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membre
MOREAU RICAUD M., Freud collectionneur, Paris, Campagne Première, 2011
Le visiteur du cabinet de Freud à Londres (Freud Museum), ne peut que remarquer l’accumulation d’objets antiques. Freud collectionne rêves, mots d’esprit, lapsus… et antiquités. Michelle Moreau Ricaud analyse le rôle de cette passion dans l’invention de la psychanalyse et nous aide à comprendre, à travers l’étude de plusieurs figures de collectionneurs, tels que sir Thomas Phillipps, Balzac, Gatian de Clérambault, les ressorts du désir qui les anime.Psychanalyste, docteur en psychologie clinique, membre du Quatrième Groupe, chercheure associée au centre « Psychanalyse et Médecine » (univ. Paris Diderot-Paris7), Michelle Moreau Ricaud est secrétaire scientifique de l’Association internationale d’histoire de la psychanalyse, membre de la Société médicale Balint, présidente de la Maison Sándor Ferenczi-Paris. Elle a publié Cure d’ennui. Écrivains hongrois autour de Sándor Ferenczi, Paris, Gallimard, 1992 ; Michael Balint. Le renouveau de l'École de Budapest, Toulouse, Érès, 2000, rééd. 2007, et a collaboré à de nombreuses revues françaises et étrangères.
164 Pages.
Note de lecture de Monique Mioni, parue dans le n°50 du Bulletin du IVe Groupe
Freud et la curiosité : à propos de « Freud collectionneur » , le dernier livre de Michelle Moreau-Ricaud (Campagne-Première/ recherche-Février 2011)
C’est en explorant la passion de Freud pour la quête d’objets antiques que Michelle Moreau Ricaud emmène le lecteur dans un voyage à travers le temps et l’espace. En 160 pages, elle retrace de manière très érudite, documentée et précise, l’histoire de la notion de collection, sous-tendue par une pulsion, la curiosité, des origines de l’homme jusqu’à Freud et le sens que la psychanalyse a permis de renouveler. Bien qu’il existe des animaux étonnamment collectionneurs, l’être humain aura d’emblée un rapport particulier à l’objet. La place de l’objet dans l’histoire de l’humanité puis dans la psyché donne un peu plus de sens aux comportements humains dans ce qu’ils ont de meilleur comme de pire. C’est ainsi que les premiers hommes préhistoriques décorent des poteries, dégageant l’objet de sa fonction utilitaire et le faisant advenir au statut d’œuvre d’art, l’autre versant étant l’utilisation des objets dans les rituels mortuaires. De l’art à la mort, pour reprendre le beau titre d’un livre de Michel de M’Uzan, la frontière entre objet animé et inanimé est bien plus mince qu’on ne le pense, et pulsion de vie et de mort moins clivées !
Le butin est avant tout trésor de guerre. La recherche qui permet les avancées scientifiques s’est nourrie de l’emprise de l’homme sur le monde extérieur. Le rôle de la religion est central avec les reliques. via les regalia, ces objets dont la fonction de guérison va croissant à une époque, en droite ligne de la pensée qui guérit, dont la psychanalyse n’est pas si éloignée que cela. Le passage du religieux au laïque avec les premiers cabinets d’anatomie, cabinets de curiosités , cabinets de lecture, la botanique avec l’envolée du cours de ….la tulipe, aboutit à l’explosion de la science mais aussi à la création de nos modernes musées emblématiques de la culture du 20e siècle.
Au travers de la vie de quatre collectionneurs, le comte de Caylus (1692-1765), personnage de roman, Sir Thomas Phillipps (1792-1872) bibliophile, Balzac et son double littéraire- le cousin Pons, Gaëtan Gatian de Clérambault (1872-1935)- plus proche de nous car médecin- psychiatre dont les observations célèbres ont influencé Lacan et qui s’est pris comme objet d’étude, se pose la question de la place de l’autre. Avec chacun d’eux, on passe de la curiosité banale aux passions vitales ou néfastes, et à la mince limite entre le normal et le pathologique. En prêtant trop de (leur) vie aux objets, ces collectionneurs négligent dans un mouvement de balancier extrême, leur propre vie et celle de leurs proches. Et pourtant, de l’auteur de la comédie humaine, en passant par le bibliophile, au médecin enclin à comprendre et soigner, tous semblaient être tournés vers le monde extérieur.
