Publications
AULAGNIER Piera
BARREAU Jean-Jacques
BAZALGETTE Gérard
BERNOS Arlette
BONNET Marc
BOUHOUR Pierrette
CASTELLANOS-COLOMBO Héloïse
CELERIER Marie-Claire
CHARTIER Jean-Pierre
COLIN Robert C.
COLOMBO Eduardo
COUCHOUD Marie-Thérèse
COZ Jean-Philippe
DEFERNAND Chantal
DEFRENET Bernard
DOLLÉ-MONGLOND Brigitte
DROSSART Francis
ENRIQUEZ Micheline
EVEN-LE BERRE Catherine
FILLOUX Janine
FUSCO Marie-Claude
GAILLARD Georges
GASQUERES Anne
GOSSE OUDARD Evelyne
HAYEM Didier
HENRI-MENASSÉ Catherine
HERLEM Pascal
ISNARD-DAVEZAC Nathalène
JULLIAND Eric
LAURENT Pierrette
LÉVY Ghyslain
LOMBARD Geneviève
MALTESE-MILCENT Marie-Thérèse
MARTINO Paul
MIJOLLA-MELLOR Sophie de
MOREAU RICAUD Michelle
PATUEL-PUIG Ferran
PERAN René
PERRIER François
PEUCH-LESTRADE Jean
PONCEBLANC-NEUVÉGLISE Monique
ROGER Sylvie
ROUSSEAUX-MOSETTIG Christiane
SABOURIN Pierre
SERVERIN Jean-Louis
SILVESTRE Claude
STEPHANATOS Gerassimos
TURBAT-DELCROS Joëlle
VALABREGA Jean-Paul
ZALTZMAN Nathalie
ZYGEL Charles
Pascal HERLEM
membre
HERLEM P., Les chiens d'Echenoz, Clamecy, Éditions Calliopées, 2010
"Etant donné une oeuvre littéraire,réunissez-en tous les volumes,que vous aurez classés dans l'ordre chronologique du premier au dernier paru. Prenez ensuite un peu de repos, afin de réfléchir sans forcer. Au bout d'un moment, quelconque, une idée apparaît dans votre esprit, à la façon dont le soleil darde, car le soleil darde, son rayon dans la ténèbre nocturne, qu'il dissipe. Vous voyez donc clair. Vous avez une idée et vous avez pu la voir cette fois. Il vous suffit à présent de l'appliquer méthodiquement ou presque à l'oeuvre littéraire dont vous aurez réuni tous les volumes classés du premier au dernier par. Vous obtenez au bout du compte un essai, assez plaisant à lire sans doute."96 Pages.
Note de lecture d' Olivier Paccoud
Parue dans le n° 50 du Bulletin du IVe Groupe
Voici donc un analyste fréquentant de longue date une œuvre littéraire, l’œuvre de Jean Echenoz. Cet analyste, après avoir procédé à un long et patient filtrage de l’œuvre en question dans les tamis de son psychisme, en a finalement extrait un objet discret, récurrent et, pour tout dire, un peu incongru : le chien. Disons plutôt les chiens, - baptisés pour l’occasion « chiens d’Echenoz ». Il aura en effet fallu toute la sagacité du lecteur analyste Pascal Herlem pour dénicher les chiens de l’œuvre d’Echenoz et s’apercevoir (ce dont ne s’était semble-t-il pas aperçu Echenoz lui-même) qu’ils y pullulaient, à la façon d’un véritable chenil littéraire. Le livre de Pascal Herlem explore ce chenil littéraire, avec une double ambition : écrire la première « echenozographie canine » officielle d’une part ; prendre la mesure de l’efficacité littéraire, aussi insoupçonnée que surprenante, de ces bêtes, d’autre part. Sans doute pourrait-on dire, et tout aussi bien, que l’idée « chiens d’Echenoz » est née dans la tête du lecteur analyste (braconnier littéraire?) Pascal Herlem, et qu’elle lui est apparue comme une sorte d’objet, disons plutôt de truc, très efficace pour entrer dans l’œuvre et y flairer les trafics de sens. Quoi qu’il en soit, le chien qui circule, déambule sur l’arrière-scène littéraire echenozienne s’avère être un redoutable contrebandier de sens, de tous les sens, - même s’il est à peine visible, même s’il est en marge. De fait : non content d’avoir été fabriqué par l’homme pour endosser « le plus attirant du banni de la sexualité humaine », le chien « habite dans son anagramme », remarque Pascal Herlem, - qui y voit une preuve évidente de sa duplicité.
