Livre

MIJOLLA-MELLOR S., La mort donnée - Essai de psychanalyse sur le meurtre et la guerre, Paris, Quadrige, puf, 2011

 

Bien qu’il soit aussi fondamentalement inscrit dans la nature humaine que la pulsion sexuelle, l’homicide n’en est cependant pas l’expression directe mais trouve son origine dans une tentative de survie ou dans une position mégalomane faisant de la mort le choix délibéré d’un sujet ou d’un groupe. Pouvoir donner la mort implique de ne plus voir dans la victime un autre soi-même mais seulement un objet à supprimer pour servir des visées personnelles ou idéologiques. Or, si le criminel à l’échelle individuelle ou groupale peut prétendre ignorer l’énigme de son acte qui le dissocie de la solidarité humaine, c’est alors la société qui s’y trouve confrontée. Dans une absolue perplexité telle que la reflètent les médias, elle ne sait que multiplier les termes propres à la rejeter : « barbarie collective », « folie individuelle », autant de manières de répéter à l’infini la question sans se donner les moyens de répondre sur ce qui s’est effectivement passé et peut pourtant refaire surface à tout moment, en tous lieux et à toute époque. La psychanalyse apporte des éléments de compréhension sur la paralysie de la pensée liée à l’homicide, en vue de contribuer à le réintégrer dans une dimension qui permette de l’entendre, de le prévenir et de tenter de le soigner.

 

336 pages.