En se recentrant sur Freud, elle nous fait envisager autrement sa vie quotidienne : Freud et son auditoire fictif, Freud scribe de l’histoire de ses patients, Freud face à la perte d’êtres chers- sa collection commence juste après la mort de son père, Freud et une religion laïque, choisissant délibérément les polythéismes égyptien et grec plus propices aux métaphores que sa religion juive d’origine. Ses identifications à d’autres découvreurs, Schliemann, Champollion… et in fine ses rêves d’enfant jouant aux soldats de fer… Freud et la mort : nous apprenons qu’une jeune femme se suicide dans son immeuble juste avant de sonner chez lui pour une consultation. On peut imaginer le traumatisme d’un tel événement mentionné par peu d‘historiens de la psychanalyse et le déterminisme qu’il aura sur ses futures recherches. Et il est troublant de mettre en regard le fait qu’il puisse emporter sa collection dans l’exil grâce à la générosité de Marie Bonaparte, alors qu’il ne pourra sauver ses sœurs…
L'apport de ce livre est très original, car l’auteure, psychanalyste reconnue et avertie, ne nous abreuve pas d’interprétations, mais bien au contraire, ouvre sur tous les champs de connaissances qui nourrissent le sens. C’est ainsi que le croisement de l’éthologie, l’anthropologie, l’histoire du monde, de l’art, de la psychanalyse, donne une approche tout à fait subtile de ce qui ne pourrait paraître que comme une originalité anecdotique de la personnalité de Freud. Du particulier, Michelle Moreau Ricaud nous entraîne vers l’universel, dans une réflexion sur nous-même et nos patients en nous faisant sortir de l’automatique association entre collection, analité et névrose obsessionnelle. En cela il me fait beaucoup penser au livre de Serge Viderman sur «L’argent en psychanalyse et au-delà ».
Comme symptôme, la collection présente l’intérêt d’être à l’intersection de l’individuel et du collectif, exactement comme la religion.
Cela m’évoque le fait que l’accumulation est une caractéristique de l’homme allant de pair avec la place de l’argent. Aucun être ne vit totalement dénudé : même au fin fond de l’Amazonie, des attributs rituels existent. L’objet est pour l’homme indissociable du sens et donc du langage. Pourquoi certains s’autorisent-ils plus que d’autres, et surtout au détriment des autres, à amasser ?
De la collection au collectif, il n’y a qu’un pas, et c’est donc à une réflexion profonde sur les liens de l’homme aux autres, que l’auteure nous invite, et pour cela qu’il nous soit permis de la remercier pour « le gain de plaisir » évoqué dans sa conclusion, qu’elle nous offre à son tour.
Rencontre autour d’un nouveau livre :
Michelle Moreau Ricaud, « Freud Collectionneur » , Editions Campagne Première, 2011, Paris,
librairie Lipsy, le 14 Mai 2011.
La présentation du dernier livre de Michelle Moreau Ricaud, Freud collectionneur, avec la participation de deux discutants Nicolas Gougoulis (SPP er AIHP) et Philippe Porret (SPF) a été une très belle occasion de revisiter la personnalité du fondateur de la psychanalyse devant un public passionné.
Nicolas Gougoulis (dont on trouvera le résumé de sa présentation ci-dessous) retrace d’abord la recherche de Michelle Moreau Ricaud sur Freud, sa collection et la place que ces objets avaient non seulement pour lui mais aussi dans son cabinet et vis à vis de ses patients, Ainsi elle rapporte le témoignage de la poétesse Hilda Doolittle dans le journal de son analyse.
En nous faisant comprendre ce qu’est une collection et des portraits très divers de collectionneurs, l’évolution des cabinets de curiosité en musées, elle approche la personnalité de Freud à travers ce besoin de collectionner.
C’est donc sur Freud, après Balint que Michelle Moreau Ricaud exerce d’une nouvelle manière originale ses talents de biographe.
Elle rapporte la visite étonnante d’André Breton, qui voit Freud comme « un médecin de quartier » ; certaines rencontres avec lui pouvaient être manquées Par hasard je tombe sur une attitude très dure du même A Breton à l’égard de Giacometti lorsque celui-ci ose s’éloigner du surréalisme, témoignant certainement d’un certain sectarisme. Certes Freud, même devenu célèbre n’habitait pas le quartier du Ring, celui de la grande bourgeoisie juive assimilée de Vienne.
N. Gougoulis se demande quelle serait la réaction d’un archéologue du futur en découvrant le livre de Michelle : une curiosité, un “memorabilia”, qui sait? Mais après l’avoir parcouru la conclusion est qu’il comprendrait le but ultime de Michelle, montrer sa manière d’investir un grand penseur, “son Freud”. Elle nous pousse à se représenter chacun son Freud, ce qui le rendrait plus proche de nous, une manière de l’aimer.
Philippe Porret reprend sa description d’un Freud utilisant sa promenade quotidienne, espace « transitionnel » de liberté, si nécessaire lorsque l’on reçoit des patients, rendant visite à l’antiquaire chez qui, somme toute , il se délassait. Il propose une comparaison entre la fonction de cette collection comme espace de projection de la pensée, à l’instar des jardins japonais dont l’abstraction nous incite à l’introspection.