Entrons plus avant dans le livre.
Si Pascal Herlem brosse d’abord un rapide catalogue des chiens littéraires, ce n’est que pour mieux souligner la singularité absolue du chien echenozien. « Le chien d’Echenoz, nous dit l’auteur (et nous le croyons), quitte les odieux chenils des bêtes littéraires maltraitées pour occuper une place romanesque en tant qu’œuvre d’art » : ici, le chien joue du sens ; il n’est pas comme ailleurs « victime de la dénégation systématique de son humanité » ; Echenoz l’utilise au contraire comme une sorte « d’acte manqué » de celle-ci, « qu’on peut interpréter en tant que tel ». Le chien d’Echenoz est instable, mouvant, hors de toute fixation caricaturale, polysémique, éminemment transitionnel au sein de l’œuvre. Alors, cela étant dit, Pascal Herlem peut s’engager dans la traque méticuleuse, qui prend la forme d’une recension exhaustive, des chiens dans l’œuvre d’Echenoz : c’est avec assurance qu’il nous guide sur les traces du chien echenozien, en allant (tel est à peu près le mouvement du livre), du chien littéraire le plus discret, le plus occulte, au chien littéraire le plus massif, évident, traditionnel (et néanmoins, précisons, car ce n’est pas peu dire : echenozien).
Il est de fait un univers canin « subliminal » dans certaines pages d’Echenoz : absent ou tout juste évoqué (un trait), ce chien n’en contamine pas moins toute la scène dont il porte, représente, le sens latent. Corrélativement, et pour parler comme Deleuze, il est chez Echenoz des « devenirs chien » multiples, des « cynanthropies » (Herlem), des transmutations qui concernent soit des objets, soit des personnages, soit des rapports entre personnages, ou bien entre personnages et objets… Pascal Herlem nous fait partager, en les pointant, ces nombreuses combinaisons, ces délicieuses circulations du sens, mouvantes à souhait, subtiles, souvent cocasses, et qui toujours font mouche. Parce que la littérature echenozienne se soutient d’une sorte de permanent et parfois très léger hors champ, parce qu’elle est en permanence sur le fil d’une sorte de dérèglement (qu’accentue la maîtrise stylistique et narrative de l’auteur), de décrochage, de vacillement identitaire, Pascal Herlem s’attache à y repérer ce qui, à tel ou tel endroit, et parce que justement un chien s’y trouve, produit du glissement, du dérèglement. Mais il n’est pas question, ici, de remettre les chiens en laisse : Pascal Herlem se place au cœur du trafic symbolique canin, et puis, fort de sa culture analytique, littéraire, fort de ses capacités associatives et de son humour, il s’en donne à cœur joie, histoire de nous faire sentir en le déployant, en le décondensant, le formidable rendement de cette affaire. Il n’est donc manifestement pas question ici d’une critique littéraire « savante », qui, « d’en haut », dépècerait, en la réifiant, l’œuvre ; ni d’une critique psychanalytique qui prendrait l’auteur pour objet. Pascal Herlem nous propose une critique littéraire psychanalytique qui, mettant le contre-transfert (ou « contre-texte », selon le concept d’Anne Clancier) du lecteur au cœur de sa démarche, ouvre, déploie et joue du sens qu’elle rencontre, en se laissant traverser par lui. C’est une critique éminemment ouverte à ce qui, dans la littérature, est du côté de « solutions de langues » inédites. Il me semble au fond que Pascal Herlem n’est pas très loin ici de la pensée d’un Georges Steiner, pour qui une critique littéraire authentique produit une autre œuvre littéraire - qui lui réponde.
