Bibliographie

Guy ROGER

 

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Ancien Président du Quatrième Groupe de Mars 2003 à Janvier 2006.

 

 

Livres

 

ROGER G., Itinéraires psychanalytiques, Paris, Études psychanalytiques, L'Harmattan, 2008
ROGER G., Itinéraires psychanalytiques, Paris, Études psychanalytiques, L'Harmattan, 2008

 

Je souhaite faire partager au lecteur l’enthousiasme que j’éprouve depuis tant d’années pour ce qui demeure, à mes yeux, une aventure humaine incomparable et, indirectement une thérapeutique sans égale. J’utilise le terme indirectement car, dans le cas les plus favorables, le patient découvrira que les portes qu’il s’interdisait de franchir étaient déjà ouvertes. 
Faire une analyse, c’est avant tout une expérience affective et non, comme les résistances incitent bon nombre de postulants, maîtriser des notions théoriques. 
Tout au long de ces itinéraires parcourus sans balise Argos, j’ai accompagné des hommes et des femmes emprisonnées dans diverses organisations psychopathologiques. Leur ancrage dans un présent auquel elles donnaient une dimension anachronique a permis de les identifier et de les inscrire dans une histoire. 
Si la psychanalyse paraît en rupture avec notre société, elle demeure l’un des derniers champs interrogeant la condition humaine.

210 Pages.

Soirée signature et rencontre avec l'auteur à Lyon le 27 novembre 2008 à la librairie A plus d’un titre 4 Quai de la Pêcherie 69001, à partir de 18h.

Débat autour du livre et signature de l'auteur à Paris le 14 mars 2009 de 14h à 18h