Les différents intervenants vont interroger Michelle Moreau Ricaud sur les intérêts esthétiques de Freud :
- pourquoi la statuette d’Athéna était- elle sa préférée ?
- pourquoi cette prédominance de la sculpture au détriment d’autres formes d’art plastique comme la peinture (Christian Gaillard)?
- pourquoi ne s’intéressait-il pas à l’art contemporain pourtant si innovant et créatif ?
Michelle répond par le goût de la Grèce pour Freud, qui connaît sa culture, sa langue, le grec classique, a traduit Sophocle au Lycée. De plus la petite statuette d’Athéna, cette fille de Zeus, fille de la Raison, était un cadeau princier – celui de Marie Bonaparte, princesse de Grèce et du Danemark. Pour Freud elle représentait, symbolisait l’ensemble de sa collection. C’est elle qu’il montre, présente à Hilda Doolittle. En guise d’interprétation, il commente : « elle est parfaite », peut-être parce qu’elle a les caractéristiques de la bisexualité? Ou parce qu’elle a perdu sa lance...Michelle ne trouvant soudain qu’une désignation de cette déesse -“Athéna Niké” - en appelle aux Grecs présents, sans succès...Nicole Belmont-Valabrega nous rappelle alors le nom d’Athéna “Parthenos”, c’est-à-dire la vierge, non fécondée.
Il lui semble effectivement qu’il ne s’est pas intéressé aux oeuvres des peintres de son temps et redit son étonnement de la méconnaissance de Freud du mouvement de la Sécession : Klimt par ex. alors qu’il peint sa Nuda Veritas en 1898, ou Les trois âges de la femme, ou Eau mouvante ; ou d’autres encore qui vont dans les mêmes thèmes ou évoquent le flux pulsionnel freudien. Au sujet des identifications nombreuses de Freud, que l’auteur a essayé de décrypter, Houchang Guilyardi demande si « l’Egypte est présente ». Michelle rappelle qu’effectivement outre son identification à Champollion – l’interprête /traducteur des hiéroglyphes dont Freud utilise la méthode pour le langage du rêve, le Scribe qui trône dans la pièce, et le Pharaon peuvent s’évoquer dans le bureau d’écriture un « sanctuaire » si non une pyramide où Freud écrit entouré de sa cour de statuettes…
Pour Michelle « Freud n’est pas un collectionneur habituel : à proprement parler il n’apparaît ni compulsif ou obsessionnel, ni avare de ses trésors ; il aime ses objets mais il peut en donner, comme à Karl Abraham, qui ira, lui, en Egypte, et se passionnera pour Akhenaton. Ou encore au fils de Jones qui les conservera toute sa vie ».
Puis elle rappelle ses « motivations conscientes pour l’écriture de ce livre : (son) saisissement à la découverte de cette collection à Londres au moment où la maison de Freud devient un musée, puis après un compte-rendu pour la revue Frénésie, l’oubli puis la résurgence de l’émotion et de l’énigme lors d’un Symposium à Athènes avec une contribution : “ Un Freud Grec? ”. Viendront ensuite la commande de l’éditeur Campagne –Première ; puis sa conférence au IVè Groupe à la Scola Cantorum. Enfin la proposition du Musée Rodin de présenter “un autre regard ...” sur les collections des Antiques de Rodin et de Freud qui partageaient la même passion »
A contrario la maison de Vienne est restée vide, et Michelle espère qu’elle le restera pour signifier l’exil de Freud.
Son désir de connaître non seulement le Freud psychanalyste et théoricien, mais un Freud moins connu, plus intime, découvert d’abord à travers ses correspondances, puis avec cette énigmatique collection. Elle l’a inclut dans la culture de son temps et dans la Culture tout court. Cet ouvrage nous permet un rapport à Freud plus humain, plus proche et in fine peut-être moins « statufié » ?
Monique Mioni
Merci Michelle pour ce livre. Tu nous offres les outils de comprendre ce qu’est une collection et un collectionneur.
Michelle nous promène à travers la langue et le siècle dans la constitution des cabinets de curiosités qui deviennent des musées. Elle nous avait déjà donné des aperçus de son talent dans sa biographie de Balint et la découverte des écrivains hongrois et ici elle nous présente un Freud à la fois familier et insolite. C’est une occasion de rendre plus humain, plus près de nous, une manière de le présenter non en théoricien mais en penseur qui a besoin de supports qui aident le développement de sa réflexion.
