au séminaire « Interpréter, lire, écrire : Littérature et Psychanalyse », organisé et animé par François Richard et Laurence Aubry au sein de la SPP .Comme son intitulé l’indique, il s’agit d’explorer les liens entre psychanalyse et littérature, tant du côté de la clinique et de la théorie que de celui de la création et de la critique. Fonctionnant depuis trois ans, c’est un séminaire ouvert au public qui fait intervenir des psychanalystes de différentes sociétés (SPP, APF, Quatrième Groupe, et des écrivains (Geneviève Brisac, Dominique Barberis, cette année).   

Le texte est téléchargeable en pdf

Résumé :

Premières lignes : Au moment de présenter une expérience d’écriture, très récente pour moi, celle d’un roman, mon premier roman, Ombres grecques, paru en 2022, j’ai été saisi par la conscience vive qu’à parler d’un geste aussi intime que peut l’être l’écriture de fiction, il allait falloir aborder aussi sincèrement que possible des questions qui ne toléreraient pas la protection dont bénéficie un exposé de nature générale ou théorique...

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