Débat avec Guy Roger à propos de son livre "Itinéraires Psychanalytiques",l'Harmattan, 2008 discutants: Jean-Jacques Barreau, Robert C. Colin et Francis Drossart
Guy Roger avait convié Nathalie Zaltzman à discuter son livre en mars, et il a préféré reporter ce débat de plusieurs mois. Il aime rappeler cette dédicace de Nathalie Zaltzman: "Au psychanalyste et funambule, François Perrier, tel qu'il l'exerçait, tel qu'il enseignait de l'exercer: sans filet.", dédicace que l'on trouve dans " La guérison psychanalytique".
Tout voyage n'est pas exempt de risques, et nous vérifierons au cours de cet après midi à la Schola Cantorum que psychanalyse, aventure et voyage vont ensemble. Empruntons , pas à pas, les multiples chemins associatifs et de réflexions qui se sont entrecroisés: Nous sommes revenus vers le pays de l'enfance (comment rester enfant ?), avons parlé de l'amour et de la séduction, nous sommes arrêtés devant quelques balises, (la statue du Commandeur du Dom Juan de Molière), avons rencontré l'énigme du féminin, les figures du père et ses transformations qui altèrent sa fonction, avons abordé la question controversée de la sublimation; un peu plus loin, nous avons aussi croisé un Narcisse immobile dans un paysage parfait dépeint par Robert Colin, et une Melle de Vinteuil, personnage proustien de "La recherche" présentée par Francis Drossard en contrepoint de la chanteuse Barbara , auteure de l'Aigle noir à qui Guy Roger consacre un chapitre de son livre.
Son livre, Guy Roger a choisi de ne pas le présenter, et c'est Jean-Jacques Barreau qui a accompli cette tâche, en faisant ressortir l'esprit et les points essentiels. Il a discuté quelques points précis de cet ouvrage qui reprend des travaux écrits entre 1997 et 2007. Nous résumons son exposé qui nous servira de fil rouge, et nous lui intégrerons les discussions auxquelles nous fûmes nombreux à participer.
La métaphore principale du livre est celle du voyage maritime. Jean-Jacques Barreau remarque l'importance et, le nombre des compagnons de voyage, et il en fait le recensement: les écrivains, les psychanalystes, les peintres, les auteurs-compositeurs, les dramaturges, les cinéastes. Mais la pratique de l'analyse, malgré l'entourage, les amis, les références, les institutions, confronte à la solitude. Le psychanalyste est un navigateur solitaire qui ne dispose pas de balise Argos, nous dit Guy Roger. Jean-Jacques Barreau fait une première halte à cet endroit. Il nous rappelle que le mot "balise" vient du latin "palus", c'est-à-dire "pieu". "Le phallus, balise pour la navigation en eau psychanalytique.", complète-t-il, avant de jouer avec l'autre sens de balise, venu du langage populaire: "baliser" en langage populaire, c'est avoir peur…quand les balises viennent à manque
La fonction paternelle occupe un long développement, articulée à la question du féminin, à celle de la traversée incertaine de l'Œdipe, à la flambée amoureuse. Dom Juan, qui défie le père et Dieu, est celui qui évite la castration, et il est clair qu' "à travers les femmes, c'est l'image paternelle qu'il sollicite ". Mais de quel père s'agit-il ?
La mort, l'enfer et le feu se rejoignent, et l'on hésitera ensuite dans la discussion générale sur l'analyse de cette condensation et sur la place de la fonction paternelle dans ses dimensions réelle, symbolique et imaginaire:
- S'agit il d'une représentation du désarroi infantile (c'est ainsi que je traduis de l'allemand "Hilflosigkeit"), adressé au père, et pas à la mère, très lointaine, voire absente dans la pièce de Molière, tant comme mère que comme épouse ?
- Jean-Jacques Barreau propose qu'au lieu de l'appel "Père pourquoi m'as-tu abandonné ?" l'on pourrait entendre "Père, ne vois tu pas que je brûle ?" Nous pourrions, après coup, associer aussi sur l'"Erlkönig" de Goethe, et sur l'enfant fébrile, dans les bras de son père, tenté sexuellement par le Roi des Aulnes.
- Ou bien, l'errance de Dom Juan relèverait des pulsions anarchistes. Pour Nathalie Zaltzman, elles sont vitales quand se dévoilent des représentations à la limite du monde des vivants et des morts, Elles permettent au sujet d'échapper à un danger mortifère que le complexe de castration ne saurait circonscrire, pas plus que le complexe paternel ne saurait le baliser. Dans le processus analytique, il est vital selon elle de ne pas camoufler ces représentations des pulsions de mort par de la libido, fût-elle narcissique, ou par la l'enfouissement de ces représentations sous de nouvelles liaisons. En suivant cet itinéraire, il s'agirait pour Dom Juan d'échapper à une catastrophe identitaire en fuyant l'engagement et la captivité. Dans la scène finale, le défi au père, au Dieu, à la mort, tiers ultime, viendrait se substituer aux interdits qui auraient enfermé Dom Juan dans des obligations d'amour délétères, "les prisons d'invention". Cet enfermement serait la conséquence de l'incapacité du père réel à renoncer au pouvoir imaginaire que l'enfant prête à la figure du père de l'identification primaire.