En nous offrant ce tableau elle pose une question : quelle est la valeur de la collection de Freud? Avant tout elle était sentimentale. Freud ne collectionnait pas tel un obsessionnel, qui cherche à maîtriser une série au moyen d’une complétude. Plutôt, il cherchait à acquérir des objets produisant sur lui un effet esthétique provoquant des associations. A ce titre il est bien plus un amateur d’art, un amateur archéologue qu’un collectionneur, mais il a constitué un belle collection très variée : antiquités grecques, égyptiennes, étrusques, romaines, chinoises.
Freud était un personnage très solitaire quand il pensait, quand il théorisait et ses objets curieusement souvent tenait lieu de source d’inspiration voire d’interlocuteur silencieux. Son bureau –celui où il écrivait - était rempli de ses antiquités. Il lui arrivait même de proposer à certains patients (telle HD) ces supports comme de moyens d’inspiration associative.
Freud impressionnait la plupart de ses interlocuteurs et Michelle de découvrir et nous offrir une petite histoire de la seule personne qui a eu une impression étrange; André Breton lui trouve l’allure d’un “médecin de quartier”.
Certes si on compare la Berggasse à la maison de l’Amérique latine ancien hôtel particulier de Charcot, on peut comprendre cet avis. D’ailleurs, on peut se poser la question de l’identification de Freud à Charcot sur ce point. Il est connu que Freud admirait Charcot sur tous les plans et notamment sur le plan du succès social.
Nicolas Gougoulis
MASSON C, et coll, La force du nom - Leur nom, ils l'ont changé, avec notamment les contributions de C. Aslanov , A. Didier-Weill, R. Drai, E. Ghozlan, B. Huisman, F. Kaufmann, N. Lapierre, M. Moreau-Ricaud, M. Waintrater, , Paris, Espace du sujet, Desclée de Brouwer, 2010
Leur nom, ils l’ont changé...Les noms comme les visages nous identifient, ils portent l’histoire des ancêtres et se (trans)portent de génération en génération : transmission du patronyme, du nom dit de famille. Comme nous dit la petite histoire (juive), les noms nous collent à la peau et à vouloir s’en séparer, ils vous reviennent comme des signifiants porteurs de l’origine. Dans la tradition juive, le nom apparaît comme porteur de sens. Dans la Bible, le premier acte d’Adam fut de nommer tous les animaux et tous les oiseaux que dieu avait créés (Genèse 2, 19-20). Puis Adam nomme sa femme Ève.
À faire la route (de l’exil), nombreux sont les juifs qui ont changé d’un « nom à coucher dehors » car ce nom, parfois difficilement prononçable, les identifiait comme venant d’ailleurs, risquant de freiner leur intégration et leur promotion sociale.
Comment les noms nous identifient-ils ? De quels lieux sont-ils porteurs ? Comment nous approprions-nous nos noms ? Comment habitons-nous nos noms ? Et quel regard les autres portent-ils sur notre patronyme ?
484 Pages.
MOREAU RICAUD M., Michael Balint - Le renouveau de l'Ecole de Budapest, 1ère édition en 2000 , Ramonville Sainte Agne, Analyse Laïque, Érès, 2007


300 Pages.
MOREAU RICAUD M., Cure d'ennui - Écrivains hongrois autour de Sandor Férenczi, Ouvrage édité par ... et Postface de ..., présenté par Péter ADAM, traduit par Sophie KÉPÈS, Paris, Connaissance de l'inconscient, Gallimard, 1992
Une ville, Budapest, au cours des années vingt, une revue littéraire, Nyugat (" Occident "), de faible diffusion et de grande influence, un psychanalyste peu ordinaire et inspiré, Sàndor Ferenczi, et, formant une manière de cercle autour de lui, six écrivains encore mal connus en France - Babits, Csáth, Füst, Karinthy, Kosztoláriyi, Kredy -, voilà ce qui dessine les contours de cet ouvrage composé de nouvelles où le quotidien vire à l'étrange, de très brefs récits à la " chute " surprenante, d'histoires de cas et de chroniques, de réflexions sur le cigare de Freud et le rayonnement de Groddeck... On y rencontre l'angoisse, la folie ordinaire sous l'eau calme du lac. Mais l'humour est présent à chaque page. Rien de tel pour guérir de l'ennui ! La littérature ici ne vise pas à illustrer ou à exploiter des thèmes psychanalytiques. Simplement, Freud est passé par là. Ecoutons Kosztolányi - l'auteur du texte qui donne son titre à notre recueil : " La psychanalyse, j'ai appris à la connaître dans ma jeunesse. Je lui dois beaucoup. Mais la création littéraire se nourrit de couches gisant à une telle profondeur, dans l'inconscient que même la psychanalyse, cette science naturelle de notre vie intérieure, est incapable de les atteindre."249 Pages.
