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Résumé : Le propos de ce texte est d’aborder le « travail » selon deux points de vue articulés entre eux, celui de l’étymologie du mot « travail » lui-même et celui de la transmission à l’infans, par la mère, de la nécessité du travail psychique. À la notion de commencement s’intègre celle de transmission pour amener à la conception du « commencement de la transmission ». La mémoire de la langue suggère que ce commencement se fait plutôt dans la peine, mais les théorisations de Piera Aulagnier introduisent les notions de rencontre de deux psychés, celle de la mère et celle de l’infans, pour un travail commun, de telle sorte que la solitude de l’infans ne peut se concevoir autrement que pensée et travaillée par l’autre.
Mots clés : travail, détresse, solitude, mère, infans, transmission, refoulement
Résumé : Le texte qui étoffe cet éditorial est un commentaire de la journée « Travail et transformations » de juin 2006 dont l’auteure a été discutante. Elle y souligne combien le développement de l’activité de pensée est une mise au travail des processus psychiques, car s’y confrontent sans cesse les deux principes de fonctionnement décrits dans la métapsychologie freudienne : principe de plaisir et principe de réalité. En tout un chacun, le degré d’adaptation à la réalité et ses exigences, comme le degré de domestication et d’exigences propres du plaisir, relèvent du degré de tolérance à la frustration ainsi que de la capacité de contenance de l’environnement. Cela éclaire pourquoi la relation transféro-contre-transférentielle est si importante à repérer et à analyser dans les cures. L’auteure résume aussi l’apport des travaux de W.R. Bion sur différents types de transformations psychiques observés : transformations déjà décrites par Freud dans le transfert, dites par Bion « transformations à mouvement rigide » ; transformations projectives provenant des parties les plus archaïques de la personnalité ; et « transformations dans l’hallucinose » affectant les personnalités qui ont traversé des vécus précoces catastrophiques où les émotions n’ont pu trouver la moindre voie relationnelle de transformations.
Mots clés : travail psychique, principe de plaisir, principe de réalité, transformations, transformations à mouvement rigide, transformations projectives, transformations en hallucinose, changement catastrophique, transfert-contretransfert, emprise, empathie, i
Résumé : Nous proposons un modèle à visée épistémologique de construction métapsychologique qui s’appuie sur certains apports de la physique quantique et notamment sur la théorisation du modèle du chaos. En supposant que l’espace psychique de l’infans est un espace inorganisé qui se caractérise par un potentiel non encore utilisé de significations, nous tâcherons d’imaginer les processus psychiques et conditions environnementales nécessaires permettant l’attribution du sens à ce non-sens initial. Seront établies certaines analogies possibles entre la dynamique des « attracteurs étranges » avec les processus de croissance où se développent à la fois transformation et permanence, ainsi que celles établies avec les mouvements de la vie psychique rendant son évolution tributaire de la temporalité ; ce dernier point mettant ainsi au défi le déterminisme psychique.
Mots clés : chaos, « attracteurs étranges », émergence vie psychique, réalisation hallucinatoire du désir, potentiel non encore utilisé de significations, non-sens primaire, création de signification fantasmatique, sens, non-sens secondaire, « néant secondaire »
Résumé : Il est développé l’hypothèse que la voix maternelle est un objet partiel au même titre que le sein et que l’on peut supposer un stade spéculaire préexistant à celui du miroir, celui de la voix. Cette hypothèse est liée à ses conséquences cliniques : lorsque celle-ci vient à manquer, il n’y a plus d’amer dans le chaos postnatal. L’expérience d’une cure et son évolution montreraient que le grain de la voix de l’analyste jouerait le même rôle que l’interaction des émotions de l’infans avec le pictogramme de la voix maternelle.
Mots clés : étayage, objet partiel, spéculaire, construction dans l’analyse, traces
Résumé : Nous faisons l’hypothèse que l’appareil psychique, se construisant avec l’aide de l’objet primaire, a pour tâche de se protéger des stimuli internes qui sont dans le même temps la condition de son existence, et que l’excitation due à ces stimuli ne devient pulsionnelle, pour ensuite constituer une trace psychique transformable, qu’à la condition qu’un objet primaire soit présent. À partir d’une expérience clinique avec une enfant psychotique dont l’excitation maniaque envahit la scène des séances de sa psychothérapie, nous développons nos interrogations sur la fonction de l’excitation chez cette enfant, et en contre-point sur l’attitude analytique à adopter. En nous étayant sur notre vécu contre-transférentiel, nous discutons plus particulièrement les différentes qualités de l’objet primaire sollicitées par cette enfant dans la relation transférentielle. Il s’agit ici de montrer comment un travail de liaison de l’excitation s’est opéré dans cette rencontre par le travail de l’analyste qui, construisant des représentations-relais, favorise l’appropriation d’une représentation pulsionnelle par l’enfant.
Mots clés : travail, excitation, liaison, objet primaire, transfert
Résumé : Sur la base de la psychothérapie de Sébastien (de 5 à 8 ans), le texte rend compte avant tout d’un travail d’élaboration contre-transférentiel : travail d’autant plus ardu que les mouvements de destructivité, d’emprise, de tyrannie, sont intenses au sein du dispositif. La rencontre avec Sébastien a engagé le thérapeute à se mouvoir sur une scène « limite », « travaillée » notamment par des mouvements d’investissement et de désinvestissements radicaux. Il a donc essentiellement été question, en référence à cette clinique, de témoigner du travail de construction d’un cadre, d’un cadre interne, d’un cadre psychique : construction d’un « écran » sur lequel la destructivité, la haine, puissent venir se figurer, se mettre en scène, se réfléchir. Dans ce contexte, le souvenir d’un film, Le salaire de la peur (de H.-G. Clouzot, 1952), qui se « réveille » pour l’analyste au cours de la psychothérapie, sert de fil rouge au propos. L’histoire de ce film – telle qu’elle lui est revenue – et son analyse lui ont permis de structurer quelque chose, à la fois de la problématique de Sébastien, de son élaboration contre-transférentielle propre, et des enjeux processuels au sein de la thérapie.
Mots clés : contre-transfert, destructivité, psychanalyse d’enfant
Résumé : L’auteur propose la distinction entre une passivité structurante susceptible d’intégrer le masculin et le féminin dans le développement du processus analytique, et une passivation traumatique empêchant toute possibilité de s’ouvrir à l’autre sans courir le risque de l’effraction et des angoisses qu’elle suscite. La capacité identificatoire de l’analyste lui permet de se confronter aux vécus de dépersonnalisation, d’informe, aussi bien qu’aux enjeux sexuels de l’œdipe et de ses dépassements. Sa bisexualité se révèle essentielle dans sa capacité de régression formelle et aux objets de dépendance, soutenant aussi bien l’écoute, l’activité interprétative que le silence. Le psychisme de l’analyste peut entrer en collusion avec des imagos actualisées (mélancoliques ou tyranniques) par le processus et sources d’attitudes interprétatives défensives. La médiation de l’imaginaire comme voie de symbolisation du symbole est abordée dans sa fonction élaborative mais aussi de leurre possible. Un exemple clinique illustre les difficultés contre-transférentielles à l’origine d’attitudes trop contenantes.
Mots clés : passivité structurante, passivation, contenance, bisexualité psychique, identification, imaginaire, symbolique, contre-transfert
Résumé : Maurice Rey évoque la liaison du travail psychique et des éprouvés de détresse et de solitude à partir d’un poème de Cesare Pavese, écrivain italien, mort en 1950 par suicide, à 42 ans, après une vie faite d’un excès d’expériences tragiques. Le poème intitulé « Travailler fatigue » (1936) donne son titre au premier recueil de l’auteur, alors âgé de 28 ans et exilé par le régime de Mussolini. Dans ce texte, Cesare Pavese décrit un homme en rupture avec son milieu familial et culturel d’origine, probablement campagnard, errant dans une ville. Étrangement, malgré le titre, il n’est pas directement question de travail, mais d’errance, de désespoir et de solitude. Le mythe de la perte du Jardin d’Eden, qui donne son sens à une telle errance, est rapproché de la notion apportée par Piera Aulagnier (1982) d’une « condamnation à investir ». Cette condamnation, consécutive de la séparation originaire d’avec l’objet, exige du sujet un effort sans cesse renouvelé pour maintenir l’investissement des représentations psychiques, malgré la tendance à désinvestir qu’entraîne la souffrance imposée au Je par la réalité. Mais si, dans le poème et dans la vie de Pavese, Éros et le retour espéré à « une femme-maison » apparaissent comme les seuls moyens de s’en sortir, M. Rey montre les limites de cette solution en se référant à l’article de Nathalie Zaltzman, « Tomber hors du monde » où se trouve décrite la conjonction d’une réalité sociale hostile et d’un Surmoi mortifère auquel le sujet se plie, et face à laquelle le souvenir des objets d’amour ne suffit pas. L’amour paraît à tort être la seule défense contre cette conjonction destructrice. Quand le vécu mélancolique laisse place à « un sentiment exaltant d’être au centre du monde », le Je s’identifie à un idéal que le Monde représente dans la fête maniaque (comme dans Le bel été, nouvelle de Pavese de 1940). Investir l’appartenance au genre humain pourrait-il permettre de résister ? L’homme du poème n’y parvient pas malgré la trace d’autres « hommes aux mains calleuses » qu’il peut reconnaître dans les rues où il erre.
Mots clés : Cesare Pavese, errance, « condamnation à investir », Piera Aulagnier, Nathalie Zaltzman, « genre humain », surmoi, « réalité sociale », fête maniaque.
Résumé : L’auteur a tenté d’illustrer les difficultés du travail de l’analyste confronté à un mode de pensée psychotique d’agrippement à la recherche de « La Vérité ». À partir d’une séance clé, il a recherché quels opérateurs transféro-contre-transférentiels pouvaient jouer pour permettre la sortie de ce mode de pensée vers un fonctionnement plus souple et créatif, capable de penser autour de la vérité du sujet en supportant de ne pouvoir l’atteindre.