- Ou enfin, la scène finale, n'est plus la représentation de la mort, mais celle d'une rencontre avec l'embrasement du gouffre féminin, main dans la main avec le Commandeur, représentation d'une scène primitive triangularisée. Même si cette version d'un nouveau voyage, qui s'engage sous les auspices d'une union homosexuelle, n'est pas dénuée de perversion, on voit que le spectre de la mort y est repoussé, encore une fois. Dans sa mise en scène, Roger Planchon avait représenté Dom Juan emporté par un groupe de femmes. Il avait trahi Molière qui avait écrit la mise à mort de Dom Juan par le Commandeur, mais n'avait-il pas découvert un sens caché du mythe de Dom Juan ?
En discutant, nous avons collectivement recréé une nouvelle pièce de Dom Juan, où le père réel est représenté par la statue du Commandeur, qui se met en mouvement pour emmener Dom Juan à la conquête du continent noir… Cette interprétation rejoignait selon moi un autre mythe, dont il ne fut pas question cet après midi là, celui de Thésée, grand voyageur sur terre et sur mer, grand séducteur, enclin à défier les monstres, les puissants, dont son père qu'il fit se précipiter dans la mer qui portera son nom, avant de devenir respectable et de recevoir Œdipe exilé, qui disparaîtra sous ses yeux, lui aussi dans un embrasement.
En somme, quels labyrinthes emprunter pour garder vivant l'enfant en soi et ne pas souffrir excessivement de nostalgie, quels chemins de traverse pour ne pas trop mal vieillir, comment flâner pour ne pas mourir avant l'heure ? Nombreux sont les itinéraires et la psychanalyse est un art du détour.
Cet exercice de création nous a conduits à la sublimation, un autre thème cher à Guy Roger.
Selon lui, l'acte créateur contient une composante antisociale et libertaire: Transgression de la nouveauté, expression d'une vérité inouïe, deux caractères qui vont choquer, et pas seulement les conformistes. Plus tard, éventuellement, le créateur aura contribué au lien social à partir de matériaux inélaborés et non liés. Cette question sera débattue abondamment pour situer la sublimation du côté du masculin ou du féminin. Si l'on considère, selon la position freudienne que le potentiel créateur permet de tuer le maître, ne risque-t-on pas de confondre pénis et phallus dans une telle conception? Les hommes se sont appropriés le symbole et la culture. C'est un fait historique dont nous sommes en partie dégagés.
Alors, pourquoi en passer par cette théorisation, pourquoi suivre Freud, et placer la métaphore du côté du père, et la métonymie du côté de la mère ? Cela ne clarifie pas la question, même en utilisant le vocabulaire structuraliste. Métaphore et métonymie sont des déplacements, introduisant de l'autre. Ainsi, le différentiel métonymique est engagé par la mère; par exemple, l'objet transitionnel qui est un autre de la mère. La métaphore introduit à la différence des sexes. Et Guy Roger d'énoncer que la fonction paternelle peut être assurée par une femme, autrement dit que la transmission des symboles ne dépend pas des choix d'objets.
Selon lui, au sujet de l'adoption d'un enfant par un couple homosexuel, la loi française actuelle se fourvoie. Selon Guy Roger, la psychanalyse est pour l'analysant une aventure affective et non pas intellectuelle. Les analystes veulent paraître sérieux et font croire qu'ils s'intéressent doctement aux choses nobles. Qu'en est-il de leurs émotions ? Dans l'expérience de la cure, la compréhension métapsychologique sert de balise. Mais dans l'expérience esthétique, l'émotion n'est pas maîtrisée, ou bien pas par tous les analystes. Tous ne sont pas capables de décortiquer une pièce de théâtre en sortant d'une représentation bouleversante.
Une question directe vient alors de la salle, parlant franchement de l'excitation en psychanalyse: Pourquoi le processus créateur fait-il bander les analystes? Ce qui se passe sur la scène artistique, celle du théâtre, rejoint très difficilement la vie réelle. Ce plaisir, les analystes ne le prennent-ils pas aux dépens des artistes, sujets qui expriment plus librement que d'autres leurs pulsions partielles au travers de l'acte créateur ? Est évoqué Antonin Artaud, "victime" des psychiatres et/ou psychanalystes, créateur vampirisé par la psychanalyse. En fait les psychanalystes sont interrogés par les artistes qui relancent pour eux la question du sens. Assez classiquement, ajouterons nous, à la demande d'amour de l'analysant, l'analyste répondra par la recherche de la vérité du sujet (cf. Sophie de Mijolla-Mellor). Le plaisir de l'analyste n'est pas érotique, mais narcissique. Néanmoins, quand des enjeux vitaux sont engagés, par les artistes comme par certains analysants, la cure analytique ne permet pas toujours de comprendre les effets des affects, ni de dégager les voies de la sublimation: les actes créateurs sont aussi des symptômes, comme les rêves, les contes et les mythes et ne sauraient être repris intellectuellement.