Résumé : Marie Bonaparte, arrière-petite-nièce de Napoléon, que son milieu aristocratique ne destinait pas à devenir psychanalyste, est une figure incontournable de la psychanalyse en France. Représentante de Freud et de la psychanalyse laïque, elle est traductrice de Freud, auteur d’une œuvre, mécène du mouvement analytique et par son statut d’Altesse Royale, protectrice de Freud, le sauvant de la mort en facilitant son exil à Londres devant la menace nazie. Elle joue aussi un rôle important dans la première scission de la psychanalyse en France (1953).
Mots clés : Première psychanalyste d’enfants, Heuyer, Complexe de masturbation , Doctoresse Sophroniska de Gide
Mots clés : Jean-Paul Valabrega
Résumé : Les Centres de traitements psychanalytiques dans leur histoire
Résumé : Une policlinique psychanalytique n’ayant pu se créer à Budapest en 1919, c’est Max Eitingon qui reprend l’idée et la réalise sur ses propres finances à Berlin en 1920. Cette première policlinique – dont on précise ici la fondation et le fonctionnement – deviendra un institut psychanalytique, qui offre à la fois un traitement gratuit pour la population nécessiteuse et la formation des analystes. Il servira de modèle pour tous les instituts de l’Association psychanalytique internationale. La Correspondance de Freud et d’Eitingon, récemment traduite, nous montre que l’idée, embryonnaire, d’un « sanatorium psychanalytique » était déjà chez Freud. Il n’y manquait que de conjuguer la clinique et la formation des analystes en une « École supérieure de psychanalyse » (Freud), qu’Eitingon et ses collègues mettront sur pied empiriquement et dont les grandes lignes du programme seront repensées par Freud en 1927, dans ses dernières pages de La question de l’analyse profane.
Mots clés : Ferenczi, Eitingon, Policlinique de Berlin 1920, Rapports sur la Policlinique de Berlin de 1922 et de 1930, correspondance Freud-Eitingon, « sanatorium psychanalytique », « École supérieure de psychanalyse »
Résumé : Une relecture du cas « Dora » – avec, à la fois les avancées théoriques et techniques freudiennes et l’après-coup de la cure, mais aussi les critiques d’analystes contemporains, ainsi que les apports récents d’historiens de la psychanalyse – nous permet de comprendre les causes de l’échec de Freud et de rétablir l’identité et le devenir d’Ida Bauer.
Mots clés : Hystérie chez une jeune fille, Merano et culte marial, « Gynécophilie »
Résumé : Si le transfert, puis le contre-transfert ont été découverts à quelques années de distance par Freud, puis compris comme phénomène inhérent à l’expérience psychanalytique, on assiste à leur reconnaissance juridique par le biais de la réglementation des psychothérapies. Mais le métier d’analyste est également porteur de risques pour celui qui l’exerce. Son implication émotionnelle dans la cure le rend vulnérable, parfois «sous influence»; le psychanalyste peut en être passagèrement «malade» et la formation continue des analystes est une nécessité.
Mots clés : influence du patient, contre-transfert, implication émotionnelle, «maladie» normale, analyse de l’analyste, Influence by the Patient, Counter-transference, Emotional Involvement, Normal ‘Sickness’, Analysis of the Analyst
Résumé : La réception de cet ouvrage est une énigme : ce livre n’aurait-il pas eu paradoxalement d’écho dans ce second pays de la psychanalyse ? En effet, la publication de cet ouvrage princeps a pris des années et n’a finalement été réalisée qu’en 1935, alors que d’autres écrits l’ont été plus tôt. En prenant comme source : les neuf préfaces que Freud a rédigées pour ces rééditions successives, la correspondance Freud-Ferenczi et la préface de Balint à l’œuvre complète de Ferenczi, nous essayons de comprendre le retard étonnant de la publication de cet ouvrage. Un grand nombre de difficultés et d’obstacles nous sont apparus : la résistance interne de Ferenczi, puis celle du traducteur, Hollós, celle des éditeurs et enfin le manque d’argent. J’ajouterais une hypothèse : celle de la concurrence éditoriale de cet « enfant-rêve » avec les grands écrivains, Bàbits, et Krúdy, versés eux aussi dans les rêves.
Mots clés : théorie freudienne des rêves, clé des songes, résistance interne, concurrence avec les romans de Krúdy et de Babits.