Mots clés : relation transféro-contre-transférentielle, vérité, paralysie de la pensée, attaque des liens, capacité de rêverie
Résumé : Les progrès obtenus dans une cure se révèlent bien souvent instables. La vision négative de soi et du monde revient en force... Cette instabilité prend sa source dans un réseau de conceptions fondamentales, profondes, mises en place dans la toute petite enfance, qui rejettent les bonnes relations d’objet vues comme trompeuses, ou source de trop de souffrances. J’aborde ici, à l’aide d’un exemple clinique, cette question de la stabilité et de l’instabilité des transformations dans la cure. La construction de stabilisateurs internes est importante car ils sont liés à l’introjection des « bons » objets, mère et père. De trop grands traumatismes précoces mettent en place une organisation défensive rigide s’opposant au retour des bonnes relations d’objet. Dans ce cas prédominent les conceptions à base de méfiance qui sont à l’origine de réactions thérapeutiques négatives répétitives ; cela peut devenir décourageant pour le patient et pour l’analyste lorsqu’il n’en repère pas la nature. Il importe alors de mettre au jour cette instance, à la fois négative et protectrice, afin de réduire le clivage entre le self capable de développement et celui s’opposant au retour de vrais liens avec l’autre. L’évocation de cette cure illustre ces réactions thérapeutiques négatives et le travail d’élaboration qui s’est avéré nécessaire pour sortir de l’impasse dans laquelle la cure semblait devoir rester bloquée.
Mots clés : Stabilité/instabilité dans la vie psychique et des progrès dans la cure, réaction thérapeutique négative, clivage et identification projective, rigidité des défenses primitives, accès à l’ambivalence, préconceptions de base, conceptions fondamentales
Résumé : es discours protectionnistes faisant appel à la notion d’identité nationale (et revendiquant une légitimité pour séjourner dans le pays) installent des mesures administratives et conduites violentes telles que celles, par exemple, sévissant au sein des centres de rétention pour sans-papiers. Pour explorer cette question, l’auteur propose, à partir de la recherche en psychanalyse, un travail du mythe grec d’autochtonie (celui qui raconte la fondation de la polis) à partir de l’axe de la verticalité de l’Humain. Freud fait du passage à la station droite des premiers hommes le procès qui, rien moins que cela, conduit à la civilisation. L’enjeu est de taille et mérite de convoquer, une fois encore, la sorcière métapsychologique, fort des avancées les plus récentes sur la pensée archaïque individuelle et collective, avec par exemple la notion de mythe magico-sexuel.
Mots clés : autochtonie, mythe magico-sexuel, verticalité, violence politique
Résumé : p 3 : Éditorial
Résumé : Le « coup de foudre » qui signe la puissance des affinités électives repose sur la fascination de chacun des protagonistes face à leur mouvement de dessaisissement narcissique envers l’autre. Mais, dès le moment où un couple a constitué une unité isolée, il court le même risque d’étouffement que l’individu et il lui faut sortir de soi pour ne pas tomber malade par stase libidinale, autrement dit par ennui. L’addiction au risque d’aimer à nouveau ailleurs se présente alors, conséquence de l’incapacité à élaborer au sein du couple ce qui peut tenir la place de l’autre. Partant de Goethe et de Stendhal, on interroge ici l’incapacité à se détacher du risque passionnel en la confrontant à la nécessité qu’éprouvent certains sujets de miser leur vie pour la vivre intensément. Face à cette quête narcissique infinie, l’objet se limite à sa capacité de faire défaut, ce qui le rend apte à figurer à l’extérieur du Moi le manque autour duquel il s’organise.
Mots clés : Risque, Passion, Amour, Couple, Stase libidinale, Narcissisme.
Résumé : En avançant pas à pas dans le récit de la rencontre d’Ève avec le Serpent que nous propose la Bible, cet article interroge le statut de la connaissance – notion qui circule tout au long de ce texte – dans sa relation aux couples bien/mal, vie/mort : valeur éthique ou source d’excitation pulsionnelle ? Appel à la sublimation ou incitation à la transgression ? Dans le droit fil de cette interrogation, il s’intéresse plus particulièrement à la figure du Serpent, à la fonction symbolique qu’il occupe dans ce récit, à sa complexité en tant qu’agent du mal.
Mots clés : Adam, Ève, bien, mal, loi, connaissance, mélange.
Résumé : L’épisode du Serpent dans la Genèse permet de penser au plus près l’attaque de la parole et de la pensée dans les pathologies des limites. Cette attaque a pour visée le détournement de la puissance du langage, comme vecteur de différenciation et de séparation, tant sur le plan de la pensée que sur le plan relationnel.
Mots clés : connaissance, je, langage, narcissisme, pathologies des limites, toute-puissance.
Résumé : p 3 : En souvenir de Nathalie Zaltzman
Résumé : Dans ce travail cherchant à situer les variations de sens de la technique, je pars de la constatation selon laquelle il existe dès l’origine deux typologies de la cure type. Le cheminement se poursuit à travers un parcours historique conduisant à témoigner de la pluralité de la technique analytique : psychanalyse avec des enfants, psychodrame et psychanalyse de groupe, psychanalyse avec des patients psychotiques. La troisième partie du présent travail s’intéresse aux modifications techniques rendues nécessaires du fait de l’actualisation de la réalité de l’inconscient en lien avec le contexte social, politique et culturel. L’intérêt se porte alors sur certaines traductions de la potentialité perverse spécifiquement encouragées dans le contexte social actuel qui conduisent à des modifications substantielles de la technique analytique. De telles modifications conduites de façon singulière par chaque analyste stimulent l’auto-éthique de chacun qu’il convient à la fois de mettre en débat avec celles de ses collègues et en rapport dialectique avec l’éthique complexe dont relève la psychanalyse dans la mesure où elle implique réduction de la cruauté humaine et prise en compte de l’altérité.
Mots clés : Variétés de la cure type, Techniques analytiques, Pluralité de la technique, Potentialité perverse, Auto-éthique, Éthique complexe
Résumé : Le processus de saisie et de traduction de l’inconscient dans la cure réside en fait dans la copule: une saisie sans traduction déboucherait sur un passage à l’acte et une traduction interprétative sans saisie, c’est-à-dire sans mobilisation libidinale de l’analysant et de l’analyste, serait un rabâchage obsessionnel à visée défensive. On voit que l’espace de l’analyse et donc de l’alliance thérapeutique s’en trouvent clairement délimités: quelque part au croisement entre l’émotion érotique et le plaisir de pensée, faisant de l’intellectuel hystérique un sujet particulièrement apte à la démarche analytique. Mais, dans quelles conditions peut advenir de manière thérapeutique le pacte sur lequel repose la cure? Repartant de la notion de «Moi malade» ce texte développe deux notions essentielles: la vérité, dont on sait qu’elle est pour Freud le seul élément éthique de la psychanalyse, et la confiance ainsi que ce sur quoi elle porte.
Mots clés : Éthique, Technique, Transfert, Confiance, Vérité, Thérapeutique, Sublimation, Cure analytique.
Résumé : Dans ce travail, partant de la notion de «péché originel» telle qu’elle a pu se définir dans une version populaire issue de la tradition catholique, nous faisons retour sur la lecture du livre de la Genèse. Cela permet de situer les apports ultérieurs de Paul de Tarse et d’Augustin d’Hippone ouvrant la voie au dogme théologique. Le «péché originel» se situe alors comme transgression de la loi divine concernant l’interdit d’accès à l’arbre de la connaissance du Bien et du Mal qui constitue une certaine révélation de la sexualité humaine. Les interprétations qui peuvent être dégagées de la notion de «péché originel» concernent le narcissisme de l’humain tendant à être l’égal d’un dieu, mais aussi son désir de savoir, ainsi que son inscription dans le champ d’un discours prenant en compte la question du féminin. La rencontre de la théologie et de la psychanalyse produit une sorte de métissage qui peut être un des enjeux de notre temps.
Mots clés : Péché originel, Angoisse existentielle, Connaissance, Être en détresse, Narcissisme, Sexualité, Féminin
Résumé : Catherine Reverzy est partie cet avril 2008 pour ne plus revenir. Son exploration intérieure, sa recherche pour mieux soigner et son cœur généreux ont cédé. (...)
Résumé : L’objectif de cet article est de tenter de faire lien entre la relative banalité du fantasme d’emprise qu’illustre le mythe de Pygmalion et la folie du prédateur pédophile captivé par des traits minimes qu’il esquisse au passage de certaines préadolescentes. Il va se donner un droit parfois illimité sur cet objet qui incarne son fantasme mais celle sur qui tombe son choix n’a pas d’autre réalité pour lui que l’apparence qu’il lui donne. Elle devient un fétiche vivant qu’il va modeler à sa manière et dont la fonction principale est de lui permettre de continuer à ignorer sa haine des femmes et sa rivalité indépassable avec la mère qui, elle, peut mettre au monde des enfants. Ce texte réunit plusieurs perspectives hétérogènes: la question esthétique du lien entre le créateur et son œuvre, la question psychosociologique et historique interrogeant la norme générationnelle dans la relation amoureuse, et surtout la question psychopathologique, éthique et juridique du séducteur pédophile.
Mots clés : Pédophilie, Sculpture, Prédateur, Fétichisme, Lolita, Mythe, Criminologie, Paedophilia, Sculpture, Predator, Fetishism, Lolita, Myth, Criminology
Résumé : La sculpture apparaît rarement chez Freud comme métaphore du travail analytique. Ainsi, dans son Moïse de Michel-Ange, il s’applique uniquement à rechercher les déterminants inconscients de l’œuvre. Nous essaierons de montrer certaines similitudes entre le travail du sculpteur et celui du psychanalyste. Tout d’abord, ils procèdent tous les deux par soustraction («Per via di levare»). Ils sont tous deux à mi-chemin entre achèvement et inachèvement. Enfin, l’interprétation analytique comme la statue, est à notre avis dans certains cas sinon dans tous, porteuse d’une «inquiétante étrangeté.
