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Résumé :

Résumé : Cet article est paru dans l'ouvrage collectif "L'esprit d'insoumission".
( Présentation détaillée en cliquant sur le lien)

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Résumé : L’auteur expose tout d’abord une Nouvelle clinique qui ouvre sur la définition comparée et dialogique des concepts d’objectivation et de subjectivation. Les traces de leur dialogue sont repérées dans le courant d’analyse institutionnelle en psychiatrie. Un autre angle de vue concerne les rapports entre société et folie. Deux thèses différentes sont alors retenues : celle de l’enfermement du fou et celle de sa prise en considération. Dans le propos final, les conséquences de la crise actuelle des processus de subjectivation sont esquissées. Il ressort de cet ensemble l’impérieuse nécessité de faire vivre des espaces de paroles tant duels que collectifs permettant de définir des points de repères de la tiercéité.
Mots clés : analyse institutionnelle, démocratie, folie, nouvelle objectivation, subjectivation, institution psychiatrique, espaces de parole, tiercéité
Résumé : Marie Bonaparte, arrière-petite-nièce de Napoléon, que son milieu aristocratique ne destinait pas à devenir psychanalyste, est une figure incontournable de la psychanalyse en France. Représentante de Freud et de la psychanalyse laïque, elle est traductrice de Freud, auteur d’une œuvre, mécène du mouvement analytique et par son statut d’Altesse Royale, protectrice de Freud, le sauvant de la mort en facilitant son exil à Londres devant la menace nazie. Elle joue aussi un rôle important dans la première scission de la psychanalyse en France (1953).
Mots clés : Première psychanalyste d’enfants, Heuyer, Complexe de masturbation , Doctoresse Sophroniska de Gide
Résumé : À partir du film « Dead Ringers » (« Faux semblants ») de D. Cronenberg, dans lequel des jumeaux gynécologues à la tête d’une « Clinique de la Stérilité » sombrent dans la folie, nous attirons l’attention sur le destin des pulsions épistémophiliques à l’oeuvre dans les techniques de Procréation Médicalement Assistée. De la capacité pour le sujet d’intégrer ou non l’énigme de l’OEdipe, et de la différence des sexes, dépendra l’issue sublimatoire ou non de ces pulsions épistémophiliques appliquées à ce domaine des PMA.
Mots clés : Pulsions épistémophiliques, Désir de connaissance, Procréation médicalement assistée, Sexualité, Infertilité, Bioéthique
Résumé :
Le roman Léviathan de Paul Auster illustre de façon saisissante la manière dont l’écrivain, confronté à la destructivité et à la terreur sans nom véhiculées par le monde contemporain, trouve une issue sublimatoire au prix d’un clivage de sa personnalité. Ici, en l’occurrence, entre le premier écrivain, le narrateur (Peter) et son double (Ben), écrivain qui renonce à l’écriture pour se lancer dans l’action terroriste qui le conduira à la mort. La trajectoire de Ben, par un jeu hallucinant d’identifications projectives en cascade, étant infléchie par la mauvaise rencontre du terroriste Dimaggio, lui-même identifié (à moins qu’il ne soit un agent provocateur du FBI ?) au sujet de sa thèse d’Histoire, l’anarchiste Berkman. Le drame de la pensée concrète schizophrénique et de l’échec de la sublimation, trouve ici une résolution partielle, au prix du clivage de la personnalité de l’auteur entre ses parties détruites (Ben) et survivantes (Peter).
Mots clés : Destructivité, Équation symbolique, Identification projective, Sublimation, Terreur sans nom
Résumé : La mort héroïque est une « anti-mort » qui est vainqueur de la mort parce qu’elle lui impose un sens qu’elle n’aurait pas d’elle-même. La sublimation de ceux qui s’y engagent leur offre le sentiment de vivre une aventure humaine qu’aucune activité ne pourrait leur offrir et s’inscrit non pas dans le renoncement et la perte mais au contraire dans le gain de sens
Mots clés : Sacrifice, Martyrs, Héroïsme, Patrie, Partisan
Résumé : L’auteur reprend l’introduction qu’il avait prononcée à Annecy en insistant sur la dimension de rencontre transférentielle entre l’analyste et le texte. De celle-ci surgissent des transformations témoignant des qualités inconscientes du texte dont les résonances chez le lecteur entraînent, au gré de la lecture, de véritables transformations psychiques. Au sein de la séance, mais aussi dans l’incessante construction de l’identité d’analyste, les textes littéraires se muent en véritables objets analytiques, parfois capables de fournir des concepts fondamentaux, à l’instar du complexe d’Œdipe issu de la pièce éponyme de Sophocle.