Francis Drossard reprendra la métaphore du voyage, mais pour s'intéresser aux embarras de la circulation sur les chemins analytiques: la tentation de l'objectivation qui peut conduire à l'intérêt pour les objets au détriment de l'attention aux rapports entre les objets et entre les instances psychiques. Il évoque aussi l'arrêt en cédant à la tentation du narcissisme, qui rend immobile, comme Narcisse qui se mire dans l'eau, immobiles l'un et l'autre. Ô temps suspend ton vol !
Francis Drossard extrait de "La recherche du temps perdu" - roman-fleuve s'il en est - un personnage, Melle de Vinteuil, qu'il présente comme l'envers de Barbara. Proust dépeint en Vinteuil un père parfait, veuf par surcroit, père d'une fille qui va choisir le lesbianisme. Ce personnage représente pour le narrateur une identification narcissique: il admire sa musique. Dans une scène dramatique, la fille crache avec son amie-amante sur le portrait de son père, et elles insultent "le vieux singe". Melle de Vinteuil détruit l'image paternelle et même la musique vole en éclats pour le spectateur caché de cette mise à mort. Il est probable que Melle de Vinteuil fut "incestuée". Si Melle de Vinteuil déconstruit l'image paternelle, la chanteuse Barbara a réussi en revanche à reconstituer une image paternelle qui endosse les registres réel, symbolique et imaginaire, et elle a retrouvé en elle un désir qui n'est pas innocent – il faudrait là reprendre le poème mot à mot –. Barbara, empruntant la voie de la sublimation a transformé le rêve en poème-chanson.
Robert Colin s'est arrêté à un point précis de l'itinéraire, le narcissisme, à partir duquel il a bifurqué vers la lecture des Métamorphoses d'Ovide. Il nous a décrit le tableau parfait d'un paysage bucolique et ordonné autour d'une fontaine dont rien ne saurait troubler la pureté. Que dissimule cette perfection ? Le trouble aurait pu venir de l'altérité, de l'impureté des mouvements pulsionnels. Narcisse, accroupi, se défend-il vraiment des pulsions passives ? Narcisse est-il affranchi de l'angoisse de castration pour exposer ainsi son corps ? Narcisse asexué, ni homme ni femme… inapte à la bisexualité psychique donnerait raison à Freud pour qui le plaisir passif est redouté tant par les hommes que par les femmes. Robert Colin se demande si Narcisse ne serait pas le prototype du conformiste, celui qui ne se dégage jamais du contrat narcissique établi pour lui par sa mère ? Mais alors, ne devant pas se regarder dans le miroir, au risque de mourir selon la prédiction de Tiresias, qui s'y connaissait en bisexualité, il se prive du regard d'autrui, constitutif du sujet.
Nous quittons le paysage enchanteur des Métamorphoses, faisant tomber le masque de la beauté. Car derrière le beau, il y a le terrible, l'inquiétant; et aussi la quête épistémophilique – le conflit esthétique selon Meltzer: "Est-ce-que c'est si beau à l'intérieur" – ; ou encore la chute – le croupion du paon qui fait la roue et se retourne –.
Impureté et transgression sont inquiétantes, mais sont salutaires alors que Narcisse, immobile, anorexique et insomniaque reste prisonnier d'une pulsion de mort pour la mort. Se repose à nous la question de la création comme transgression, venue des pulsions partielles, déconstruction violente, voire meurtrière. Cette question nous retiendra jusqu'à la fin de nos débats. Introduire du nouveau rompt avec l'ordre établi, avec les théories en science et l'académisme en art. Galilée, Newton, Picasso étaient en rupture avec le symbolique de leur époque – idem pour Darwin et Freud –. Les psychanalystes, qui s'appuient sur le retour à l'enfance, doivent intégrer la transgression fantasmatique des tabous fondateurs, ceux du meurtre, de l'inceste, et du cannibalisme.
L'acte créateur, violent, est une conquête, une recréation dynamique après destruction d'un ordre antérieur ainsi que l'avancent aussi bien F. Nietzsche que S. Spielrein. Il nécessite un travail des pulsions de mort au service de la vie. Les transgressions des créateurs, ne sont donc pas des passages à l'acte arbitraires mais une reconquête de la sublimation.
Il semble bien que l'Homme ait besoin de ces espaces de fiction et d'invention quand le processus refoulement – levée du refoulement ne suffit pas. L'accession au symbole ne peut alors se produire que par une rupture afin de dépasser la situation de crise: un acte d'auto-engendrement dans le domaine de l'art ou de la science. A ce point nous trouvons le travail de culture (Kulturarbeit), à distinguer de la civilisation.
Les échanges très vivants ont été nourris par les interventions spontanées de Gérard Bazalgette, Bernard Defrenet, Brigitte Dollé-MonglondJanine Filloux, Marie-Claude Fusco, Jean-Pierre Kameniak, Ghyslain Lévy, Marie-Thérèse Maltèse-Milcent, Berta Roth. Cet après-midi de débats aura montré que parcourir et discuter les "Itinéraires Psychanalytiques" de Guy Roger invite à explorer les terres inconnues de la psyché: "Terres vierges" comme disent les explorateurs…
Eric Julliand