Mots clés : Psychanalyse, Sculpture, Transfert, Inachèvement, Interprétation, Psychoanalysis, Sculpture, Transference, Incompletion, Interpretation
Résumé : "Ce n’est point chose facile, en effet, que de jouer de l’instrument psychique" exposait Freud, en 1904, lors d’une conférence faite au Collège des médecins de Vienne. Pour travailler son instrument, il n’y avait alors, pour l’analyste, d’autres voies que celle de l’autoanalyse puis de l’analyse dite « didactique ». La pratique des cures dites « contrôlées » viendra ensuite, après la fondation de la policlinique psychanalytique de Berlin en 1920. Dès lors, cette pratique occupera une place toujours plus importante dans la formation des psychanalystes et dans la transmission de la psychanalyse. (...)
Résumé : Mes chers collègues, je me réjouis en tant que Président du Quatrième Groupe d’ouvrir ces journées de travail et d’échanges sur le thème : « Contrôle, Supervision, Analyse quatrième »; Ceci sur l’initiative du Quatrième Groupe. Je souhaiterais commencer par vous conter une brève histoire ...
Résumé : La conception du contrôle comme analyse quatrième (J.P. Valabrega) est-elle la mise en lumière de la multiplicité des mouvements transférentiels mobilisés par ce mode d’élaboration? Est-elle une fiction qui dégage la pratique du contrôle des limites de la transmission pédagogique?
Mots clés : Transfert initial, Transfert résiduel, Transfert sur la psychanalyse, Évitements, Initial Transference, Residual Transference, Transference on psychoanalysis, Avoidance
Résumé : Ce texte est une reprise remaniée d’un précédent texte sur l’Analyse quatrième en tenant compte du dialogue entre analystes qu’il a suscité Il s’ouvre par un rappel des notions définissant ce processus de travail analytique qui s’instaure quand un analyste parle de sa pratique de la psychanalyse avec un autre analyste. La réflexion sur l’analyse quatrième conduit à réinterroger les effets de pacte dénégatif voire de déni qui peuvent infiltrer la relation analytique. Les différentes modalités identificatoires qui se déploient dans le dispositif sont alors repérées et leur dénouement relève de la pratique de la pluriréférence. Elle conduit aussi à reposer la problématique de l’interprétation. L’analyse quatrième se situe à la fois dans la continuité avec l’analyse personnelle mais aussi en discontinuité dans la mesure où elle ouvre à un dialogue entre analystes marqué par une mutualité qui se dégage de l’asymétrie caractéristique de la relation transférentielle propre à toute analyse.
Mots clés : Fourth Analysis, Supervision, Control, Identification, Interpretation, Asymmetrical relationship, Temporality, Analyse Quatrième, Supervision, Contrôle, Identification, Interprétation, Relation d’asymétrie, Temporalité
Résumé : Si le transfert, puis le contre-transfert ont été découverts à quelques années de distance par Freud, puis compris comme phénomène inhérent à l’expérience psychanalytique, on assiste à leur reconnaissance juridique par le biais de la réglementation des psychothérapies. Mais le métier d’analyste est également porteur de risques pour celui qui l’exerce. Son implication émotionnelle dans la cure le rend vulnérable, parfois «sous influence»; le psychanalyste peut en être passagèrement «malade» et la formation continue des analystes est une nécessité.
Mots clés : influence du patient, contre-transfert, implication émotionnelle, «maladie» normale, analyse de l’analyste, Influence by the Patient, Counter-transference, Emotional Involvement, Normal ‘Sickness’, Analysis of the Analyst
Résumé : p 3 : Activités scientifiques 2008-2009, Journées scientifiques et journées d'étude, p 8 : Séminaires et groupes de travail, p 31 : Compte rendus et commentaires, p 78 : Actualité de la psychanalyse, p 81 : Notes de lecture, p 90 : Addendum, p 92 : Informations, p 94 : Liste des analystes membres du IVe Groupe.
Résumé : La violence organisée, telle qu’elle se déploie dans la guerre, s’oppose t’elle à l’ordre sclérosé pour créer l’équilibre des contraires sur lequel se fonde l’harmonie? Est-elle un phénomène «juste» selon l’ordre de la Nature ou bien une regrettable exception? La liaison entre la question du Juste et celle de la guerre va bien au-delà de savoir s’il existe des critères qui permettraient de décréter que telle ou telle guerre est ou non juste tant dans ses motifs que dans la manière dont elle se mène.
Mots clés : Justice, Volonté de puissance, Démocratie, Justice, Desire for Power, Democracy
Résumé : La réception de cet ouvrage est une énigme : ce livre n’aurait-il pas eu paradoxalement d’écho dans ce second pays de la psychanalyse ? En effet, la publication de cet ouvrage princeps a pris des années et n’a finalement été réalisée qu’en 1935, alors que d’autres écrits l’ont été plus tôt. En prenant comme source : les neuf préfaces que Freud a rédigées pour ces rééditions successives, la correspondance Freud-Ferenczi et la préface de Balint à l’œuvre complète de Ferenczi, nous essayons de comprendre le retard étonnant de la publication de cet ouvrage. Un grand nombre de difficultés et d’obstacles nous sont apparus : la résistance interne de Ferenczi, puis celle du traducteur, Hollós, celle des éditeurs et enfin le manque d’argent. J’ajouterais une hypothèse : celle de la concurrence éditoriale de cet « enfant-rêve » avec les grands écrivains, Bàbits, et Krúdy, versés eux aussi dans les rêves.
Mots clés : théorie freudienne des rêves, clé des songes, résistance interne, concurrence avec les romans de Krúdy et de Babits.
Résumé : Si Freud et ses premiers collègues pratiquent librement en Autriche le nouveau traitement inventé par Freud pour soigner les patients névrosés et autres, la «psycho-analyse», une plainte juridique d’un patient contre son analyste, Theodor Reik, va instruire un procès pour exercice illégal de la médecine, procès qui n’aura finalement pas lieu. Mais Reik, un érudit de formation psychologique et littéraire, analysé par Abraham, se verra interdit de pratiquer la psychanalyse en Autriche. Le statut de la psychanalyse est alors posé. Freud va défendre Reik et la psychanalyse profane, laïque, par un essai remarquable, publié en 1926, La question de l’analyse profane. Désormais hors de la médecine, la psychanalyse sera néanmoins de nouveau attaquée en France et fera l’objet dans les années cinquante de plusieurs procès à la demande de l’ordre des médecins contre des psychanalystes non-médecins. Aujourd’hui la question de son statut est reposée indirectement par les législateurs qui, sous le couvert de la défense de l’usager, veulent régler la question des psychothérapies. La psychanalyse restera-t-elle une méthode ou bien deviendra-t-elle une profession?
Mots clés : Procès (Reik,Clark-Williams,Breuer,Dienal), Psychanalyse profane, Psychothérapie, Méthode ou profession? Lawsuit (Reik,Clark-Williams,Breuer,Dienal), Profane psychoanalysis, Psychotherapy, Method or profession?
Résumé : Ouverture au sujet de l’éclairage à la fois historique et culturel de la question du statut et de la réglementation de la psychanalyse en Europe. Car, débattre du bien fondé des diverses solutions trouvées, c’est aussi tenter de voir si quelque lumière peut nous venir de leur rapprochement et de leur comparaison.
Mots clés : Profession de psychanalyste, Réglementation, État, Professon of psychoanalyst, Regulation, State
Résumé : Article déjà paru dans le numéro 28 de Topique en 1981
Résumé : Texte déjà publié dans Topique 1, La formation du psychanalyste, Paris, PUF, 1969
Résumé : Article déjà paru dans Topique 41, Le métier du psychanalyste, 67-84, Paris, Dunod, 1988
Résumé : Texte issu d'un Colloque organisé par le 4e Goupe OPLF ; Paris ; 4 juin 2005
Mots clés : Rêve, Traumatisme, Mythe d’origine, Père primitif, Horde sauvage, Moïse, Monothéisme, Politique.
Résumé : En présentant deux séances successives, l’auteur tente d’illustrer le processus d’association libre dans les groupes de psychothérapie psychanalytique d’enfants à l’âge de la latence. Ces groupes étayent le processus thérapeutique du sujet sur les processus évolutifs du groupement par la prise en compte des phénomènes psychiques groupaux. Reconnaître les affects réveillés par la situation de et du groupe, les mettre en mots, pousse les enfants à les jouer pour les transformer. Les jeux construits dans les deux séances relatées concernent l’élaboration d’une enveloppe groupale fiable, contenant nécessaire pour que le groupe puisse advenir comme espace psychothérapique où les formations psychiques de chaque sujet pourront se projeter et se transformer. Cette élaboration repose sur l’éprouvé de chaque sujet dans le hic et nunc de la séance et sur la rencontre de ces différents éprouvés. L’analyste aide à l’assemblage de ces matériaux, en fonction de sa sensibilité contre-transférentielle, pour leur mise en scène et en sens quand le groupement achoppe à ce travail psychique.
Mots clés : enveloppe groupale, différenciation, enfant-limite, représentation, mise en scène.
Résumé : Texte issu d'un Colloque organisé par le 4e Goupe OPLF ; Paris ; 4 juin 2005. Il s’agit de penser une psychanalyse en devenir, sortie de son enfermement sur la vision autocentrée du sujet solipsiste. On discutera ici les propositions de René Kaës quant à des représentations d’espaces psychiques communs partagés, à partir des formes les plus primitives de la relation symbiotique entre deux sujets. Les hypothèses freudiennes sur la transmission psychique directe, au sein de la relation transférentielle de cure, seront ici articulées avec les notions d’espace onirique partagé, et de sujet porte-rêve. La question des conditions de fin de cure sera aussi abordée par rapport au concept d’enveloppe psychique commune reconstituée dans l’espace de la cure.
Mots clés : télépathie, symbiose, transfert immédiat, holding, expériences oniriques partagées, enveloppe psychique, fin de cure.
