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BARREAU J-J., Freud et la métaphore ferroviaire - Nous pratiquerions ensemble l'art de voyager, Paris, Editions In Press, 2007
Le train occupe une place singulière dans la vie de Freud. Place à part, car son œuvre s'est élaborée avec les débuts de l'ère industrielle et l'avènement du chemin de fer. D'emblée, cette machine qui vous emporte, modifiant la perception de l'espace et du temps, le fascinera jusqu'à l'angoisse. C'est au cours de son voyage en train en Italie, en 1897, que Freud repensera les fondements de la théorie psychanalytique. Voyage au cœur de l'art qui va le conduire au cœur de l'inconscient. Il utilisera le train pour présenter la méthode et le dispositif analytiques, comparant la cure analytique au voyage en train, l'espace analytique au compartiment, l'association libre au paysage qui se déroule et se transforme à sa fenêtre : la " métaphore ferroviaire ", si féconde dans l'œuvre de Freud, est née. L'art et le train constituent, l'un comme l'autre, le véhicule et la voie du transport vers l'inconscient. En fin de compte, cet art de voyager, qui tient lieu d'art de psychanalyser, Freud le pratiquera jusqu'à sa mort, installé avec ses patients comme dans un compartiment de chemin de fer, écoutant décrire le paysage qui défile à la fenêtre. Un livre puissant, dense, lumineux, une invitation au voyage qui nous conduit aux prémices de la psychanalyse et qui nous fait découvrir Freud tel que nous ne l'avons jamais vu.220 Pages.
Résumé : Cet article est paru dans l'ouvrage collectif "L'esprit d'insoumission".
(Présentation détaillée en cliquant sur le lien )

Résumé : Dans la métaphore qu’il utilise en 1913, Freud énonce la règle fondamentale sous la forme d’une invitation au voyage qui articule, comme je l’ai développé dans mon livre Freud et la métaphore ferroviaire, la technique, l’éthique et l’esthétique psychanalytiques au désir de Freud et à son autoanalyse. Dans cette métaphore, le paysage, par sa description, ne se donne pas à la vue, mais résonne à l’oreille. L’œil écoute, l’oreille voit, et la parole adressée dans le transfert porte la marque d’un visuel et d’une plasticité du psychique que Freud a cherché à définir tout au long de son œuvre. La dérivation du désir de voir en désir d’analyse conduit à la conceptualisation d’un visuel qui s’arrache du visible comme sa forme non spéculaire, irruptive, traumatique et processuelle, pour déboucher sur une théorie freudienne de la figurabilité.
Mots clés : Règle fondamentale, Désir de l’analyste, Désir d’analyse, Pulsion sco- pique, Pulsion de recherche, Métaphore, Technique, Éthique
Résumé : "Ce n’est point chose facile, en effet, que de jouer de l’instrument psychique" exposait Freud, en 1904, lors d’une conférence faite au Collège des médecins de Vienne. Pour travailler son instrument, il n’y avait alors, pour l’analyste, d’autres voies que celle de l’autoanalyse puis de l’analyse dite « didactique ». La pratique des cures dites « contrôlées » viendra ensuite, après la fondation de la policlinique psychanalytique de Berlin en 1920. Dès lors, cette pratique occupera une place toujours plus importante dans la formation des psychanalystes et dans la transmission de la psychanalyse. (...)
Résumé : Il s’agit de dégager une conception freudienne de la causalité psychique comme frayage, comme chemin ouvert sur la possibilité de l’événement, à partir de ce que je décris comme le processus d’élaboration psychique qui conduit à transformer le trauma en événement psychique. Processus qui répond à ce « véritable besoin du Moi en représentations » dont parle Freud et qui s’apparente à celui qui est décrit dans la cure de « l’homme aux loups » dont le rêve princeps est événement en tant qu’il est l’élaboration psychique d’une première scène dite traumatique et traumatisme dans la mesure ou il appelle une nouvelle élaboration psychique, un autre mouvement d’après-coup qui sera celui de l’analyse. La métaphore photographique utilisée par Freud est alors appropriée à la description de ce processus dans la mesure où le cliché développé serait lui-même le négatif d’un développement à venir.
Mots clés : Traumatisme, Événement, Réalité, Causalité psychique, Inscription psychique, Frayage, Après-coup, Trauma, Event, Reality, Psychic causality, Psychic inscription, Facilitation, Deferred action, Story.
Résumé : «L’amour est le mal du pays». En reprenant, dans Malaise dans la culture, cette «plaisanterie», Freud articule l’amour à la nostalgie du ventre maternel et au fantasme du paradis perdu recouvrant de son voile l’impossibilité de l’unité narcissique et la radicale altérité de l’autre sexe. L’amour est-il du même ou de l’autre? Est-il conservateur ou porte-t-il en lui une puissance de transformation? Freud est resté nostalgique des paysages fleuris de Freiberg, sa ville natale, associés à l’amour d’une jeune mère et à la sexualité infantile. Il y retourne chaque fois que son amour, qui se tourne rapidement vers la recherche et la psychanalyse, le conduit aux portes de l’incertitude. Car l’événement de l’inconnu n’est possible que sur ce fonds de mémoire, source des représentations de désir et garantie d’une permanence identificatoire.
Mots clés : Amour – Mort – Nostalgie – Narcissisme – Altérité - Amour de transfert. Love, Love of Self, Passion, Otherness, Mystic Love, Melancholy, Narcissism.
Résumé : La psychanalyse fait ses premiers pas à travers les paysages d’un monde bouleversé par une invention technologique majeure, le chemin de fer, qui, avant d’être un événement historique, est un véritable traumatisme affectant les catégories de l’espace et du temps. Nouveau moyen de transport, le train se prête à tous les transports et Freud, grand voyageur souffrant d’une phobie du train, utilise à plusieurs reprises la métaphore ferroviaire pour parler du temps de la cure. Mais, c’est en 1913 que la métaphore ferroviaire, utilisée pour énoncer la règle fondamentale, déploie toute sa puissance d’évocation pour exposer le dispositif analytique. Avec le défilé du paysage où chaque plan découpé par la fenêtre en chasse un autre, la métaphore ferroviaire articule le temps, l’espace et la mémoire. Le paysage vu du train se donne et se retire, comme l’inscription sur le « bloc magique », selon le travail rythmique des investissements dans le système perception-conscience que Freud considère « à la base de l’apparition de la représentation du temps ». Le dispositif analytique, avec la règle fondamentale de la libre association, selon le modèle du paysage découpé par la fenêtre d’un compartiment de chemin de fer, convoque d’emblée la dynamique du transfert et de la résistance comme le chemin détourné (umwege) nécessaire à la levée du refoulement. La scène primitive de la psychanalyse se découpe dans l’encadrement de la fenêtre d’un compartiment de chemin de fer qui apparaît comme un point de fuite de ce qui se dévoile à l’intérieur du compartiment.
Mots clés : Train, Temps, Transfert, Traumatisme, Deuil, Règle fondamentale, Dispositif analytique, Train, Time, Transference, Trauma, Bereavement, Basic rule, Analytical set up.