 

 

ROGER G., Le Père. Figures et réalité, Sous la direction de GUILAUMIN J. et de , Le Bouscat, Perspectives Psychanalytiques, L'Esprit du Temps, 2003
ROGER G., Le Père. Figures et réalité, Sous la direction de GUILAUMIN J. et de , Le Bouscat, Perspectives Psychanalytiques, L'Esprit du Temps, 2003

 

Qu’est-ce que le père ? C’est d’abord une fonction et une place, celle que lui a longtemps donnée notre culture. Où commence-t-elle, où finit-elle ? Le père est aujourd’hui une sorte de manque, de vide dépressif contemporain, d’où semblent s’originer toutes les violences ; et puis il y a le fantasme, ou plutôt la fantaisie de la mort du père, qui abolit le temps, comme une séquelle de la mort de Dieu. Le « trop » ou le « pas assez » de père occupe la pensée collective, de l’histoire à la sociologie. Tout cela intéresse directement la psychanalyse dans la mesure où elle interroge l’inconscient et son destin collectif. Mais pour la psychanalyse, pas d’autre voie de lecture que de confronter la clinique individuelle à la métapsychologie freudienne du complexe du père qui nourrit chaque histoire personnelle. Cet ouvrage pose la question de la fonction et de la place du père dans notre société, non seulement au regard de la psychanalyse mais également à travers la lecture du lien social contemporain. Les auteurs : Thierry Bokanowski, Colette Combe, Paul Denis, François Duparc, Jean-Marie Fayolle-Noireterre, Jean Guillaumin, Claude Janin, Chantal Lechartier-Atlan, Guy Roger, René Roussillon

259 Pages.

 

 

Articles

 

ROGER G., Transfert et transmission, in Le Coq-Héron 200, Transfert et transmission,in Le Coq-Héron, 200 Quelle transmission en psychanalyse ?, 57 à 61, Ramonville Saint-Agne, Érès, 2010
ROGER G., Transfert et transmission, in Le Coq-Héron 200, Transfert et transmission,in Le Coq-Héron, 200 Quelle transmission en psychanalyse ?, 57 à 61, Ramonville Saint-Agne, Érès, 2010

 

Résumé : Sera abordé l’ensemble des conflictualités qui président à la construction de l’espace analytique et au développement du transfert, à la fois obstacle mais également véhicule essentiel de l’analyse. Du côté de l’analyste, je souligne l’importance de l’« oreille analytique » dans la mesure où, si elle peut se développer, elle ne surgit pas ex nihilo. La psychanalyse sert-elle à aller mieux ? Cette question parcourt les réflexions d’une grande majorité d’entre nous, y compris lorsque la transmission de pensée, en lien avec la seconde topique, vient à être convoquée.

 

 

ROGER G., La place de l’objet dans la recherche de satisfaction in Revue Française de Psychanalyse LXXIV, La satisfaction, 155 à 165, Paris, PUF, 2010
ROGER G., La place de l’objet dans la recherche de satisfaction in Revue Française de Psychanalyse LXXIV, La satisfaction, 155 à 165, Paris, PUF, 2010

 

Résumé : Lors du développement du petit de l’homme, l’apport alimentaire associera nourriture, plaisir érogène ouvrant à la vie psychique, mais également présence de l’autre. Le degré de satisfaction-insatisfaction sera en partie déterminé par les modalités du manque de cet autre: privation, frustration et castration. Tout au long de la traversée oedipienne, la confrontation à l’antagonisme narcissisme-pulsions ainsi qu’à la psycho-bisexualité influera sur le lien entre troubles identitaires et insatisfaction: le dernier film de Woody Allen, Vicky, Cristina, Barcelona, en donne une représentation saisissante. En faisant de la satisfaction immédiate son objectif prioritaire, notre époque ne favorise-t-elle pas une forme de résurgence de la horde sous la houlette d’une “Urmuter” ayant endossé l’habit de l’Urvater?

 

 

ROGER G., La psychanalyse demeure-t-elle pertinente de nos jours? in Topique 108, Histoires de patients, 181 à 189, Le Bouscat, L'Esprit du Temps, 2009
ROGER G., La psychanalyse demeure-t-elle pertinente de nos jours? in Topique 108, Histoires de patients, 181 à 189, Le Bouscat, L'Esprit du Temps, 2009

 

Résumé : Après avoir rappelé la troisième blessure narcissique infligée à l’humanité, celle-ci par la psychanalyse – le fameux « le moi n’est pas maître en sa demeure »– l’auteur rappelle les résistances qu’elle a suscitées depuis son avènement. À l’heure actuelle, elle subit les assauts des neurosciences mais aussi des sciences cognitivo-compotementalistes. Sont abordées les responsabilités des psychanalystes eux-mêmes dans la désaffection relative qui frappe leur discipline. Il n’empêche : lorsque toutes les solutions de secours, ainsi que les nommait Freud, ont échoué, la psychanalyse demeure la seule voie par laquelle le sujet peut se confronter à l’antagonisme narcissisme-pulsions sans maintenir closes les « prisons d’invention des solutions maladives »

 

Mots clés : Résistances à l’analyse, Neurosciences, Thérapies cognitives, Via per di porre, Via per di levare, Angoisse de castration

 

 