S’il fallait n’en retenir qu’un, nous inviterions le lecteur (sans le sou, trop paresseux ou surchargé de lectures en cours) à, au moins, s’attarder sur le cas du chien Dakota (et de son maître, Blondel). C’est notre préféré, c’est aussi celui sur lequel Pascal Herlem s’attarde longtemps. Disons-le sans détour : l’acharnement, la fougue investigatrice dont fait preuve l’auteur au sujet de Dakota ne va pas sans évoquer un texte majeur de notre littérature analytique. Sachez seulement, à titre d’indice, que l’enquête en passe par une interprétation/construction de la scène primitive, « hybridation de cauchemar », de Dakota ; qu’à partir de là, Pascal Herlem va nous faire saisir, avec maestria, en quoi les signifiants qui déterminent Dakota le condamnent à faire office de « station d’épuration psychique » de son maître, l’infaillible (et néanmoins imbuvable) Blondel ; qu’enfin il sera question d’une ultime variation d’identité de Dakota, en lien avec « une des plus grandes énigmes de l’univers romanesque d’Echenoz » : Titov, personnage ambigu dont on ne sait finalement s’il relève de la catégorie du « presque-chien », du « sur-le-point-de-l’être-chien », du « peut-être-chien »…
Le chien, on l’aura je l’espère entendu, agence à merveille la rencontre entre Pascal Herlem et Jean Echenoz, qui est une rencontre tout à la fois amicale, festive, féconde. Et cette rencontre nous donne à lire un livre tout à fait singulier, qui vaut le détour à plusieurs titres. D’abord, parce qu’on est là en prise avec un très captivant exercice de critique littéraire psychanalytique, exercice qui répond à la conception théorique que s’en est forgé l’auteur. Ensuite parce que c’est un livre plein d’humour, souvent jubilatoire, dans lequel Pascal Herlem nous fait pleinement partager son plaisir de lecteur analyste. Enfin il nous a semblé voir s’affirmer, dans cet ouvrage, « à l’ombre » d’Echenoz, un talent d’écrivain dont on espère qu’il trouvera à s’épanouir encore, pour notre plus grand plaisir de lecteur.
HERLEM P., Transports de sens - Écrits sur Raymond Queneau, Clamecy, Éditions Calliopées, 2009

240 Pages.
Note de lecture de Mireille Fognini
Parue dans le n°202 du Coq Héron et dans le n°48 du Bulletin du IVe Groupe
Ce livre est le fruit de l’intimité d’une rencontre entre l’un des célèbres tenants de l’OuLiPo et de la ‘Pataphysique' (« science des solutions imaginaires »), l’écrivain Raymond Queneau, et l’un de ses lecteurs attentifs et passionnés, le psychanalyste Pascal Herlem.
Quel titre déjà ! Tout foisonnant lui-même de transports et de sens… pour nous propulser d’emblée dans une polysémie métaphorique et métonymique. Après une préface convaincue de Claude Debon, et l’introduction étayée de Christine Méry, l‘ouvrage rassemble en une dizaine de chapitres diverses explorations de Pascal Herlem (dont celle « des ellipses à foisons » parue dans « Le divan à plumes » n° 130-131 du Coq Héron), au creux de l’œuvre, la vie et la personnalité de Queneau. L’ouvrage se clôt en un bref épilogue sur l’évocation en parallèle, de l’asthme de Queneau et de son nouveau concept d’ « ontalgie », « maladie dont on connaît le nom mais (dont) on ne vous guérit tout de même pas ». Une maladie résume P. Herlem, qui dans sa forme « non pathologique, est inhérente à la condition humaine de base, intrinsèque à la profondeur de l’âme humaine où cohabitent tant bien que mal les représentations et les éprouvés liés au corps (ses maladies), à la croyance (ses idoles), aux systèmes de pensées (leurs idéologies), au désir (ses objets), etc. Enlevez l’ontalgie et tout s’écroule ! » En effet son amplification pathologique avec l’angoisse, « loin d’invalider l’homme, (…) établit au tréfonds de son être la source intarissable de sa quête de sens, le motif premier de son travail de mise-en-sens, aussi bien de lui-même que du monde, la nécessité de leur invention mutuelle. »
Une des approches intimes de Queneau (d’une valeur universelle) est ainsi mise en évidence.