Résumé : Dans cet article, je discute l’ouvrage de René Kaës La polyphonie du rêve, sur le point de sa clôture ou de son ouverture d’un point de vue psychanalytique à partir des conceptions de Pierre Fédida, puis d’un point de vue anthropologique à partir de la notion de temps du rêve chez les aborigènes d’Australie.
Mots clés : rêve, traumatisme, groupe.
Résumé : Les résistances du milieu psy décrites par Devereux sont présentes aussi chez Ferenczi dès son article de 1932, « Confusion des langues ». Dans « La voix des enfants », Devereux suggère que les psychanalystes devraient éviter de scotomiser la réalité des traumas précoces et des conséquences chez la victime de l’identification à l’ennemi, à l’agresseur. Exemples cliniques du traitement proposé aujourd’hui pour les familles avec abus sexuels. Une phrase de Freud : « C’est au médecin à élever la voix en faveur du droit de l’enfance. »
Mots clés : confusion des langues, perversion, réalité ou mensonges, thérapie familiale de réseau.
Résumé : L’origine d’un « besoin de croire » mérite une recherche en particulier dans les profondeurs psychiques archaïques dont on peut retrouver trace en certains phénomènes comme le « sentiment océanique ». Freud, Winnicott, Meltzer et d’autres auteurs après Romain Rolland, inspirés par les pathologies précoces apparentées à l’autisme permettent un aperçu des liens entre ces expériences vécues et un mode psychique premier du « croire » marqué par son absence de limites.
Mots clés : Croyance, sentiment océanique, espace illimité, temps illimité, totalité, non-intégration préna- tale, évanescence, Belief, oceanic feeling, illimited space, illimited time, totality, prenatal non-integrity.
Résumé : À travers un certain nombre de situations, tant individuelles que collectives, l’auteur s’interroge sur le poids joué par le sexuel dans la survenue de la violence. Prolongeant la pensée de Freud, il se demande si ces violences ne constituent pas les mésusages ou les malfaçons d’une version plus soft dont le rapport sexuel librement consenti constituerait le canevas. Il se demande également si, en incitant chacun à combler, dans la réalité, le manque à avoir, la société n’entre pas en conflit avec le processus civilisateur.
Mots clés : Frustration, Castration, Autorité, Répression, Civilisation, Frustration, Castration, Authority, Repression, Civilisation.
Résumé : Notre civilisation occidentale traverserait une nouvelle période de déclin ; une certaine violence nihiliste sévirait dans la société. Pour mieux éclairer ces deux propositions, nous avons fait le choix d’explorer d’autres périodes semblables, autrefois qualifiées de nihilistes. L’étude que nous avons menée, pour comprendre la violence nihiliste, nous conduit à plusieurs hypothèses. Premièrement le nihilisme est une réaction complexe à l’épreuve de désillusion. Deuxièmement, l’invention par Freud du concept de pulsion de mort vient en lieu et place d’une analyse clinique du mouvement social nihiliste qui sévissait bruyamment en Autriche et en Allemagne en 1920. Troisièmement, les formes les plus terroristes de nihilisme politique sont, à chaque fois, précédées d’une période caractéristique de nihiliste passif que nous rapprochons d’une position ou potentialité nihiliste. Quatrièmement, la réaction nihiliste est une réponse régressive à l’épreuve du négatif. Cinquièmement, Eros et Thanatos seraient à traduire, sous ce nouvel éclairage, comme l’opposition entre progrédience et régrédience, entre construction et déconstruction, entre liaison et déliaison.
Mots clés : Nihilisme, Violence, Destructivité, Pulsion de mort, Désillusion, Régression, Régrédience, Déliaison, Négatif, Négativité, Illusion, Nazisme.
Résumé : L’autisme déclenche des guerres, et plus particulièrement des attaques violentes contre la Psychanalyse en tant qu’institution. Je fais l’hypothèse qu’il constitue un modèle identificatoire pour les humains dans lequel le rapport à la théorie est autosuffisant, rendant superflue la rencontre avec les autres.
Mots clés : Autisme, Identification, Institution, Psychanalyse, Cognitivo- comportementalisme, Autism, Identification, Institution, Psychoanalysis, Cognitive- behaviour theory.
Résumé : Après avoir fait un rapide historique du concept de psychopathie et de son lien avec la notion de perversion, l’auteur essaie de montrer successivement que guérir le psychopathe c’est impossible, que c’est dangereux pour lui comme pour nous, mais que ça peut marcher quand même si l’on accepte d’adapter notre technique analytique aux idiosyncrasies de ces patients qui refusent de se considérer comme tels.
Mots clés : Technique psychanalytique, Transfert passionnel, Perversion, Psychopathie, Self-harming, Violence, Autoeroticism, Anti-metaphor.
Résumé : Une question est essentielle pour la psychanalyse aujourd’hui, même si elle passe bien souvent inaperçue : la violence faite à la langue, chaque fois qu’il est question qu’une langue dominante en colonise une autre. L’usage de la langue, sous effet de terreur historique et de violence politique des langues « dominantes », est toujours à rapporter à l’usage des corps utilisés, violentés, déprivés, expulsés de toute mémoire, de toute histoire, livrés à la désintrication pulsionnelle non refoulée. Car c’est à l’intérieur de la langue que viennent se rejouer les enjeux politiques de pouvoir et de dominance, reproduisant dans les parlers les violences d’exclusion, de rejet et de meurtre qui s’exercent sur les personnes. À quelles conditions, la psychanalyse est-elle encore le lieu privilégié pour accueillir et rendre possible la capacité à s’inventer une langue de la résistance qui « dirait » entre les mots interdits, les gestes, les rythmes, les mouvements et les chants d’une mémoire bannie, prohibée, passée en contrebande, transmise dans l’illégalité ? Comment la psychanalyse, au prix d’un retour sur ses propres violences de langue, peut-elle rendre les mots de l’effroi enfin accessibles, retrouver les accents de la langue exilée, bannie, honteuse, se décoller de la honte muette à l’aide de la langue honteuse ?
Mots clés : Violence colonisant, Indigène, Langue dominante, Fiction du sujet, Répétition dans la transmission, Altérité, Exil, Traduction.
Résumé : Cet article propose une interrogation sur les places respectives que tiennent vis-à-vis du phénomène guerrier : la justice comme visée en amont, et en aval, la pulsion de mort comme moteur, « primum movens » pour se situer dans une tradition aristotélicienne. On y entendra toutefois la pulsion de mort non comme un penchant agressif de donner la mort mais comme un « désir de non-désir », désir de ne plus avoir à désirer le massacre génocidaire est exclu de cette dynamique en ce qu’il se rattache à une vision paranoïaque de l’autre à détruire.
Mots clés : Guerre juste, Pulsion de mort, Massacre, Génocide, Besoin identitaire, Just war, Death drive, Massacre, Ethnic cleansing, Need for identity.
Résumé : Face à la violence de l’inceste passé à l’acte entre un parent et un enfant pré-pubère victime, avant toute thérapie individuelle, le contexte pathologique impose une prise en charge spécifique. C’est la psychothérapie familiale de réseau, mise au point au Centre des Buttes-Chaumont, qui correspond au mieux à cette prise en charge. Cet article traite de la description du nouveau cadre ainsi mis au point : Trauma précoce, Droits de l’enfant, transfert sur le cadre, déconfusionnement, procès et maturation du Moi, ce qui évite les répétitions aux générations suivantes.
Mots clés : Déduction du Trauma, Désaveu maternel, Système familial maltraitant, Enfant-victime, Identification à l’agresseur, Encadrement socio-psycho-médico- juridique, Fonction symbolique de l’action judiciaire.
Résumé : A côté du travail institutionnel proprement dit, de plus en plus de structures médico-sociales, confrontées aux limites ou aux difficultés de prises en charge individuelles, s’intéressent à la spécificité de l’approche groupale. Dans de nombreuses institutions, la mise en place d’activités groupales, bien qu’explicitement différenciées, s’appuie, quelle que soit la technique utilisée, sur une fonction thérapeutique du groupe qui reste le plus généralement implicite et un peu floue quant à ses soubassements théoriques, le projet thérapeutique lui-même pouvant avoir Pour objet aussi bien une visée adaptative qu’une régulation émotionnelle. Ainsi, à côté des groupes de vie, infirmiers ou éducateurs organisent autour d’une activité (peinture, terre, piscine) des ateliers thérapeutiques. Tandis que d’autres petits groupes souvent confiés à des couples formés d’un psychologue psychothérapeute et d’un collègue orthophoniste, psychomotricien, infirmier ou éducateur, souvent sans formation spécifique, sont dits thérapeutiques avec tous les risques de confusion que cela entraîne. Dans cet ouvrage, les différents auteurs font part de leurs expériences de groupes thérapeutiques. Ils décrivent et analysent leur fonctionnement et tentent de répondre à diverses questions théoriques et cliniques : qu’est-ce qui soigne ? Est-ce le fonctionnement en groupe, la présence de l’autre en tant que miroir ? Est-ce la manipulation d’une médiation, l’attitude des adultes, leur mode d’intervention ? Dans tous les cas, quelle fonction de l’adulte sera privilégiée : l’animation, l’étayage, la protection ou l’analyse du fonctionnement groupal ? Doit-on opposer les groupes utilisant comme unique support l’expression verbale et les groupes d'expression à médiations ? Qu’est-ce qui spécifie les différents groupes ? Quelles sont leurs indications en fonction de la psychopathologie et de l’âge des patients mais aussi du fonctionnement institutionnel et de la formation des thérapeutes ?
Résumé : Dans le jeu entre les sexes et les générations, le séducteur est avant tout un « passeur » qui va permettre à l’adolescente qui s’embarque avec lui de retrouver à la fois les multiples harmoniques de sa sexualité infantile polymorphe et un rêve incestueux. Ce passage est une retraversée du temps et d’une évolution socialement réglée vers un statut de femme et de mère ; il va en faire à nouveau une petite fille. Passage aussi au sens d’une transgression fantasmatique qui n’est possible que si celle-ci n’a pas eu lieu antérieurement dans la réalité. Car l’inceste n’est pas l’Œdipe mais son écrasement dans un télescopage entre le rêve et le réel.