ROGER G., L'éthique dans son rapport à la castration in Topique 106, Éthique et technique de la psychanalyse, 11-22, Le Bouscat, L'Esprit du Temps, 2009
ROGER G., L'éthique dans son rapport à la castration in Topique 106, Éthique et technique de la psychanalyse, 11-22, Le Bouscat, L'Esprit du Temps, 2009

 

Résumé : À l’appui d’un exemple clinique, l’auteur se propose de mettre en lumière la façon dont l’éthique vient au patient lorsque la morale portée par les forces refoulantes vole en éclats. «Les Invasions Barbares», le film du cinéaste québécois Denys Arcand, donne à voir la dimension constructive d’une transgression de cette nature. L’éthique se trouve au centre de la pratique de l’analyste car l’instauration de la relation transférentielle peut entraîner la pérennisation d’un lien asymétrique dans lequel démagogie, séduction et pouvoir demeurent au premier plan. L’exercice de notre discipline exige le renoncement à être, pour de vrai, le maître que nous incarnons aux yeux de l’analysant ou du disciple.

 

Mots clés : Morale, Éthique, Angoisse, Toute-puissance, Castration imaginaire, Castration symbolique

 

 

ROGER G., Le poids du sexuel dans la violence (actuelle) in Topique 99, Psychanalyse, violence et société, 9-16, Le Bouscat, L'Esprit du Temps, 2007
ROGER G., Le poids du sexuel dans la violence (actuelle) in Topique 99, Psychanalyse, violence et société, 9-16, Le Bouscat, L'Esprit du Temps, 2007

 

Résumé : À travers un certain nombre de situations, tant individuelles que collectives, l’auteur s’interroge sur le poids joué par le sexuel dans la survenue de la violence. Prolongeant la pensée de Freud, il se demande si ces violences ne constituent pas les mésusages ou les malfaçons d’une version plus soft dont le rapport sexuel librement consenti constituerait le canevas. Il se demande également si, en incitant chacun à combler, dans la réalité, le manque à avoir, la société n’entre pas en conflit avec le processus civilisateur. 


The author of this article examines a number of individual and collective situations to discuss the role played by sex drives in expressions of violence. He picks up on Freud’s ideas to ask whether such incidences of violence are not just misuses and abuses of a more acceptable form of expression of which consenting sexual relations form the scaffolding. He also asks whether society, by encouraging individuals to actually satisfy their sensation of lack in reality, is not coming into direct conflict with civilising processes.

 

Mots clés : Frustration, Castration, Autorité, Répression, Civilisation, Frustration, Castration, Authority, Repression, Civilisation.

 

 

ROGER G., Comment peut-on n'être pas conformiste? in Penser/rêver 10, Le conformisme parmi nous, 203-216, Paris, Éditions de L'olivier, 2006
ROGER G., Comment peut-on n'être pas conformiste? in Penser/rêver 10, Le conformisme parmi nous, 203-216, Paris, Éditions de L'olivier, 2006

 

 

ROGER G., Constructions-déconstructions en analyse in Topique 95, Constructions, interprétations, 6-13, Le Bouscat, L’Esprit du Temps, 2006
ROGER G., Constructions-déconstructions en analyse in Topique 95, Constructions, interprétations, 6-13, Le Bouscat, L’Esprit du Temps, 2006

 

Résumé : À travers une histoire clinique, l’auteur interroge le contenu d’un rêve. Ce dernier donne lieu à l’édification d’une construction-interprétation résultant de la rencontre d’une fantaisie créatrice de l’analyste, issue de son propre héritage théorique, avec le vécu transférentiel de la patiente. Le récit de cette construction introduit l’énigme posée à Œdipe par la Sphinge dans l’histoire individuelle et la temporalité de chaque sujet humain.


The author of this article uses a clinical case to question the contents of a dream. The latter gives rise to an interpretation-construction that results from the coming together of a creative fantasy of the analyst’s, arising from his own theoretical baggage, with the transferential experience of the patient. The story of this construction leads to the riddle the Sphinx addresses to Œdipus concerning the individual history and temporality of each human subject.

 

Mots clés : Construction, Interprétation, Énigme, Temporalité, Construction, Interpretation, Riddle, Temporality.

 

 

ROGER G., Sublimation, création et civilisation in Revue Française de Psychanalyse vol. 69-5 spécial congrès, La sublimation, 1575-1582, Paris, PUF, 2005
ROGER G., Sublimation, création et civilisation in Revue Française de Psychanalyse vol. 69-5 spécial congrès, La sublimation, 1575-1582, Paris, PUF, 2005

 

Résumé : Après un premier essai sur Caravage et le don, l’auteur poursuit sa recherche, à partir de nouvelles données. Ce texte tente d’éclairer l’œuvre et le personnage à partir de son vécu et de son histoire. La pulsion sublimatoire de Caravage répondrait à un fantasme, un désir paternel, culturel et artistique, face à une figure emblématique de l’époque : Michel-Ange. Michel-Ange aurait fait Le Caravage, mais aurait tué Michelangelo.