Alors selon P. Herlem, moralité (oulipienne et pataphysicienne ?) de l’ouvrage : « il n’y a pas de dernier mot »… Mais avant cet épilogue, les textes développés par l’auteur autour des romans de Queneau et de son écriture, nous ont pourtant largement fait tourner, goûter, savourer la matière, les saveurs, les odeurs et efflorescences des mots en bouche. Des bouquets de mots et de sens « à foison ».
On y suit P. Herlem, dans sa lecture « contre-textuellle » de l’écriture de Queneau ayant pour lui-même intériorisé son expérience personnelle de psychanalyse en la pétrissant aux remous des intrications de ses souffrances, de son humour, de ses symptômes, de ses humeurs et de ses questions existentielles. Le chapitre des « passages secrets » nous en ouvre quelques scellés et j’en trouve l’intitulé tout à fait bien choisi lorsqu’on sait qu’en 1961, Raymond Queneau aurait défini les oulipiens comme « des rats qui ont à construire le labyrinthe dont ils se proposent de sortir. »
Bref, cet ouvrage, est l’illustration même des ouvertures de pensées offertes par les effets d’un « contre-texte » (notion superposable pour tout lecteur au « contre-transfert » dans une cure, concept inventé par Anne Clancier - elle-même exégète et amie de Queneau -). Pour le dire autrement cet essai sur Queneau ne relève pas d’une critique littéraire, ni d’un essai de psychanalyse appliquée, mais du parcours co-existentiel, d’un lecteur passionné de l’imaginaire créatif de cet écrivain, mais aussi fort attentionné à sa souffrance. Et ce lecteur psychanalyste, nous découvre sa passion de l’imaginaire et de l’œuvre de création. Mireille Fognini
Résumé : Dans son travail de pensée, l’analyste utilise la métapsychologie qu’il a élaborée au fil de son expérience théorico-clinique. De multiples éléments entrent dans la composition de cette métapsychologie, dont des modèles théoriques, des concepts, mais aussi des éléments littéraires. Ainsi l’analyste peut-il être amené à penser la clinique qu’il a à connaître au moyen de l’œuvre littéraire : l’analyste entretient avec « son » écrivain une relation de pensée, de développement d’une élaboration, de telle sorte que l’objet littéraire devient un objet psychanalytique. Raymond Queneau et son œuvre en constituent ici un exemple éprouvé.
Mots clés : métapsychologie, objet littéraire, objet psychanalytique, penser la clinique, Raymond Queneau, ontalgie, Jean-Paul Valabrega
Résumé : Dans le champ de la critique littéraire, la psychanalyse introduit une nouvelle dimension, une autre façon de lire. Les travaux de Freud mettent en évidence les processus inconscients à l’œuvre dans certaines créations littéraires, cherchent à comprendre l’implication de l’inconscient dans l’élaboration de l’objet littéraire et de l’objet d’art en général, et interprètent les enjeux inconscients de l’auteur inscrits dans son œuvre : ces travaux inventent une lecture nouvelle de l’objet littéraire, de l’objet d’art, ils ouvrent des voies nouvelles tout en se heurtant aussi à des limites, des résistances qui sont celles de Freud. Les relations ultérieures entre la critique et la psychanalyse sont multiples et complexes, aussi bien en raison de la résistance de la critique à la psychanalyse que de celle de la psychanalyse aux nouvelles créations de l’art. Ces relations font l’objet d’une réflexion, d’une interrogation progressive pour tenter d’aboutir à une position renouvelée de la critique psychanalytique à l’égard des objets littéraires et des objets d’art : une position qui parviendrait à considérer la psychanalyse ailleurs que l’art, mais sur un même plan culturel, antagoniste parfois, renonçant certes à la prétention d’une quelconque supériorité. Il s’agirait de montrer en quoi psychanalyse et art peuvent parler ensemble sans que l’un cherche forcément à être au-dessus de l’autre.