Mots clés : séduction, sexualité adolescente, discours érotique, complexe d’Œdipe, fantasme incestueux, seduction, adolescent sexuality, erotic discourse, Œdipus complex, incestuous fantasy.
Résumé : L’histoire de la psychanalyse est-elle de l’Histoire et se demander si elle peut ou doit être psychanalytique n’est-ce pas en soi l’aveu qu’elle ne saurait être « historique » puisqu’il s’agirait déjà d’une déformation vis-à-vis de la méthode ? On interroge ici, dans une vision épistémologique rétrospective, l’écriture des recherches qui se sont menées ces vingt dernières années dans les trois principaux axes que constituent : - L’étude de la vie des psychanalystes ayant laissé une œuvre significative et celle de leurs relations réciproques : filiations, exclusions voire anathème... et aussi de leur insertion dans l’histoire générale de leur époque, ce qu’ils ont pu le cas échéant en subir ou en vivre et les influences de cette grande Histoire sur ce dont ils étaient porteurs et qu’ils ont pu transmettre. - L’étude du « Mouvement psychanalytique », c’est-à-dire la manière dont les psychanalystes se sont regroupés en sociétés, en groupes, voire en hordes et ont commencé le plus souvent à s’invectiver et à réclamer chacun pour soi d’être le seul détenteur de l’authenticité psychanalytique, le seul détenteur du fragment de la vraie Croix. - L’étude des notions et des concepts en psychanalyse, domaine qui ressort davantage de l’histoire des sciences pour autant que la psychanalyse en soit une.
Mots clés : Psychohistoire, Fait historique, Narration historique, Trace, Singularité, Auto-historisation, Histoire libidinale, Psycho-history, Historical fact, Historical narration, Remnant, Singularity, Auto-historisation, Libidinal history.
Résumé : Dans cet article, l’auteur, Directeur des Archives Sigmund Freud (Bibliothèque de Washington), revisite le cas du petit Hans, pour l’anniversaire des 150 ans de la mort de Freud. Hans a été soigné pendant 4 mois environ de janvier à avril 1908. Pendant que le père de Hans allait devenir son thérapeute, sa mère, violoniste, était suivie par Freud. On peut considérer que la cure du « petit Hans » est la première d’une cure d’enfant, supervisée. Les hypothèses de Freud sur la sexualité infantile et sur les conflits inconscients pathogènes de la névrose, reconstruits dans l’analyse de l’adulte étaient alors validés par le compte-rendu de sa cure. L’article veut continuer l’enquête et la compréhension de ce cas. Grâce aux nouveaux renseignements sur le petit Hans, son développement et sa famille, nous avons maintenant, depuis l’ouverture des Archives Sigmund Freud sur les entretiens de Max Graf (1952) et d’Herbert Graf (1959) jusqu’alors inaccessibles, un nouveau savoir qui défie les premières formulations, ouvre des perspectives et soulève de nouvelles questions.
Mots clés : Personnalité d’Olga Graf, Ouverture des Archives Freud de la Bibliothèque de Washington pour les Entretiens avec Max Graf et Herbert Graf.
Résumé : Il s’agit ici de faire la chronique du mouvement psychanalytique en Hongrie. Après qu’il ait résisté à la théorie freudienne, la relecture de Freud convainc Ferenczi de l’importance capitale de ce nouveau savoir. Il se voue alors à la Cause et malgré l’opposition des médecins et des universitaires, il réussit à créer une association psychanalytique, puis un enseignement à l’université de médecine, soutenu par l’amitié de Freud. Son influence sur le milieu littéraire est patente pendant quelques années. Il laisse une œuvre théorique et pratique originale. Il a su créer avec de jeunes collègues une atmosphère propice à la recherche et leurs travaux autour du chef d’école les feront reconnaître comme « l’Ecole de Budapest ». Puis la guerre, l’exil, l’oubli, la censure joueront leur rôle destructeur. La sortie de ce « purgatoire » est récente grâce aux travaux de Balint, à la politique éditoriale de J. Dupont et au rôle actif d’analystes formés dans la clandestinité (L. Nemes, G. Hidas) qui ont œuvré pour exister institutionnellement et rejoindre la communauté analytique internationale. Des recherches en France, en Hongrie et dans le monde continuent.
Mots clés : Ferenczi, Ecole de Budapest, Névroses de guerre, Congrès de 1918, Chaire de psychanalyse à l’université (1919), Transmission suspendue et relancée, Hermann.
Résumé : Ce texte est le fruit de deux ans d’un travail dans un service hospitalier de néonatologie, sur l’intérêt de lire à des mères et leurs prématurés. Il se fonde sur l’hypothèse qu’il peut être important d’aider les mères (et les pères) d’enfants nès prématurement, à penser, imaginer, anticiper leurs bébés nés trop tôt, et à les inscrire dans une histoire, dans une culture. Cette première littérature que représente les comptines, les textes pour tout petits, proches de la poésie, permettrait d’ouvrir un espace autre que l’espace de soin pris dans l’urgence et l’immédiateté, espace ouvert sur l’imaginaire et le plaisir des mots.
Résumé : Peut-on établir un pont entre la psychologie de la résilience et la psychanalyse ? Pour répondre à cette question, les 17 auteurs, psychiatres, psychologues, psychanalystes et philosophes réunis par Boris Cyrulnik, psychiatre, et Philippe Duval, psychanalyste, proposent une mise en perspective de ces deux approches. La résilience, devenue un mot-clé en matière de santé mentale, relève un fait troublant : dans un groupe de personnes confrontées au même événement traumatisant, certaines n'en subissent pas de séquelles graves alors que d'autres développent des symptômes réactionnels importants. Depuis quelque temps, bon nombre de psychanalystes s'intéressent à la relation d'attachement et à ses rapports avec la résilience. Ils se proposent donc de comprendre les mécanismes intrapsychiques de la résilience. 311 pages
Résumé : Il est question, dans ce texte, d’une application de la psychanalyse qui fait rarement l’objet d’une élaboration tout en étant souvent pratiquée par des psychanalystes: «l’analyse de la pratique». Sont ici exposés quelques conditions de sa mise en œuvre, certains de ses enjeux, de ses repères théorico-cliniques et, enfin, quelques situations cliniques. Le but de ce travail est de présenter une façon de penser cette application de l’analyse, à partir de la définition de son objet (les transferts), de telle sorte que ce qui, là, cherche à être transmis est la position singulière à laquelle la perception de la dimension transférocontretransférentielle permet d’accéder, une dimension tierce.
Mots clés : Application de l’analyse, Analyse de la pratique, Transfert, contre-trans- fert, Temps, Incestualité, Tiers,Application of analysis, Analysis of practice, Transference, counter- transference, Time, Incestuality, Third-party.
Résumé : Dans ce travail, je situe les données théoriques et pratiques de cette forme de supervision spécifique qu’est l’analyse quatrième. L’articulation de cette pratique avec les principes de fonctionnement du Quatrième Groupe est précisée. Cette référence permet de repérer divers avatars rencontrés dans les analyses quatrièmes qui sont ici étudiées en termes d’impasses identificatoires dans les termes de l’identification à l’analyste réactivées par l’identification du patient. L’analyse quatrième renvoie aux limites même de l’analyse personnelle qu’elle se propose à certains moments de dépasser en particulier concernant le transfert négatif et la problématique de la haine. Une modalité psychique de fermeture et d’impasse de la formation analytique est repérée comme une des formes spécifiques du pacte dénégatif fonctionnant entre analystes. Quant à l’interprétation signalétique, si elle s’avère un outil indispensable à l’analyse quatrième, elle engage la potentialité d’un nouveau moment de cure qui peut tout à fait s’inscrire dans son cadre même. Enfin, en prémisse d’un travail actuel, j’ouvre les perspectives des rapports de l’analyse quatrième dans son rapport à l’institution analytique dans la mesure où elle se constitue comme pivot central de la formation. La problématique de l’éthique est alors fondamentale dans un dialogue permanent entre la modalité de responsabilité et celle de conviction.
Mots clés : Analyse Quatrième, Supervision, Pacte dénégatif, Déni, Identifications, Interprétation, Scissions, Ethique, Fourth Analysis, Supervision, Denegative pact, Identifications, Scissions, Ethics.
Résumé : L’écoute fait partie de ces notions considérées comme allant de soi. Non seulement on lui accorde un sens partagé mais encore une acquisition généralisée. Cet article s’intéresse à celle qui occupe l’espace de la clinique, là où s’implique et circule la connaissance analytique. Plusieurs questions s’imposent: - Que s’agit-il d’écouter: le narratif, l’infantile du sujet, l’immanence de la séance? – Quelle est sa fonction dans la pratique? Après des acquis théoriques de plus d’un siècle, une écoute sans savoir et sans désir est-elle possible? Avoir été écouté suffit-il à pouvoir écouter à son tour? La transmission se situerait-elle dans la capacité élaborative? Se ferait-elle dans une lignée de psychanalystes passés et à venir? L’écoute diffère-t-elle selon le cadre de référence? Autant d’interrogations qui seront discutées en passant par celle de la nécessité pour l’analyste, à l’instar de toute personne en état de créativité, de se laisser conduire par les processus primaires et secondaires sans contrôle ni maîtrise.
Mots clés : Écoutant, Écouté, Sans désir, Sans mémoire, Vérité psychique, Immanent, Mémoire de l’infantile, Talent, Listener, Person listened to, Desireless, Memoryless, Psychic truth, Immanent, Infantile memory, Talent.
