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LÉVY G., L'ivresse du pire, Paris, Campagne Première, 2010
Les nouvelles formes du malaise contemporain dévoilent une perte globale du sens, en ces lieux où la jouissance du pire signe la force d'une pulsion de cruauté qui se déchaîne partout où il est possible d'exercer son pouvoir de négation de l'humain. L'ivresse du pire désigne cette surenchère sans frein à repousser toujours plus la limite, à gagner dans le progrès de l'horreur, en s'engageant dans la spirale de la destruction et de l'auto-destruction, à s'abolir tout en « zappant les autres ». À partir de la clinique actuelle et la haine du sujet dont celle-ci témoigne, il s'agit ici de rappeler en quoi l'ombre des catastrophes totalitaires du xxe siècle est tombée sur le moi individuel comme sur les conditions collectives faites aujourdhui à la vie psychique de l'ensemble humain. Dans un environnement dominé par la virtualisation de l'autre, quand il sagit de déformer la perception de la réalité pour la rendre encore supportable, demeure-t-il un reste indestructible de l'homme dans l'homme qui puisse résister à ce « rien de pire » ?268 Pages.
LÉVY G., Europe N° 923, Mars 2006 : Franz Kafka - De F à F, en codirection avec RÉTIF F., BANCAUD F. et GODEAU F.Revue Europe, 2006
" Un livre doit être la hache gui fend la mer gelée en nous ", écrivait Kafka en 1904, indiquant par là l'une des exigences qu'il assignait à son œuvre. Cette phrase est plus que jamais d'actualité en ces temps d'hypertrophie de " l'industrie culturelle ", qui bouche, occulte et exploite la vacuité de notre monde en oubliant ce que Kafka se plaisait à enseigner à son jeune ami Janouch : " La littérature s'efforce de placer les choses dans une lumière agréable ; le poète est contraint de les élever dans le royaume de la vérité, de la pureté et de la durée. " L'œuvre de Kafka ressemble à ce pont dont il parle dans l'un de ses récits : elle est tendue au-dessus d'un abîme, du vide sidéral, de la béance qui s'ouvre entre littérature et vie, langage et réalité, culture et nature, transcendance et immanence, solitude et communauté, vie et mort. Tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, ni d'un côté ni de l'autre, Kafka chiffre et déchiffre à chaque page sa tentative de vivre et d'écrire, de vivre ou d'écrire dans l'entre (et l'antre) de ses deux rives. Le désir, la difficulté, l'impossibilité de les relier est le ferment et le sujet de son œuvre. C'est peut-être pour cela qu'il hante notre temps, parce qu'il ne cesse de questionner et de remettre en question l'évidence de notre rapport à l'art, c'est-à-dire du rapport de la culture à la vie, au sacrifice, à la mort.380 Pages.
LÉVY G., Au-delà du malaise - Psychanalyse et barbaries, Ramonville Sainte Agne, Des travaux et des jours, Érès , 2000

203 Pages.
LÉVY G., L'invention psychanalytique du temps, Paris, L'Harmattan, 1996

301 Pages.
LÉVY G., Eugène O'Neill ou l'inconvenance de vivre, Paris, Psychanalyse, Economica, 1994

164 Pages.
LÉVY G., Kafka : Le corps dans la tête, avec SABINUS S.A.M. Métailié, 1983

282 Pages.
LÉVY G., La pratique de l'analyste, Paris, Psychologie, Retz, 1980

176 Pages.
Ouvrage analysé par REBUFAT P. in Psychanalystes (Revue du Collège des Psychanalystes), Le temps de la rigueur, 1990, n° 34, pp. 97-102
LÉVY G., Enseignants, à vous de choisir !, en codirection avec RUEFF ESCOUBES C., GROUPE DESGENETTES, Préface de MENDEL G., Paris, Science de l'homme, Payot, 1976

239 Pages.
Résumé : Il y aurait, dans cette question inaugurale quant à la singularité de la transmission en psychanalyse, comme un paradoxe nouant l’acte de transmettre et « l’impossible ». Est-ce le constat d’un impossible à faire transmission ? D’un impossible à transmettre ? N’y aurait-il que l’impossible qui puisse se transmettre ? Y aurait-il de nouvelles conditions actuelles pour la psychanalyse et qui mettent en péril la possibilité même d’un « impossible » dont on s’accorderait à penser qu’il est l’essentiel de la chose à transmettre ? Cet « impossible » relève en priorité d’une temporalité inhérente à l’acte analytique, fondée sur le différé, le délai, le suspens, et ce qui, du manque, s’offre à désirer. C’est bien sûr le transfert comme mouvement de voilement/dévoilement de l’objet qui en est l’expression dans la cure, ce qui se trouve aujourd’hui gravement menacé par l’idéal consumériste commun, à l’heure où « tout est possible ». Transmettre l’angoisse serait transmettre ce qui, d’une irreprésentable séparation d’avec l’objet primaire, ouvre sur un autre destin que celui d’une interminable fascination. N’est-ce pas là une des conditions pour penser la fin de la cure ?