Résumé : Si Freud et ses premiers collègues pratiquent librement en Autriche le nouveau traitement inventé par Freud pour soigner les patients névrosés et autres, la «psycho-analyse», une plainte juridique d’un patient contre son analyste, Theodor Reik, va instruire un procès pour exercice illégal de la médecine, procès qui n’aura finalement pas lieu. Mais Reik, un érudit de formation psychologique et littéraire, analysé par Abraham, se verra interdit de pratiquer la psychanalyse en Autriche. Le statut de la psychanalyse est alors posé. Freud va défendre Reik et la psychanalyse profane, laïque, par un essai remarquable, publié en 1926, La question de l’analyse profane. Désormais hors de la médecine, la psychanalyse sera néanmoins de nouveau attaquée en France et fera l’objet dans les années cinquante de plusieurs procès à la demande de l’ordre des médecins contre des psychanalystes non-médecins. Aujourd’hui la question de son statut est reposée indirectement par les législateurs qui, sous le couvert de la défense de l’usager, veulent régler la question des psychothérapies. La psychanalyse restera-t-elle une méthode ou bien deviendra-t-elle une profession?
Mots clés : Procès (Reik,Clark-Williams,Breuer,Dienal), Psychanalyse profane, Psychothérapie, Méthode ou profession? Lawsuit (Reik,Clark-Williams,Breuer,Dienal), Profane psychoanalysis, Psychotherapy, Method or profession?
Résumé : Dans cet article, l’auteur, Directeur des Archives Sigmund Freud (Bibliothèque de Washington), revisite le cas du petit Hans, pour l’anniversaire des 150 ans de la mort de Freud. Hans a été soigné pendant 4 mois environ de janvier à avril 1908. Pendant que le père de Hans allait devenir son thérapeute, sa mère, violoniste, était suivie par Freud. On peut considérer que la cure du « petit Hans » est la première d’une cure d’enfant, supervisée. Les hypothèses de Freud sur la sexualité infantile et sur les conflits inconscients pathogènes de la névrose, reconstruits dans l’analyse de l’adulte étaient alors validés par le compte-rendu de sa cure. L’article veut continuer l’enquête et la compréhension de ce cas. Grâce aux nouveaux renseignements sur le petit Hans, son développement et sa famille, nous avons maintenant, depuis l’ouverture des Archives Sigmund Freud sur les entretiens de Max Graf (1952) et d’Herbert Graf (1959) jusqu’alors inaccessibles, un nouveau savoir qui défie les premières formulations, ouvre des perspectives et soulève de nouvelles questions.
Mots clés : Personnalité d’Olga Graf, Ouverture des Archives Freud de la Bibliothèque de Washington pour les Entretiens avec Max Graf et Herbert Graf.
Résumé : Il s’agit ici de faire la chronique du mouvement psychanalytique en Hongrie. Après qu’il ait résisté à la théorie freudienne, la relecture de Freud convainc Ferenczi de l’importance capitale de ce nouveau savoir. Il se voue alors à la Cause et malgré l’opposition des médecins et des universitaires, il réussit à créer une association psychanalytique, puis un enseignement à l’université de médecine, soutenu par l’amitié de Freud. Son influence sur le milieu littéraire est patente pendant quelques années. Il laisse une œuvre théorique et pratique originale. Il a su créer avec de jeunes collègues une atmosphère propice à la recherche et leurs travaux autour du chef d’école les feront reconnaître comme « l’Ecole de Budapest ». Puis la guerre, l’exil, l’oubli, la censure joueront leur rôle destructeur. La sortie de ce « purgatoire » est récente grâce aux travaux de Balint, à la politique éditoriale de J. Dupont et au rôle actif d’analystes formés dans la clandestinité (L. Nemes, G. Hidas) qui ont œuvré pour exister institutionnellement et rejoindre la communauté analytique internationale. Des recherches en France, en Hongrie et dans le monde continuent.
Mots clés : Ferenczi, Ecole de Budapest, Névroses de guerre, Congrès de 1918, Chaire de psychanalyse à l’université (1919), Transmission suspendue et relancée, Hermann.
Résumé : 325 pages
Résumé : Charlotte Beradt (1901-1986) ouvre une nouvelle perspective dans l’approche des rêves et des cauchemars. Ils sont «dictés» par le temps présent et à venir. Profane en psychanalyse, elle a néanmoins l’intuition que le rêve est important, qu’il pense, comme semble nous le montrer sa collecte de 300 rêves, réalisée de 1933 à 1938 à Berlin sous le régime nazi, et publiée plus tard. C’est un acte politique, fait en tant que communiste et opposante à la politique d’Hitler. Elle a travesti, codé, caché, puis envoyé à l’étranger cette matière subversive, qui, pour nous, a valeur d’archive sur l’état des psychés des berlinois dans cette période douloureuse.
Mots clés : Collecte de rêves, «Rêves dictés par la dictature», Le rêve pense, Codage, Acte politique, Collection of dreams, «Dreams dictated by dictatorship», Dream thinks, Code, Political act.