Résumé : La formation à l’exercice de la psychanalyse comporte une expérience d’une nature particulière désignée selon les institutions par les notions de contrôle, super-vision, analyse quatrième... Il s’agit, pour l’analyste en formation, de rendre compte de la conduite d’une cure à un analyste confirmé qui accompagnera son travail d’écoute et son effort de compréhension quant aux investissements transférentiels respectifs mobilisés par cette démarche. L’enjeu central de cette expérience étant évidemment l’examen des relations engagées dans ce projet et les implications multiples que cette situation met au travail. Dire ainsi que cet exercice repose sur les modalités spécifiques d’une transmission de l’écoute clinique impliquera d’avoir à reconsidérer l’usage des éléments qui en constituent le ressort, ce que nous tenterons en posant le récit clinique comme fondement de cette expérience. La notion de symbolisation vive, qui témoigne ici d’un surgissement du sens tout autant que d’un déplacement du sens, procède à une innovation sémantique. Phénomène central du récit clinique, la symbolisation vive s’exerce au point le plus aigu de l’expérience singulière de transmission. Et si l’on peut attribuer, comme nous avons tenté de le montrer, l’origine dynamique des symbolisations vives au bénéfice d’un narcissisme trophique liés au processus lui-même, c’est bien toute la notion du narcissisme de pensée qui sera à reconsidérer dans cette expérience spécifique que constitue l’écoute transmise.
Mots clés : Infantile, Histoire potentielle, Emergences pulsionnelles premières, Eléments préfiguratifs, Symbolisations vives, Urgence narrative, Fonction mimétique, Evénement narratif, Identité narrative.
Résumé : L’art du compte rendu d’analyse occupe, semble-t-il, une position médiane entre deux types d’exercice non moins périlleux: celui de la traduction et celui de l’œuvre d’art d’après nature. Pourquoi néanmoins s’y risquer? Cette question, est ici abordée dans les limites des comptes rendus écrits et non des échanges entre analystes, qu’ils soient informels ou institutionnalisés dans le cadre du «contrôle» ou de l’«analyse quatrième». On l’a envisagée à deux niveaux: d’une part, les raisons que l’on peut avoir d’entreprendre ce type d’écrit et d’autre part, les problèmes qu’il soulève. Savoir de quoi on rend compte lorsqu’on s’engage dans cette entreprise demeure bien sûr la question centrale, présente en filigrane derrière les précédentes. Car, si le processus de l’analyse n’appartient en propre ni à l’analyste, ni à l’analysant mais surgit dans l’espace de leur rencontre, tout compte rendu, qu’il soit le fait de l’un ou de l’autre des protagonistes, ne concernera jamais qu’un éclairage voué à demeurer subjectif.
Mots clés : Ecriture, Compte rendu, Ecoute analytique, Histoires de cas, Contre- transfert, Déontologie, Ethique de la psychanalyse,Writing, Summary, Analytical listening, Case studies, Counter- transference, Deontology, Ethics of psychoanalysis
Résumé : 325 pages
Résumé : Dans cet article, l’auteur postule l’existence d’un transfert spécifique sur l’institution, dans laquelle les enjeux politiques de pouvoir et d’autorité qui s’y déploient seraient le support des transferts de l’archa ïque des patients accueillis. Le suivi d’un enfant accueilli en hôpital de jour illustre cette hypothèse.
Mots clés : Institution, Transfert, Politique, Archa ïque, Pouvoir, Pluralité, Institution, Transference, Politics, Earliest experiences, Power, Plurality.
Résumé : Un an après une très médiatique polémique à propos de psychanalyse, cet ouvrage donne la parole à plus de trente praticiens français (psychiatres, psychanalystes et chercheurs). Dans des textes courts, incisifs et émaillés d’exemples, tous témoignent de leurs pratiques et de leur relation à leurs patients. Ils proposent une « défense et illustration » de leur discipline. Ils exposent clairement à l’attention du grand public concerné ce qu’il en est aujourd’hui réellement de la psychanalyse, de la cure, de la formation et de la déontologie.
Résumé : En conclusion de son livre L’apprenti-historien et le maître-sorcier Piera Aulagnier propose une analyse parallèle de l’instance et des modalités de refoulement dans la psychose et dans le discours totalitaire tel que l’œuvre d’Orwell permet d’en saisir le fonctionnement. L’éclairage qu’elle porte sur le modèle métapsychologique qui sous-tend le discours orwellien – tout particulièrement dans 1984 – montre la visée de destruction mise en œuvre par la langue idéologique en tant que création d’une langue irreprésentable, sans sujet, par laquelle s’accomplit l’abolition du passé et de la réalité. C’est cette entreprise même de «destruction des souches d’une race» (Kar Pralay Pouch sas) que les dialogues transcrits du film du cinéaste cambodgien Rithy Panh, la machine de mort khmère rouge, permettent d’approcher au mort et au vif entrelacés des échanges entre victimes et tortionnaires du régime totalitaire que l’arrivée au pouvoir des révolutionnaires khmers rouges a instauré de 1975 à 1979 au Cambodge, rebaptisé alors Kampuchea démocratique.
Mots clés : Novlangue, Ininscrit, Destruction, Falsification, Répudiation, Newspeak, Uninscribed, Destruction, Falsification, Repudiation
Résumé : L’altérité travaille au cœur de la langue, tout particulièrement sous la forme d’un intime propre à la langue maternelle. Un intime qui ferait altérité en résistant à tout effort de traduction, et qui constituerait un noyau d’étrangeté envers toute tentative d’assimilation ou d’appropriation dans une autre langue. Autrement dit d’une culture ou d’un territoire linguistique à un autre, nul passage n’est simple, nulle traduction ne s’effectue sans un reste irréductible, sans cette marque de l’intime placé paradoxalement sous le signe de l’étranger inassimilable, de son extériorité, de son dehors intransportable dans aucune territorialité textuelle autre. C’est précisément de cet aspect de l’intraduisible dont je souhaiterais ici m’occuper, dans la mesure où celui-ci me semble être l’objet spécifique de l’attentat perpétré par la terreur nazie contre la langue, et contre les constituants de l’identification primaire à l’humaine condition.
Mots clés : Langue maternelle, Traduction, Idéologie nazie, Terreur, Mémoire, Déni de réalité, Attaque contre la culture, Mother tongue, Translation, Nazi ideology, Terror, Memory, Denial of reality, Attacks on culture.
Résumé : Quelques hypothèses sur les racines intrapsychiques de la pensée idéologique m’ont été suggérées par une expérience de cure analytique chez une femme idéologue et vulgarisatrice de théories psychanalytiques et psychosociologiques. Que peut offrir le discours analytique à ces langues de bois, à ces paroles démonétisées, vides de sens, qui portent la majuscule comme une livrée d’imposture, s’il ne veut pas, contre cette prédication idéologique, en marteler une autre, dont notre discipline n’est pas indemne? Le type de pensée qui s’exprime, en l’espèce, contrecarre les efforts de l’analyste pour s’arracher aux mots devenus les instruments d’un processus totalisant; il semble que cela réponde chez l’analysant à un besoin vital de certitude, à un désir ignoré d’autoaliénation, au sens que P. Aulagnier donne à cette notion.
Mots clés : Idéologie, Aliénation, Mise à mort de la pensée, Cure analytique et langue idéologique, Traduction, Ideology, Alienation, Thought condemned to death, Analytical cure and ideological language, Translation.
Résumé : Notre interrogation porte sur les effets d’emprise produits par les mots du discours totalitaire sur la psyché des individus en les confrontant au pouvoir de ceux du discours religieux. La privation de la liberté de pensée et le recours aux illusions comme objets de croyance traduisent les effets de leur pouvoir d’aliénation. Le journal de Victor Klemperer dans lequel il recense les mots de la langue du Troisième Reich afin de résister à la force des mots de la propagande nazie, confirme ce rapprochement avec la langue du religieux et permet d’en mesurer toute proportion gardée les risques de dérive qu’elle peut entraîner. Orwell dans 1984, en créant une autre langue, le Novlangue, au service de l’idéologie du Parti apporte une autre preuve que la destruction des mots mutile la pensée. Un exemple clinique illustrera la portée de préceptes religieux inscrits dans l’enfance sur la construction d’un fonctionnement psychique aliénant.
Mots clés : Interdits de pensée, Aliénation, Emprise, Totalitarisme, Religiosité, Thought interdictions, Alienation, Hold, Totalitarianism, Religiosity.
Résumé : Cet article examine la notion de « progrès dans la vie de l’esprit » avancée par Freud pour caractériser l’émergence du monothéisme comme une exigence d’abstraction accrue se réalisant à travers l’interdit de la représentation de Dieu et la substitution au règne du matriarcat, celui du patriarcat. Tout en replaçant cette thèse dans son contexte, l’auteur lui apporte quelques restrictions.
Mots clés : progrès, abstraction, sensorial, perception, renoncement, pensée, spirituel, iconoclasme, patriarcat, matriarcat, progress, abstraction, sensorial, perception, renouncement, thought, spiritual, iconoclasm, patriarchy, matriarchy.
Résumé : Charlotte Beradt (1901-1986) ouvre une nouvelle perspective dans l’approche des rêves et des cauchemars. Ils sont «dictés» par le temps présent et à venir. Profane en psychanalyse, elle a néanmoins l’intuition que le rêve est important, qu’il pense, comme semble nous le montrer sa collecte de 300 rêves, réalisée de 1933 à 1938 à Berlin sous le régime nazi, et publiée plus tard. C’est un acte politique, fait en tant que communiste et opposante à la politique d’Hitler. Elle a travesti, codé, caché, puis envoyé à l’étranger cette matière subversive, qui, pour nous, a valeur d’archive sur l’état des psychés des berlinois dans cette période douloureuse.
Mots clés : Collecte de rêves, «Rêves dictés par la dictature», Le rêve pense, Codage, Acte politique, Collection of dreams, «Dreams dictated by dictatorship», Dream thinks, Code, Political act.