Mots clés : critique littéraire, psychanalyse, processus de création, art, résistance, objet d’amour
Résumé : Selon Freud, le traumatisme psychique est essentiellement d’ordre économique : un excès d’excitation envahit et déborde la psyché. Avec Ferenczi, le modèle économique est développé d’après la clinique des problématiques traumatiques liées à la séduction abusive. Le concept de « langage fondamental », introduit par Piera Aulagnier, permet de mettre en évidence l’impact identificatoire du traumatisme, et la clinique des effets pathogènes des expériences de séduction subie conduit à évoquer la notion de « contrefaçon du langage fondamental ». Outre la dimension économique, est impliquée la fonction identifiante de la parole, qui nomme les affects et ce faisant identifie les sentiments : le sens qui s’attache à l’éprouvé est atteint par le traumatisme lié à la séduction abusive.
Mots clés : Traumatisme, Séduction abusive, Économique, Langage fondamental , Fonction identifiante, Parole, Affect, Sentiment, Contrefaçon
Résumé : Le propos de ce texte est d’aborder le « travail » selon deux points de vue articulés entre eux, celui de l’étymologie du mot « travail » lui-même et celui de la transmission à l’infans, par la mère, de la nécessité du travail psychique. À la notion de commencement s’intègre celle de transmission pour amener à la conception du « commencement de la transmission ». La mémoire de la langue suggère que ce commencement se fait plutôt dans la peine, mais les théorisations de Piera Aulagnier introduisent les notions de rencontre de deux psychés, celle de la mère et celle de l’infans, pour un travail commun, de telle sorte que la solitude de l’infans ne peut se concevoir autrement que pensée et travaillée par l’autre.
Mots clés : travail, détresse, solitude, mère, infans, transmission, refoulement
Résumé : En novembre 1996, Cornélius Castoriadis, philosophe et psychanalyste, a dit : « Ce qui caractérise le monde contemporain, ce sont bien sûr les crises, les contradictions, les oppositions, les fractures, etc. Mais ce qui me frappe surtout, c’est précisément l’insignifiance » ; puis : « Il y a un lien intrinsèque entre cette espèce de nullité de...
Résumé : Il est question, dans ce texte, d’une application de la psychanalyse qui fait rarement l’objet d’une élaboration tout en étant souvent pratiquée par des psychanalystes: «l’analyse de la pratique». Sont ici exposés quelques conditions de sa mise en œuvre, certains de ses enjeux, de ses repères théorico-cliniques et, enfin, quelques situations cliniques. Le but de ce travail est de présenter une façon de penser cette application de l’analyse, à partir de la définition de son objet (les transferts), de telle sorte que ce qui, là, cherche à être transmis est la position singulière à laquelle la perception de la dimension transférocontretransférentielle permet d’accéder, une dimension tierce.
Mots clés : Application de l’analyse, Analyse de la pratique, Transfert, contre-trans- fert, Temps, Incestualité, Tiers,Application of analysis, Analysis of practice, Transference, counter- transference, Time, Incestuality, Third-party.
Résumé : Ce texte concerne la « ruralité » entendue comme métaphore du corps, en regard du recueil de poèmes que Raymond Queneau a consacré à la nature champêtre, « Battre la campagne ». S'y développe l'idée d'un conflit de base entre l'esprit et la matière, la parole et le corps, la pureté de l'âme et la pulsionnalité du corps, conflit qui n'était pas étranger à Queneau. Deux tentatives de fuite hors cette conflictualité sont évoquées en leurs représentations extrêmes : la négation du corps, sa dématérialisation espérée dans la sainteté et la démarche mystique d'une part, et le clivage de la pensée dans l'idéal pragmatique de la suprématie de la chose (de la marchandise), du corps instrumentalisé, d'autre part. Pour Raymond Queneau, l'écriture représente une paix possible et les mots, des compromis acceptables par les deux parties en présence. Mots clés : nature – pulsion – âme – corps – conflit – clivage – parole – écriture .