Résumé : Voici un des premiers travaux sur la psychanalyse du vieillissement. Il s’agit d’une conférence donnée par Michael Balint l’année de la mort de Ferenczi, mort qui l’a totalement bouleversé. Balint reprend cette question éternelle à partir de la philosophie (Cicéron, dans De Senectute, etc) renouvelée par le Romantisme, et s’interroge sur le devenir de la libido sexualis et de la libido sciendi dans le vieillissement de l’individu. Il questionne les processus pulsionnels de l’adolescence et de la sénescence, leur similitude et leur différence en s’appuyant sur des faits sociaux et des biographies de personnalités célèbres (Bismarck, Gladstone, la Reine Victoria et son fils Edouard VII, Goethe, Le Titien, Tolstoï, Voltaire) donc dans le registre de la psychanalyse appliquée. Il nous ouvre ici une perspective nouvelle: le processus de devenir vieux n’est pas toujours synonyme de «naufrage» (Charles de Gaulle) mais au contraire de réappropriation de soi, de croissance, voire même de création d’une œuvre.
Mots clés : Conflit inter-générationnel, Compensation des plaisirs génitaux, «Jeu- nisme», Régression, Angoisse et désir de mort, Inter-generational conflict, Compensation for genital pleasures, ‘Young- ism’, Regression, Fear of dying and desiring to die.
Résumé : Dans les années quarante, en pleine guerre, une critique politique et médicale de la structure de l’hôpital psychiatrique de Saint-Alban va entraîner sa transformation radicale et donner naissance à un mouvement dit de « psychothérapie institutionnelle ». C’est le Dr François Tosquelles, psychiatre catalan communiste exilé en Lozère qui conduit cette expérience princeps avec quelques collègues. Il s’appuie sur deux référents théoriques : la psychanalyse et le marxisme. Cette idée utopique va essaimer dans les années cinquante et s’expérimenter ailleurs et autrement, d’abord dans trois cliniques privées du Loir et Cher, Jean Oury à La Borde (Cour Cheverny), Claude Jeangirard à La Chesnaie (Chailles) et Bidault à Saumery, puis dans une clinique créée par la M.G.E.N. à La Verrière, avec Sivadon, avant d’influencer enfin les psychiatres publics qui introduisent des réformes dans leurs services (Daumezon, Bonnafé, Torubia, Gentis, à Orléans, Millon à Grenoble, Vermorel à Chambéry, Koechlin, etc.). Des résultats thérapeutiques patents inspirent la réorganisation des soins psychiatriques en France, commencée en 1960 : le « Secteur ». Qu’en est-il de ce mouvement aujourd’hui où la politique de santé et la formation du psychiatre se dégradent ? La passion qui animait les fondateurs pourra-t-elle se transmettre ?
Mots clés : Hôpital psychiatrique de Saint-Alban, F. Tosquelles, Psychoses, Le « club thérapeutique », Mouvement de « psychothérapie institutionnelle ».
Résumé : Brentano- "Dark Continent"-Ecoute nouvelle- Idéal de féminité-Préjugé masculin-Stanley
Résumé : Cet article publié dès 1926 dans la nouvelle revue progressiste Zeitschrift für psychoanalytisck Pädagogik, a été auto-traduit par Balint dans son ouvrage Human Pleasure and Behavior, Maresfield Library, 1967, et nous remercions l’éditeur Mark Paterson de Londres de nous en avoir autorisé la traduction en français. La démarche de Balint – ici dans le milieu de l’éducation au sens large (éducateurs, enseignants, médecins) – de transmission du savoir analytique en dehors de son cercle étroit se fait déjà jour, et la même année il initiera les médecins généralistes aux lois du fonctionnement de la psyché. Rares sont les analystes qui ont écrit sur cette question : il faudra attendre 1964 et un autre hongrois (Arpàd) René Spitz : « L’autoérotisme réévalué » pour oser reprendre cette question scabreuse. Ce troisième temps de l’auto-érotisme (après l’allaitement et la période œdipienne) éveille la culpabilité de l’adolescent qui va essayer d’y renoncer par désir d’idéal. La lutte sera plus ou moins dure selon sa structure psychique (normale, hystérique ou obsessionnelle). Le désir de pureté entre en conflit avec cet « assaut de la puberté » qui fait trouver des ruses diverses et inconscientes à l’adolescent(e) pour retrouver ce plaisir.
Mots clés : Assaut de la puberté, Angoisse de castration, Développement sexuel de l’être humain, Onaniste dangereux rebelle, Assaults of puberty, Castration anxiety, Sexual development of the human being, Onanists, dangerous rebels.
Résumé : 14 articles : « La régression bénigne et la régression maligne », « L’amour primaire », « le groupe Balint », « R. Lowenstein Psychanalyse de l’antisémitisme », « I. Hollós », « S. Lóránd », « A. von Freund » « R. Morichau-Beauchant », « J.-R.-Bloch », « R. Lowenstein », « E. Raimbault » « M.Eitingon », « D. Eder », « Ph. Lehrman ».