Résumé : L’ambiguïté des Mots permet le travail de notre «fabrique de pensées» que ce soit dans le rêve, le mot d’esprit, le lapsus, l’interprétation psychanalytique, ou bien la création littéraire et la construction théorique. Dans la langue idéologique – un exemple extrême en est emprunté aux analyses de la langue hitlérienne par Victor Klemperer, mais des cas atténués d’emploi idéologique sont agissants à toute époque – le jeu avec les mots n’est plus possible, les deux faces du signe sont rivées l’une à l’autre et ne permettent de dire que ce qui a été déjà dit et pensé, et qui doit l’être ainsi. Les mots et les comportements qui leur sont attachés forment un système de significations univoques et provoquent, comme des injonctions hypnotiques, des modifications psychiques profondes chez ceux et celles à qui ils s’adressent, la Psychologie des Masses de Freud jettent une lumière sur ces fonctionnements. Comment ces usages si opposés de la langue sont-ils possibles? C’est la question restée à l’horizon de ce travail.
Mots clés : Equivoque, Polysémique, Création littéraire, Interprétation psychana- lytique, Traduction, Formation délirante, Vérité et erreur, Langue nazie, Lien de masse, Perte du lien social.
Résumé : Les mots sont l’outil du traitement psychanalytique. D’où leur vient ce privilège? Comment la matière psychique se saisit-elle des mots? Comment les mots agis-sent-ils sur l’inconscient? Débat dont trois ouvrages ont constitué le matériau clinique, chacun d’eux apportant à partir de sa discipline propre leur contribution. Ce sont L’écriture de Freud - Traversée traumatique et traduction de J. Altounian, Rêver sous le IIIe Reich de Ch. Beradt, L.T.I. La langue du IIIe Reich de V. Klemperer. Analyser les rapports de la langue à la vie psychique c’est à quoi contribue l’ouvrage de J. Altounian. Le modèle de la perte pour la traduction, celui du reste pour l’interprétation diffèrent. Analyser les mécanismes de corruption du langage et du psychique c’est ce à quoi contribuent les ouvrages de Beradt et de Klemperer.
Mots clés : Perte-reste, Traduction-interprétation, Real-Angst, Loss-remainder, Translation-interpretation, The Real-Angst.
Résumé : À travers une histoire clinique, l’auteur interroge le contenu d’un rêve. Ce dernier donne lieu à l’édification d’une construction-interprétation résultant de la rencontre d’une fantaisie créatrice de l’analyste, issue de son propre héritage théorique, avec le vécu transférentiel de la patiente. Le récit de cette construction introduit l’énigme posée à Œdipe par la Sphinge dans l’histoire individuelle et la temporalité de chaque sujet humain.
Mots clés : Construction, Interprétation, Énigme, Temporalité, Construction, Interpretation, Riddle, Temporality.
Résumé : Comment penser, à partir de l’expérience de la cure, et à partir de situations traumatiques non psychisées, les conditions d’une répétition qui s’avère créatrice ? Comment situer la question du nouveau et de son émergence au cours de la cure, au regard du transfert comme contrainte à répéter ? C’est à partir des traumas que Winnicott a décrits sous la crainte de l’effondrement qu’il s’agira d’interroger la fonction des constructions proposées par l’analyste comme des tentatives de faire advenir à la réalité psychique, pour la première fois, les traces d’un événement traumatique que le sujet n’avait encore jamais réalisé. L’effacement de toute mémoire de l’événement peut s’exprimer dans la séance par une désertification de toute vie psychique, ou paradoxalement sous la forme d’une parole ressassante et d’une sacralisation de la mémoire figée du traumatisme. Le travail de l’analyste sur son contre-transfert peut constituer en ces occurrences la seule issue pour étayer de telles constructions.
Mots clés : Traumas non psychisés, Répétition créatrice, Constructions, Crainte de l’effondrement, Contre-transfert, Mémoire sacralisée, Traumas not integrated into psychic reality, Creative repetition, Construc- tions, Fear of breakdown, Counter-transference,
Résumé : Dans les situations de transfert délirant dans la cure, l'analyse et l'interprétation du transfert est le plus souvent impossible. L'analyste est alors amené, sur les conseils de Freud, à tenter de reconstruire les événements historiques ou préhistoriques que l'analysant a traversés sans pouvoir les symboliser et qui ont présidé à la faillite de la différenciation topique Moi – Non Moi. Quand ce travail est opérant, il n'est pas rare de voir alors l'état de l'analysant non pas s'améliorer, mais au contraire s'aggraver dans la reviviscence d'un effondrement ou d'une agonie psychique originelle. On retrouve dans le texte de Freud : "Constructions" les prémisses de ce que Winnicott développera plus tard dans : "La crainte de l'effondrement". Mots clés : Transfert délirant. Constructions dans l'analyse. Effondrement et agonie psychique. Freud et Winnicott.
Résumé : Les conceptions modernes de la cure psychanalytique ne peuvent ignorer la rupture épistémologique introduite par cet auteur qui, dans son débat critique avec Freud, a dégagé l’interprétation de l’ornière de la traduction et de la reconstruction archéologique, pour en montrer la face créative et la relativité de sa vérité. Deux exemples d’interprétation au cours de cures, l’une sur le mode de la construction, l’autre par « injection » de signifiant, interrogent ce modèle de la construction de l’espace analytique par l’analyste.
Mots clés : Contingence de l’interprétation, Traduction du fantasme et de la pulsion en langage, Fantasme originaire et identifications tournantes, Force et sens de l’interprétation, Buts et moyens de l’analyse.
Résumé : Il s’agit de dégager une conception freudienne de la causalité psychique comme frayage, comme chemin ouvert sur la possibilité de l’événement, à partir de ce que je décris comme le processus d’élaboration psychique qui conduit à transformer le trauma en événement psychique. Processus qui répond à ce « véritable besoin du Moi en représentations » dont parle Freud et qui s’apparente à celui qui est décrit dans la cure de « l’homme aux loups » dont le rêve princeps est événement en tant qu’il est l’élaboration psychique d’une première scène dite traumatique et traumatisme dans la mesure ou il appelle une nouvelle élaboration psychique, un autre mouvement d’après-coup qui sera celui de l’analyse. La métaphore photographique utilisée par Freud est alors appropriée à la description de ce processus dans la mesure où le cliché développé serait lui-même le négatif d’un développement à venir.
Mots clés : Traumatisme, Événement, Réalité, Causalité psychique, Inscription psychique, Frayage, Après-coup, Trauma, Event, Reality, Psychic causality, Psychic inscription, Facilitation, Deferred action, Story.
Résumé : Quelle est la nature des pensées latentes du psychanalyste en séance ? Le présent travail est moins une clinique des pensées latentes qu’un préambule épistémologique à une réflexion sur les modes du penser en psychanalyse, ainsi que sur leurs hypothétiques impacts sur la façon d’écouter en séance. La pensée surgit en séance dans un espace d’expression organisé par la présence de deux centres de gravité: la pensée représentative et la pensée transformative. Repérer le lieu et la forme singulière de ce surgissement ne permettrait-il pas à l’analyste d’en mieux intégrer, dans l’analyse, les sources inconscientes ?
Mots clés : Epistémologie, Pensée, Représentation, Signifiant, Signe, Mot, Idée, Parole, Langage, Epistemology, Thought, Representation, Signifier, Sign, Word, Idea, Word, Language.
Résumé : L’auteur s’interroge sur les limites des interprétations et constructions classiques avec les cas difficiles : psychotiques, psychopathes et personnalités addictives. Il propose d’utiliser, dans certains cas, ce qu’il appelle des interprétations vicariantes, actes de parole ou gestes signifiants.
Mots clés : Interprétation, Construction, Interprétation sauvage, Technique analytique, Interpretation, Construction, Uncontrolled interpretation, Analytical technique.
Résumé : Envisager la possibilité de l’impuissance du Sujet à se représenter sa réalité psychique, comme le demande Freud dans l’énonciation de la règle fondamentale – relier des restes verbaux à des traces mnésiques – nécessite de porter une attention particulière à la notion de « Tiercéité ». À défaut d’un tiers bien référencé dans la conflictualité œdipienne, il faut s’appuyer sur des formes dégradées ou préliminaires de tiercéité et revisiter la représentation but de la psychanalyse, pour un temps.
Mots clés : Tiercéité, Tiers, Processus tertiaire, Régression formelle, Offre de figurabilité, Langage fondamental, Jeu, Third-Party, Tertiary process, Formal Regression, Offer of figurabi- lity, Fundamental language, Play.
Résumé : Si l’on accepte de s’écarter du modèle de la cure-type, si l’on suspend et même renonce à l’art de l’interprétation, si l’on admet que le temps nous sera compté, on peut considérer qu’une pratique analytique peut être échafaudée dans un cadre aussi particulier qu’un service d’hôpital psychiatrique. Le récit d’une hospitalisation illustrera cette pratique singulière, parfois étrange, qui fait appel à des objets réels, à des actes, et qui entraîne l’analyste, l’infirmière et le patient à renouer avec l’enfant en chacun des protagonistes de la scène, par la mise en jeu d’identifications mutuelles.
Mots clés : Limites, Régression, Identification, D.W. Winnicott, Limits, Regression, Identification, D.W. Winnicott.
Résumé : Parce que son développement, physique, affectif et intellectuel se produit sur un temps bref, la grande affaire pour l’enfant est de grandir. Or il ne s’agit pas de la simple constatation d’une soumission de l’être au devenir, que celui-ci soit porteur d’une maturation bénéfique ou d’une sclérose voire d’une dégénérescence. Grandir est synonyme d’une expansion vers le haut, irrésistible et irrévocable. Mais est-ce automatique pour autant et que disent les adultes quand ils s’efforcent de « faire grandir les enfants» ? On évoquera ici, à partir du personnage de Sophie dans la Comtesse de Ségur et de Harry Potter chez J.K. Rowlings, la manière dont l’enfant vitce projet et surtout en retrouve la description dans des romans.
Mots clés : Littérature enfantine, Harry Potter, La Comtesse de Ségur, Magie, Education, Période de latence, Lecture, Literature for children, Harry Potter, Comtesse de Ségur, Magic, Education, Latency period, Reading.
Mots clés : Place de l'enfantement dans la théorie analytique, Valence différentielle des sexes, Clivage du moi.