After my first essay on Caravaggio and the gift, I continued my research on the basis of new information. This texts aims to shed light on both the work and the man with reference to his experience and his history. Caravaggio’s sublimating drive answers to a phantasy, a paternal desire, both cultural and artistic, towards an emblematic figure of the times, Michelangelo. Michelangelo thus created Caravaggio, but killed Michelangelo.

 

Mots clés : Négatif, Destructivité, Excitation, Sublimation, The negative, Destructivity, Excitation, Sublimation.

 

 

ROGER G., Grandir : de l’achèvement à l’inachèvement in Topique 93, Grandir, 23-31, Le Bouscat, L’Esprit du Temps, 2005
ROGER G., Grandir : de l’achèvement à l’inachèvement in Topique 93, Grandir, 23-31, Le Bouscat, L’Esprit du Temps, 2005

 

Résumé : A la lumière de plusieurs cas cliniques et en se référant au mythe de Narcisse, l’auteur examine les facteurs à l’œuvre dans l’acte de grandir, notamment les mouvements psychiques favorisant la co-existence de son achèvement et son inachèvement.


In this article, we shall examine several clinical cases with reference to the Narcissus myth, to see what factors are at play in the growing-up process and more precisely, at the psychic developments that allow for this process to be at once finished and unfinished.

 

Mots clés : Ambivalence, Bisexualité, Œdipe, Transfert, Ambivalence, Bisexuality, Œdipus, Transference.

 

 

ROGER G., La sublimation, processus et résultats in Bulletin de la Société Psychanalytique de Paris 76, La sublimation, 257-261, Paris, PUF, 2005
ROGER G., La sublimation, processus et résultats in Bulletin de la Société Psychanalytique de Paris 76, La sublimation, 257-261, Paris, PUF, 2005

 

 

ROGER G., Désir d'amour in Topique 90, L'amour, 9-17, Le Bouscat, L'Esprit du Temps, 2005
ROGER G., Désir d'amour in Topique 90, L'amour, 9-17, Le Bouscat, L'Esprit du Temps, 2005

 

Résumé : Dépendre, conquérir, maîtriser sont autant de désirs difficilement conciliables. Aimer c’est pourtant tout cela à la fois. Du meurtre à la poésie, en passant par Antoine Pol et Charlie Chaplin, les registres utilisés pour manifester son affection et ses désirs sont multiples. Il n’empêche; depuis toujours chaque être humain, en glissant ses pas dans ceux de ses prédécesseurs, s’évertue à penser, sans le croire vraiment, qu’il crée du neuf. C’est ainsi que les hommes vivent, ignorant le plus souvent ce qui fait battre le cœur et ébranle les limites du moi.


Depending on someone one, seducing or controlling someone are desires which can sometimes be difficult to reconcile. But loving is doing these different things all at once. From murder to poetry, from Antoine Pol to Charlie Chaplin, the registers used to express one’s affection and desires are highly varied. Still, from time immemorial, each human being, while all he or she is really doing is simply retracing the footsteps of his predecessors, really tries to believe, while not actually managing this, that he or she has invented something new. And this is how men and women live, often ignorant of what really makes the heart go wild and pushes back the limits of self.

 

Mots clés : Désir, Ambivalence, Bisexualité Psychique, Objet interne, Transfert, Desire, Ambivalence, Psychic Bisexuality, Internal Object, Transference.

 

 

ROGER G., Mélancolie, agir pervers et complexe paternel in Le Coq-Héron 179, Tout sur mon père, 36-51, Ramonville Sainte Agne, Éres, 2004
ROGER G., Mélancolie, agir pervers et complexe paternel in Le Coq-Héron 179, Tout sur mon père, 36-51, Ramonville Sainte Agne, Éres, 2004

 

Résumé : À la lumière de deux cures analytiques, l’auteur se propose de dégager un axe de défense : accès mélancolique-agir pervers transitoire, consécutif à l’échec du deuil de l’objet primaire, le père de la préhistoire personnelle. Le renforcement de l’identification narcissique qui en résulte pérennise le lien à cette image paternelle écartelée entre deux vœux contradictoires : sa mise à l’écart et la nostalgie de son retour. La mise en œuvre, via le transfert, d’un travail de deuil portant sur cette imago, permettra un assouplissement notable de l’instance surmoïque dont résultera une diminution du sentiment inconscient de culpabilité, et par conséquent de ses effets subjectifs.