Résumé : Les attaques contre la psychanalyse s’inscrivent aujourd’hui dans le mouvement de l’évaluation généralisée et de la quantification normée de tous les savoirs, de toutes les pratiques et de tous les discours. Comme déjà en 1925, quand Freud s’inquiétait des résistances passionnelles envers la psychanalyse, c’est l’opposition au nouveau, et avec lui le rejet de l’étranger qui fondent aujourd’hui le développement des réactions cognitives et leur refus de l’inconscient. Une réflexion sur le nouage entre l’émergence de l’idée nouvelle et la question de l’étranger à l’origine constitue un fil rouge qui sera suivi ici à travers le corpus freudien, sous l’angle du mythe de la création de la psychanalyse. L’amour de la vérité, la reconnaissance de la priorité à accorder au causalisme psychique, la liberté de la vie psychique d’échapper à la tyrannie du point de vue réalitaire, fondent une certaine éthique de l’expérience analytique. Or c’est sur ces fondements que s’organisent les résistances actuelles à la psychanalyse. Le discours des neuro-sciences ainsi que celui des psychothérapies cognitivistes y trouvent leur ferment.
Mots clés : Évaluation, Résistances à la psychanalyse, Amour de la vérité, Causalisme psychique, Liberté de la vie psychique, Neuro-sciences, Cognitivisme, Psychothérapies
Résumé : Texte issu d'un Colloque organisé par le 4e Goupe OPLF ; Paris ; 4 juin 2005. Il s’agit de penser une psychanalyse en devenir, sortie de son enfermement sur la vision autocentrée du sujet solipsiste. On discutera ici les propositions de René Kaës quant à des représentations d’espaces psychiques communs partagés, à partir des formes les plus primitives de la relation symbiotique entre deux sujets. Les hypothèses freudiennes sur la transmission psychique directe, au sein de la relation transférentielle de cure, seront ici articulées avec les notions d’espace onirique partagé, et de sujet porte-rêve. La question des conditions de fin de cure sera aussi abordée par rapport au concept d’enveloppe psychique commune reconstituée dans l’espace de la cure.
Mots clés : télépathie, symbiose, transfert immédiat, holding, expériences oniriques partagées, enveloppe psychique, fin de cure.
Résumé : Une question est essentielle pour la psychanalyse aujourd’hui, même si elle passe bien souvent inaperçue : la violence faite à la langue, chaque fois qu’il est question qu’une langue dominante en colonise une autre. L’usage de la langue, sous effet de terreur historique et de violence politique des langues « dominantes », est toujours à rapporter à l’usage des corps utilisés, violentés, déprivés, expulsés de toute mémoire, de toute histoire, livrés à la désintrication pulsionnelle non refoulée. Car c’est à l’intérieur de la langue que viennent se rejouer les enjeux politiques de pouvoir et de dominance, reproduisant dans les parlers les violences d’exclusion, de rejet et de meurtre qui s’exercent sur les personnes. À quelles conditions, la psychanalyse est-elle encore le lieu privilégié pour accueillir et rendre possible la capacité à s’inventer une langue de la résistance qui « dirait » entre les mots interdits, les gestes, les rythmes, les mouvements et les chants d’une mémoire bannie, prohibée, passée en contrebande, transmise dans l’illégalité ? Comment la psychanalyse, au prix d’un retour sur ses propres violences de langue, peut-elle rendre les mots de l’effroi enfin accessibles, retrouver les accents de la langue exilée, bannie, honteuse, se décoller de la honte muette à l’aide de la langue honteuse ?
Mots clés : Violence colonisant, Indigène, Langue dominante, Fiction du sujet, Répétition dans la transmission, Altérité, Exil, Traduction.