Résumé : L'altérité travaille au coeur de la langue, singulièrement sous la forme d'un intime propre à la langue dite maternelle. Un intime qui ferait altérité en résistant à tout effort de traduction,et qui constituerait un noyau d'étrangeté envers toute tentative d'assimilation ou d'appropriation dans une autre langue. C'est ce reste irréductible dans le maternel même de la langue qui devient un hôte indésirable pour tout système idéologique collectif ou privé visant la purification du corps social ou du corps de la langue, au nom d'un originaire censé pur et entièrement saisissable.
Résumé : La honte,dans sa forme radicale, la honte de vivre, constitue la "traduction " au plan des refoulements, de la tendance primaire à l'auto-anéantissement, et trouve dans la haine de soi, son expression la plus extrême. C'est cette hypothèse qui se trouve l'objet de cet article.
Résumé : Après avoir rappelé les différentes conceptions qui ont abouti à la notion de personnalité à expression psychopathique, l'auteur, à partir de sa clinique, s'emploie à montrer l'importance pour l'analyste qui se risque à accompagner ses patients de poser des actes de parole et des actions. "L'interprétation vicariante" serait alors le vecteur de l'efficacité thérapeutique.
Résumé : Cet article développe des thèmes publiés dans la section Blogosphère du site inconscient.net
Mots clés : Blog, Blogosphère, Cyberomphalodicée, Moi-nombril, Nombrilisme, Théorie sexuelle infantile, Castration ombilicale, Anomphalie, Utérus artificiel.
Résumé : Après un premier essai sur Caravage et le don, l’auteur poursuit sa recherche, à partir de nouvelles données. Ce texte tente d’éclairer l’œuvre et le personnage à partir de son vécu et de son histoire. La pulsion sublimatoire de Caravage répondrait à un fantasme, un désir paternel, culturel et artistique, face à une figure emblématique de l’époque : Michel-Ange. Michel-Ange aurait fait Le Caravage, mais aurait tué Michelangelo.
Mots clés : Négatif, Destructivité, Excitation, Sublimation, The negative, Destructivity, Excitation, Sublimation.
Résumé : A la lumière de plusieurs cas cliniques et en se référant au mythe de Narcisse, l’auteur examine les facteurs à l’œuvre dans l’acte de grandir, notamment les mouvements psychiques favorisant la co-existence de son achèvement et son inachèvement.
Mots clés : Ambivalence, Bisexualité, Œdipe, Transfert, Ambivalence, Bisexuality, Œdipus, Transference.
Résumé : Une recension d’un certain nombre de croyances et rituels concernant les règles à travers les âges et les peuples conduit à la question: la science contemporaine nous met-elle à l’abri des interférences fantasmatiques et mythiques sur le sang des femmes?
Mots clés : Menstruation, Règles, Histoire de la médecine, Mythologies, Women’s periods, Medicine history, Mythology.
Résumé : Ce texte concerne la « ruralité » entendue comme métaphore du corps, en regard du recueil de poèmes que Raymond Queneau a consacré à la nature champêtre, « Battre la campagne ». S'y développe l'idée d'un conflit de base entre l'esprit et la matière, la parole et le corps, la pureté de l'âme et la pulsionnalité du corps, conflit qui n'était pas étranger à Queneau. Deux tentatives de fuite hors cette conflictualité sont évoquées en leurs représentations extrêmes : la négation du corps, sa dématérialisation espérée dans la sainteté et la démarche mystique d'une part, et le clivage de la pensée dans l'idéal pragmatique de la suprématie de la chose (de la marchandise), du corps instrumentalisé, d'autre part. Pour Raymond Queneau, l'écriture représente une paix possible et les mots, des compromis acceptables par les deux parties en présence. Mots clés : nature – pulsion – âme – corps – conflit – clivage – parole – écriture .
Résumé : Voici un des premiers travaux sur la psychanalyse du vieillissement. Il s’agit d’une conférence donnée par Michael Balint l’année de la mort de Ferenczi, mort qui l’a totalement bouleversé. Balint reprend cette question éternelle à partir de la philosophie (Cicéron, dans De Senectute, etc) renouvelée par le Romantisme, et s’interroge sur le devenir de la libido sexualis et de la libido sciendi dans le vieillissement de l’individu. Il questionne les processus pulsionnels de l’adolescence et de la sénescence, leur similitude et leur différence en s’appuyant sur des faits sociaux et des biographies de personnalités célèbres (Bismarck, Gladstone, la Reine Victoria et son fils Edouard VII, Goethe, Le Titien, Tolstoï, Voltaire) donc dans le registre de la psychanalyse appliquée. Il nous ouvre ici une perspective nouvelle: le processus de devenir vieux n’est pas toujours synonyme de «naufrage» (Charles de Gaulle) mais au contraire de réappropriation de soi, de croissance, voire même de création d’une œuvre.
Mots clés : Conflit inter-générationnel, Compensation des plaisirs génitaux, «Jeu- nisme», Régression, Angoisse et désir de mort, Inter-generational conflict, Compensation for genital pleasures, ‘Young- ism’, Regression, Fear of dying and desiring to die.
Résumé : L’hypocondrie, qu’elle soit névrotique ou délirante, peut être vue comme un mécanisme de défense de l’ordre de la métonymie. L’objet qui fait souffrir dans le corps prend la place d’un objet dont la perte est inassumable pour la psyché. Il s’agit, comme dans la mélancolie, d’un deuil impossible ou de la perte du Moi Idéal. Par sa plainte, l’hypocondriaque retrouve dans le soignant un objet de substitution, certes insatisfaisant, ...mais à ne pas perdre en guérissant.
Mots clés : Hypocondrie, Métonymie, Mécanisme de défense, Deuil narcissique, Hypochondria, Metonimy, Defense mechanism, Narcissic mourning.
Résumé : La pratique systématique et multiforme de l’humour à l’adolescence invite à s’interroger sur sa nature et sa fonction dans le processus de subjectivation adolescente. Les humours apparaissent ainsi, par la mise en représentations et en mots qu’elles effectuent, comme un moyen de traitement de l’excitation permettant les remaniements instanciels requis à ce moment du développement, offrant du même coup la possibilité d’élaborer les problématiques amoureuses qui lui sont spécifiques. Mots-clés : Humour, rêverie, instances idéales, excitation, élaboration, adolescence, subjectivation.
Résumé : L’auteur interroge le prétendu retour d’âge qui aurait frappé un Freud quadragénaire en pleine crise créatrice. L’interprétation de cet épisode nécessite en effet qu’il soit appréhendé dans une triple perspective dont le point de convergence peut seul en livrer le sens : celle du chercheur soumis aux violents bouleversements pulsionnels que son entreprise de déconstruction provoque ; celle du père de famille confronté à la nécessité de mettre un terme à sa descendance ; celle enfin de l’ami totalement séduit par son collègue berlinois et ses conceptions explicatives. Le voyage intérieur entrepris par le conquistador le confronte en effet, sans qu’il s’y attende, à ses identifications féminines — mobilisées et agies dans la relation passionnée à l’ami — dont l’expression a précisément trouvé à se formuler selon les coordonnées fliessiennes. Ce pourquoi, cet épisode dit “climatérique” — la fameuse « ménopause mâle » du grand homme — ne peut être entendu que comme le premier témoignage de cette part féminine qu’il sera toujours réticent à reconnaître en lui. Mots clés : bisexualité, contraception, homosexualité, identification féminine, influence, ménopause, périodicité.
Résumé : Le recours bien connu à l’humour chez les peuples opprimés invite à s’interroger sur la fonction de ce dernier. L’analyse de l’exemple freudien, au cœur même d’une Vienne dont l’antisémitisme va croissant, met en évidence la valeur identifiante et identificatoire de l’humour juif dont les Witze fonctionnent alors, au sein de la communauté analytique aussi bien que juive, comme un signe d’appartenance et de reconnaissance venant fortifier une identité dont le narcissisme est mis en péril par l’hostilité ambiante. Mots-clés : Antisémitisme, haine de soi, humour, identité, identification, judéité, Witz.
Résumé : Le présent travail propose une lecture des deuxième et troisième chapitres de la Genèse, centrée sur la question de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, qui donne lieu au premier interdit et à la première transgression. J’essaierai de montrer en quoi un tel récit originaire nous parle, en tant qu’analystes, de ce que j’appellerai la composition relationnelle de l’humain. Abordant ainsi la genèse du sujet humain en tant qu’elle passe par le langage, j’envisagerai la dialectique du connaître et de l’ignorer sous l’angle du rapport entre le connaissable et l’inconnaissable. Dans cette perspective des conditions présidant à l’émergence du Je, je mettrai l’accent sur la transgression référée à l’action verbale du serpent . Mots clés : autoconservation-autoérotisme-connaissance-inconnaissable-interdit-interlocution interne-nomination-parole-symbolique
Résumé : Dans un langage qui lui est propre, le récit biblique de Caïn et Abel nous invite à penser la question du mal à partir du mythe fondateur du fratricide originaire. En suivant pas à pas le texte, on voit se déployer une tragédie dont les actes nous sont connus. Ce qui intéresse l’analyste, qui a évidemment lu Totem et Tabou, c’est de saisir ce que la Bible nous dit de différent en nous proposant sa vision de la haine fratricide et du meurtre et de leur transformation en progrès culturel. Si, par la lecture qui en est faite ici, le meurtre du frère semble avoir été nécessaire pour pousser l’individu, et au-delà, l’ensemble des humains, à la reconnaissance du frère comme autre, et à la reconnaissance du lien d’appartenance avec cet autre comme « frère en condition humaine », la Bible nous dit aussi que ce « travail de culture » a aussi un versant plus sombre : Caïn s’est construit comme sujet, il a édifié une ville, il a jeté les bases d’une vie sociétale à partir de sa propre destructivité, et sur le cadavre d’Abel...
Mots clés : Caïn et Abel, Meurtre, Altérité, Frère mort, Narcissisme, Responsabilité, Cain and Abel, Murder, Otherness, Dead Brother, Narcissism, Responsibility.