 

 

ROGER G., L’Acte et le Temps au regard de la création artistique in Topique 86, L'acte et le temps, 7-12, Le Bouscat, L’Esprit du Temps, 2004
ROGER G., L’Acte et le Temps au regard de la création artistique in Topique 86, L'acte et le temps, 7-12, Le Bouscat, L’Esprit du Temps, 2004

 

Résumé : L’auteur étudie la chanson de Barbara, l’Aigle noir, à la lumière de l’au-delà du principe de plaisir. Il propose d’entendre ce rêve-poème-chanson comme la transformation d’un événement traumatique en une création esthétique conduisant la chanteuse à rétablir le temps de son histoire dans une déconstruction-reconstruction qui suspend l’inceste et restaure l’œdipe. C’est à une mutation de cette nature que, dans le meilleur des cas, la cure analytique peut espérer conduire deux analysantes victimes, elles aussi, de pratiques incestueuses. 


In this article, Guy Roger studies Barbara’s song L’Aigle Noir, in the light of the notion of the beyond in the pleasure principle. This dream-cum-poem-cum-song seems to transform a traumatic event into an aesthetic creation leading the singer to re-establish the time associated with her own past in a kind of de/reconstruction which suspends the incestuous act and restores the Œdipal. This sort of mutation is what successful analytical cures aim at achieving illustrated here in the cases here of two victims of incest.

 

Mots clés : Rêve, Poème, Traumatisme, Création esthétique, Dream, Poem, Trauma, Aesthetic Creation.

 

 

ROGER G., Un destin de la honte : l'érotisation in Bulletin de la SPP 68, Honte et culpabilité : communications préalables, 217-220 , Paris, PUF, 2003
ROGER G., Un destin de la honte : l'érotisation in Bulletin de la SPP 68, Honte et culpabilité : communications préalables, 217-220 , Paris, PUF, 2003

 

Résumé : Honte, culpabilité, père imaginaire, père symbolique

 

 

ROGER G., Mélancolie, agir pervers et complexe paternel in Filigrane vol. 11-2, Tout sur mon père - II, 107-123, Montréal, Québec, 2002
ROGER G., Mélancolie, agir pervers et complexe paternel in Filigrane vol. 11-2, Tout sur mon père - II, 107-123, Montréal, Québec, 2002

 

 

ROGER G., Entretiens préliminaires : indications d'analyse, indications d'analyste in Topique 77, Premiers et derniers entretiens, 21-34, Le Bouscat, L’Esprit du Temps, 2001
ROGER G., Entretiens préliminaires : indications d'analyse, indications d'analyste in Topique 77, Premiers et derniers entretiens, 21-34, Le Bouscat, L’Esprit du Temps, 2001

 

Mots clés : indication d'analyse, offre, demande, rencontre analytique, critères d'analysabilité

 

 

ROGER G., Les enjeux de l'imprescriptible tiercéité in Topique 72, La fonction paternelle, 49-65, Le Bouscat, L’Esprit du Temps, 2000
ROGER G., Les enjeux de l'imprescriptible tiercéité in Topique 72, La fonction paternelle, 49-65, Le Bouscat, L’Esprit du Temps, 2000

 

Résumé : désir d'enfant, ambivalence, pouvoir imaginaire, père réel, père symbolique

 

 

ROGER G., Entre la preuve et l'aveu : l'érection in Topique 70, L'aveu et la preuve, 103-112, Le Bouscat, L'Esprit du Temps, 1999
ROGER G., Entre la preuve et l'aveu : l'érection in Topique 70, L'aveu et la preuve, 103-112, Le Bouscat, L'Esprit du Temps, 1999

 

Résumé : preuve, aveu, clivage de l'objet, phallicisme, angoisse de castration, réassurance narcissique, éjaculation/orgasme, pénis anal.

 

 

ROGER G., La psychanalyse et l'adulte ou l'histoire d'une rencontre in , Réalité psychique et Vérité historique, 103-128, Chartres, A.P.E.L, 1999
ROGER G., La psychanalyse et l'adulte ou l'histoire d'une rencontre in , Réalité psychique et Vérité historique, 103-128, Chartres, A.P.E.L, 1999