Résumé : L’altérité travaille au cœur de la langue, tout particulièrement sous la forme d’un intime propre à la langue maternelle. Un intime qui ferait altérité en résistant à tout effort de traduction, et qui constituerait un noyau d’étrangeté envers toute tentative d’assimilation ou d’appropriation dans une autre langue. Autrement dit d’une culture ou d’un territoire linguistique à un autre, nul passage n’est simple, nulle traduction ne s’effectue sans un reste irréductible, sans cette marque de l’intime placé paradoxalement sous le signe de l’étranger inassimilable, de son extériorité, de son dehors intransportable dans aucune territorialité textuelle autre. C’est précisément de cet aspect de l’intraduisible dont je souhaiterais ici m’occuper, dans la mesure où celui-ci me semble être l’objet spécifique de l’attentat perpétré par la terreur nazie contre la langue, et contre les constituants de l’identification primaire à l’humaine condition.
Mots clés : Langue maternelle, Traduction, Idéologie nazie, Terreur, Mémoire, Déni de réalité, Attaque contre la culture, Mother tongue, Translation, Nazi ideology, Terror, Memory, Denial of reality, Attacks on culture.
Résumé : Comment penser, à partir de l’expérience de la cure, et à partir de situations traumatiques non psychisées, les conditions d’une répétition qui s’avère créatrice ? Comment situer la question du nouveau et de son émergence au cours de la cure, au regard du transfert comme contrainte à répéter ? C’est à partir des traumas que Winnicott a décrits sous la crainte de l’effondrement qu’il s’agira d’interroger la fonction des constructions proposées par l’analyste comme des tentatives de faire advenir à la réalité psychique, pour la première fois, les traces d’un événement traumatique que le sujet n’avait encore jamais réalisé. L’effacement de toute mémoire de l’événement peut s’exprimer dans la séance par une désertification de toute vie psychique, ou paradoxalement sous la forme d’une parole ressassante et d’une sacralisation de la mémoire figée du traumatisme. Le travail de l’analyste sur son contre-transfert peut constituer en ces occurrences la seule issue pour étayer de telles constructions.
Mots clés : Traumas non psychisés, Répétition créatrice, Constructions, Crainte de l’effondrement, Contre-transfert, Mémoire sacralisée, Traumas not integrated into psychic reality, Creative repetition, Construc- tions, Fear of breakdown, Counter-transference,
Résumé : L'altérité travaille au coeur de la langue, singulièrement sous la forme d'un intime propre à la langue dite maternelle. Un intime qui ferait altérité en résistant à tout effort de traduction,et qui constituerait un noyau d'étrangeté envers toute tentative d'assimilation ou d'appropriation dans une autre langue. C'est ce reste irréductible dans le maternel même de la langue qui devient un hôte indésirable pour tout système idéologique collectif ou privé visant la purification du corps social ou du corps de la langue, au nom d'un originaire censé pur et entièrement saisissable.
Résumé : La honte,dans sa forme radicale, la honte de vivre, constitue la "traduction " au plan des refoulements, de la tendance primaire à l'auto-anéantissement, et trouve dans la haine de soi, son expression la plus extrême. C'est cette hypothèse qui se trouve l'objet de cet article.
Résumé : Les auteurs de cet ouvrage collectif ont tous participé à le Décade internationale de Cerisy-La-Salle, " Autobiographie, journal intime et psychanalyse ", qui avait marqué l'aboutissement d'un ensemble de recherches menées par le groupe " Littérature personnelle et psychanalyse ". Ce groupe fondé en 1992 par Jean-François Chiantaretto, est né d'un projet qui trouve là son plein déploiement : l'interrogation mutuelle de la psychanalyse et des différentes formes d'écriture de soi. Un nouveau champ apparaît ainsi, qui renouvelle la question des rapports de la psychanalyse et de la littérature, comme celle de la lecture et de l'interprétation de ces formes d'écriture. Le problème est posé du rôle joué par les écritures de soi dans l'émergence de la psychanalyse et de l'influence en retour de celle-ci sur celles-là. Plus largement, il s'agit de mettre à l'épreuve d'une approche globale des écritures de soi, au titre des différentes modalités d'expérience de soi dans l'écriture, lorsque celle-ci propose explicitement une autoreprésentation de l'auteur en personne. En deçà de l'opposition autobiographie/journal intime, l'ouvrage offre d'aborder chaque texte comme le lieu d'une tension plus ou moins conflictuelle entre deux positions psychiques, dans l'investissement de l'écriture de soi : attester une identité, témoigner une altération.