Résumé : Les changements socio-économiques contemporains ont modifié certaines représentations, certains idéaux soutenus par le «discours de l’ensemble», singulièrement ceux de la relation à l’objet, de l’investissement d’objet et de sa durée, de son sens. Ces modifications touchent donc à l’économie libidinale et à ses figurations culturelles, imaginaires et symboliques. Un questionnement s’ouvre ainsi sur les risques d’un processus de désymbolisation, les cliniques contemporaines, entre manie et mélancolie, l’amour de transfert et la pratique analytique.
Mots clés : Discours de l’ensemble, Investissement d’objet, Modification des idéaux, Désymbolisation, Amour de transfert, Pratique analytique,Togetherness ideas, Object Investment, Ideal Modification, De-symbolisation, Love in Transference, Analytical Practice.
Résumé : Tenant lieu de contribution au débat autour de l’ouvrage de Sophie de Mijolla-Mellor, ce bref écrit veut souligner l’originalité de la notion d’histoire telle que l’entend Piera Aulagnier. Loin de l’anamnèse, de la chronologie, de la biographie ou des mémoires, l’histoire prend le sens d’ »histoire libidinale » et, associée aux concepts d’ »historisation » et d’ »historien », l’histoire devient une fonction du Je à part entière et accède à un statut métapsychologique. Cette conception est propre à Piera Aulagnier et se révèle d’un usage très fructueux dans la pratique analytique.
Résumé : Cet article relate la construction d’une pratique groupale spécifique avec de jeunes adolescents caractériels. Le médiateur utilisé est le cinéma (personnages et actions en constituent le scénario, tandis que la vidéo en est le support technique), mais l’essentiel du travail thérapeutique groupal se déroule au cours du processus de construction du scénario. Le cadre de cette pratique s’est élaboré progressivement, en prenant d’abord appui sur un modèle de compréhension de la problématique psychopathique et de son rapport au théâtre.
Résumé : Ce travail consiste pour l’essentiel à exposer de manière claire la théorie freudienne de l’humour, construite en deux temps cohérents, 1905 et 1928. ette théorie est ensuite illustrée dans l’œuvre de Queneau par quelques exemples d’un thème traité sans humour, en 1937, puis avec humour, en 1959.
Résumé : Confronté à l’apprentissage de la langue écrite, l’enfant a à « inventer » la lecture : cette « invention » est relative à la structure de son objet, à savoir une structure combinatoire qui est à l’origine même des premières écritures phonétiques, l’écriture cunéiforme par exemple. D’autres « lectures », celle des hiéroglyphes par Champollion, celle de l’hystérie de conversion par Freud, montrent ce qu’implique l’acte de lire du point de vue de la problématique oedipienne, des renoncements et des bénéfices auxquels elle conduit. La démarche de certains poètes illustre ce rapport à la lecture et à l ‘écriture, rapport comparable à celui du signe primaire et du signe secondaire, tel que le théorise Piera Aulagnier.
Résumé : Après un aperçu historique indispensable, nous découvrons avec Jean-Martin Charcot la réhabilitation de l’hystérie comme objet possible de la connaissance, avant d’effectuer, avec Sigmund Freud, le pas décisif conduisant à l’intérieur même de l’hystérie pour en découvrir la structure. Mais l’hystérie actuelle ouvre à de nouvelles voies de recherche, qui sont fructueuses : ce sont les thèmes de la séduction, du traumatisme psychique, de la conversion et de l’identification. S’il est ici question de pathologie, il y a lieu de considérer l’hystérie comme un aspect parmi d’autres de la condition humaine – et pas seulement comme une « maladie » -, c’est en effet à travers la manifestation pathologique que se montrent amplifiés et fixés les éléments constitutifs de l’âme humaine.