Résumé : L’arrivée des Nazis met tous les analystes Juifs d’Europe centrale en danger de mort. Certains Hongrois se résolvent alors, pendant l’été 1938, et sur le conseil de John Rickman, envoyé par l’I.P.A. pour les y décider, à préparer leur exil. Balint refuse la possibilité de trouver un accueil en Australie et insiste pour émigrer en Grande-Bretagne. Jones lui trouve alors une possibilité d’installation à Manchester. Balint y arrive en janvier 1939. Nous montrerons que cet exil est une expérience douloureuse, traumatique pour Balint, qui doit affronter toutes les difficultés habituelles de l’exilé, auxquelles vient s’ajouter la mort tragique d’Alice Balint, compagne de vie et de recherche, puis toute une série de deuils familiaux, qui le laissent un temps déprimé et un temps inconsolable. Néanmoins, cet exil va devenir porteur de valeurs positives pour lui et le Mouvement analytique. Sur le plan de sa production, il apporte, dans la continuité et la réhabilitation des travaux de Ferenczi, des concepts théoriques et pratiques nouveaux (l’attachement mère-enfant dit « amour primaire», la régression comme « alliée thérapeutique», le « défaut fondamental » et la prise en charge des patients régressés). Autre apport dont nous lui sommes redevables: une méthode de formation des médecins à la relation thérapeutique, le « groupe Balint», mise en place dans le cadre de la clinique Tavistock et du National Health Service, et qui relance la médecine dans le Royaume-Uni. Balint va influencer praticiens et chercheurs. Des Français vont se former auprès de lui et font profiter les hôpitaux français de leur nouveau savoir-faire. De plus, Balint va jouer un rôle clé dans la transmission des théories de l’École de Budapest (Ferenczi surtout) et par la multiplicité des échanges scientifiques dans la communauté analytique, en France en particulier, en Allemagne, mais aussi sur le continent américain et australien, un agent actif du Mouvement analytique.
Mots clés : Comité d’urgence pour l’émigration, Deuxième arrachement de Budapest, Diaspora, Influence de Balint sur Lacan, Jones, Le « travail de l’exil », L’œuvre en exil, Persécution, Psychanalyse et Médecine, Rickmann.
Résumé : Michael Balint (1896-1970) médecin et biochimiste hongrois, devenu psychanalyste dans la filiation de Ferenczi, choisit la Grande-Bretagne comme lieu d’exil en 1939. Installé à Londres en 1947 et chercheur à la Clinique Tavistock, il répond à la demande d’aide d’Enid Albu qui dirige un séminaire de « casework » pour travailleurs sociaux. Il va modifier la méthode de travail du séminaire en introduisant l’esprit du contrôle analytique hongrois et celui des petits groupes (Rickman et Bion). Ce modèle de formation à la relation, il propose de l’expérimenter auprès des médecins dans le cadre du National Heath Service. Le groupe Balint connait un grand succès et entraîne un mouvement en France (traduction des livres de Balint, fondation d’une Société Médicale Balint) qui va s’étendre dans le monde, non sans avatars.
Mots clés : Thérapie par « petit groupe», « Casework », Contrôle analytique hongrois, « Groupe Balint», Clinique Tavistock, Première « Société Médicale Balint», Leader ana- lyste, Dérives.
Résumé : Avec GREEN A., BOTELLA S., ANZIEU A., GUIGNARD KELLEY LAINE K., AMATI MEHLER J., ROSENBLUM R., ERÖS F. et MICKELEIT M-H., MÉSZÀROS J., RITTER A., MOREAU-RICAUD M., SKLAR J., DUPONT J. et ACHACHE WIZNITZER S. et SABOURIN P., TRIGANO S. et FLAVIGNY C., FONYI A., BÓKAY A., CLARE J., ALMASSY E., GOLDIN-BOUHSIRA D., GASPAR J. et VOLCSANSZKY K., MORRISSEAU L., HOFFMAN E., GOUGOULIS N., SZÉKÁCSJ., HAYNAL A., JAVOR L. et KITRON D-G.
Présente au colloque La force du nom : "Leur nom ils l'ont changé" qui s'est tenu à Paris, d’abord, au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme, le 18 octobre, puis à Jérusalem, les 1,2,3 novembre 2009, Michelle Moreau Ricaud en livre ici son compte rendu. Rappelons que ce colloque à donné lieu à un ouvrage du même nom paru en octobre 2010 aux éditions Desclée de Brouwer, et dont vous trouverez les références complètes ici
6 Pages.
Mots clés : Jérusalem, colloque, histoire de la psychanalyse