Résumé : Je suivrai pas à pas la construction de cette machine amoureuse que, lettre après lettre, Franz Kafka va installer autour de sa correspondante et fiancée, Felice. Une machine d’écriture qui apparaîtra rapidement comme un dispositif d’emprise visant la situation amoureuse elle-même prise comme objet idéal, l’autre s’y trouvant annulé, et réduit à la fonction-alibi d’un personnage inventé par son auteur. Quant à la réalité de la rencontre amoureuse, elle s’y dévoilera comme chargée d’un potentiel de destructivité terrifiant, à la hauteur d’une confrontation impossible avec l’altérité menaçante de l’autre. L’objet ainsi sublimé, magnifié dans l’état amoureux, dévoilera sa face non-sublimable, qui conduira la mécanique amoureuse à dérailler vers une issue mortelle, puisque «nous ne pouvons rester en vie tous les deux.»
Mots clés : Rencontre, Emprise, Correspondance, Processus créateur, Objet idéal, Sublimation, Destructivité, Encounter, Hold, Correspondence, Creative Process, Ideal Object, Sublimation, Destructiveness.
Résumé :
Résumé : La désolation psychique n’est pas la solitude. Elle n’est pas non plus l’attente. C’est à partir de la clinique de la déprivation, celle dans laquelle le sujet est non seulement privé de la compagnie des autres, mais surtout de sa propre compagnie potentielle, que je voudrai aborder l’expérience psychique de désolation, comme expérience quotidienne du sujet contemporain. Celle-ci renvoie à cette clinique de l’ennui où l’action se retire même des actes de pensées, laissant le sujet en attente de rien, plongé dans une inhibition totale que seule la fuite dans des agis auto-excitateurs peut chercher à tromper. Le cheminement que je propose nous conduira à prendre en compte les dispositifs temporels de symbolisation de l’attente, en tant qu’ils se révèlent défaillants dans la relation addictive, et dans ces « pathologies de l’instant » où domine la fascination pour le court-circuit de l’acte.
Mots clés : Désolation, Ennui, Attente, Addiction, Agis auto-excitateurs, Sommeil, Auto-hypnose, Hallucination négative, Desolation, Boredom, Waiting, Addiction, Self-stimulating behaviour, Sleep, Self-hypnosis, Negative hallucination.
Résumé :
Résumé : 1 article : argent (dans la cure psychanalytique)
Résumé : Cet ouvrage vient poser la question de l'écriture autobiographique, de l'écriture de soi dans son rapport au narcissisme, dans ce qu'il recouvre de faille justement dans l'amour de soi. Les termes du problème sont tout d'abord posés au regard de la psychanalyse, mais aussi de l'histoire, en montrant que, dans l'écriture de soi, le plus intime devient, de manière paradoxale, le plus impersonnel, voire le plus insaisissable, comme chez Derrida. Cette question de l'exposition de soi est explorée ensuite dans la littérature à travers d'une part le mythe de Narcisse qui meurt lorsqu'il se rencontre, d'autre part des écrits autobiographiques. Celui de Schreber met en évidence la fonction du double dans ce type d'écriture de soi, comme l'emploi de multiples pseudonymes pour Saint-John Perse, quand il parle de lui, constitue une défense contre un effondrement s'il venait à s'unifier sous un seul nom. Enfin, à partir de la clinique, est analysé l'enjeu de construction et de destruction du sujet qui se prête à une écriture autobiographique. En effet, dans ce type d'écriture, le texte se présente comme lieu d'élection et d'incarnation d'une représentation de soi, ayant pour mission de donner corps à ces illusions narcissiques qui, tout à la fois, font vivre le sujet et l'empêchent de vivre, ce dont témoigne bien l'écriture adolescente, spécialement celle du journal intime.
Résumé : 188 pages
Résumé : Le déploiement contemporain de la littérature dite person¬nelle appelle un changement de point de vue, quant à l'entrecroisement de la psychanalyse et de la littérature. Dans le même temps, les psychanalystes sont de plus en plus nombreux à reconsidérer leur rapport au champ littéraire, à partir des questions nées de leur propre pratique de l'écriture. Littéraires et psychanalystes se trouvent ainsi engagés, davantage et autrement, à faire travailler ensemble leurs interrogations ; et particulièrement les plus vives, autour du problème de l'écriture de soi. Quels sont les enjeux chez les écrivains d'une mise à distance du " biographique " ? Où en est aujourd'hui, du côté des analystes, la relation d'altérité entre littérature et psychanalyse ? En quoi les " cas " sont-ils à envisager d'un point de vue littéraire ? Quel rôle la littérature, et plus particulièrement la littérature personnelle, a-t-elle joué dans le développement historique de la psychanalyse ? Comment penser l'articulation du temps et de la narration dans la cure ? Quelles sont les fins de l'écriture autobiographique après la cure ? ... Telles sont les questions, parmi d'autres, abordées dans ce livre. 283 pages
2 Pages.