Résumé : Ce travail montre comment Queneau veille à construire des romans qui comportent une épaisseur, une tierce dimension à l’intérieur de laquelle le lecteur a le loisir de pénétrer : de cette manière, l’écrivain stimule le désir de savoir du lecteur, de même que sa résistance. Dans ce sens, la notion d’ »intériorité » permet de montrer les liens existant entre la découverte de l’inconscient par Freud et le travail littéraire propre à Queneau.
Résumé : Résumé : « C’est cela qui compte : la dynamique entre la raison et la déraison, la raison et la passion, le savoir et l’inconnu, le conscient et l’inconscient, autrement dit le lien qui unit et sépare à la fois l’homme de lui-même. De cela, Queneau a une expérience personnelle, puisque cette capacité de liaison, il l’a acquise, lentement, en analyse pour d’encyclopédiste devenir ellipsopédiste, c’est-à-dire opérer une transformation de l’usage : la fonction de l’encyclopédisme n’est plus la même qu’auparavant – seulement défensive – et devient une fonction vivante et créative, si différente qu’on peut la reconnaître sous le nom d’ellipsopédisme ». Ce travail cherche donc à mettre en évidence le décentrement, l’ailleurs, l’autre en soi contre lesquels Queneau avait à se défendre, et qu’il est parvenu non seulement à tolérer grâce à une analyse personnelle mais aussi à intégrer dans son œuvre littéraire, qui pourrait être placée sous le signe de l’art de l’ellipse.
Résumé : Cette étude, d’inspiration psychanalytique, fait apparaître ou tente de le faire, la façon dont Queneau construisait ses romans de telle sorte que plusieurs lectures cohérentes en étaient possibles. Ces lectures multiples, d’un même objet, s’appellent des interprétations : on voit ici comment elles sont potentiellement présentes et argumentées dans le roman de Queneau, « Un rude hiver ». L’auteur y décrit simultanément au moins deux expériences, son analyse personnelle d’une part, et sa rencontre avec Alexandre Kojève interprétant Hegel d’autre part.
Résumé : Ce texte correspond à une lecture psychanalytique du roman de Queneau « Pierrot mon ami » : ainsi apparaît une logique onirique, de déplacement et de condensation, mais, surtout, la structure elliptique de l’architecture du roman, fondé sur la notion d’une absence et de la défense contre les affects suscités par cette absence. Autrement dit, ce roman comporte la description de la dynamique d’un travail de deuil.
Résumé : Cet ouvrage établit un catalogue exhaustif de toutes les odeurs contenues dans l’œuvre littéraire de Raymond Queneau. De cet état des lieux odoriférants se dégagent quelques hypothèses d’inspiration psychanalytique ayant pour but d’éclairer certaines significations peu visibles ou masquées, de révéler le sens de certaines odeurs récurrentes.
Résumé : Ce petit article prend pour objet le « français parlé » tel que Raymond Queneau le transcrit dans certaines de ses œuvres. Ainsi : « Paul aussi l’a cru » devient « Polocilacru ». Cette transcription singulière est alors examinée selon d’audacieuses hypothèses psychanalytiques, où la sexualité occupe une large place .
Résumé : Cet article traite des rapports entre la création littéraire et les enjeux autobiographiques – en particulier chez Raymond Queneau. Ne note-t-il pas en effet dans son « Journal », en 1932 : « Début psychanalyse et début littérature » ? Il avait 29 ans.
2 Pages.
Présentation : Il me faut vous faire part d'un certain nombre de choses avant de vous présenter brièvement ce que développeront ensuite chacun d'entre ceux qui avec constance ont participé aux travaux de ce groupe de travail.
34 Pages.
Présentation : Ma démarche est ici comparable à celle qui, dans la pratique analytique, consiste à interroger le choix d’un prénom, c’est-à-dire ce qui en a déterminé l’arrêt. Cette curiosité met souvent en oeuvre, dans le processus analytique, un travail de décondensation, la découverte d’un déjà-là conduisant l’analysant à se réapproprier certains signifiants, quelque signification du désir parental dont il a à hériter. La fonction historienne du Je, élaborée par Piera Aulagnier, trouve ainsi matière à étendre le savoir dont le Je dispose de lui-même.
15 Pages.