Mots clés : inconscient, texte, transfert, construction
Résumé : L’auteur évoque le parcours ayant animé l’écriture de son livre Petite nuit. Elle n’a pas eu, à l’origine, un objectif de récit de cure, mais au fil du texte, l’écrit s’est profilé comme celui de « l’écrivain et son analyste » en s’en révélant un moteur latent. Son livre est devenu le carrefour de deux lieux psychiques : la lecture et l’analyse. L’enquête intime de l’auteur décrit l’évolution énigmatique du surgissement de situations de lectures ressassées dans la mémoire, du rôle addictif et étrange des livres dans le cours de sa vie, ainsi que celui de certaines surprenantes amnésies. Peu à peu l’analyste a surgi dans l’écriture, avec sa ponctuation d’écoute faisant holding, permettant à l’écrivain de reconnaître et nommer la fonction très profonde de la lecture dans son histoire et sa vie psychique.
Mots clés : petite nuit, mémoire de lecture, bibliopathie, addiction à la lecture, ressassements, rôle des livres dans une vie, enquête privée, souvenirs-écrans, souvenirs énigmatiques, amnésie, étrangeté, portage, holding, espace transitionnel, consolation, Win
Résumé : Dans son travail de pensée, l’analyste utilise la métapsychologie qu’il a élaborée au fil de son expérience théorico-clinique. De multiples éléments entrent dans la composition de cette métapsychologie, dont des modèles théoriques, des concepts, mais aussi des éléments littéraires. Ainsi l’analyste peut-il être amené à penser la clinique qu’il a à connaître au moyen de l’œuvre littéraire : l’analyste entretient avec « son » écrivain une relation de pensée, de développement d’une élaboration, de telle sorte que l’objet littéraire devient un objet psychanalytique. Raymond Queneau et son œuvre en constituent ici un exemple éprouvé.
Mots clés : métapsychologie, objet littéraire, objet psychanalytique, penser la clinique, Raymond Queneau, ontalgie, Jean-Paul Valabrega
Résumé : La voyance, au cœur de la parole de la poésie et de la cure, est faite de regard et d’hallucination ; elle est vacillation, non seulement certitude. Avec l’Ouvert, Rilke nous rappelle qu’elle n’est pas seulement présentification d’objets et de relations, mais d’espaces. L’expérience dont il témoigne en poésie est une expérience première/limite, proche de celles qui donnent encore sa spécificité au travail psychanalytique au-delà de toute thérapie. Mais en poésie comme dans la cure, suffit-il, comme il l’écrit aussi, de nommer les choses du quotidien pour faire face à la terreur, de louer à l’Ange le monde et non pas l’indicible ? C’est là un retournement paradoxal du poète : ailleurs, il remarquait au contraire que notre regard ne faisait face qu’au monde, ce périssable où Narcisse se dilue et se perd dans son reflet au lieu de se contenir dans le vent de l’Ouvert et que nous tournions le dos à cet Espace inconnu, celui de l’Ange, mais qui, de tous ses yeux, voit la bête, elle que nous guettons et observons pour cela à quoi nous n’avons pas accès.
Mots clés : Rilke, ouvert, narcissisme, risque, espace, poésie, dicible, animal, voyance
Résumé : À partir du thème proposé (« le psychanalyste et son écrivain »), l’auteur témoigne de sa rencontre avec le poète André Du Bouchet. Poursuivant un dialogue entamé de longue date avec le poète, l’auteur met d’entrée en question l’idée d’une lecture psychanalytique du texte littéraire : lecture qui traiterait exclusivement le texte à la manière d’un symptôme, en proposant des interprétations « sur » le texte. Le présent article tente de faire éprouver, dans la rencontre du texte poétique, les limites d’une telle méthode, de faire saillir les points de basculement où l’analyste, destitué de sa place d’interprète, se fait soudain interpréter, jouer, bousculer par une langue qui semble échapper à sa symptomatologie, trouve des « solutions de langue » inédites. L’analyste lecteur sera particulièrement sensible à une poésie qui se propose de « transmutter le terrible et l’intolérable en fraîcheur ».
Mots clés : André Du Bouchet, poésie/psychanalyse
Résumé : L’intitulé paradoxal « Le psychanalyste et son écrivain » pose plus globalement la question de ce qu’on pourrait appeler le sujet écrit. Qu’en serait-il d’un processus analytique de construction subjective analogiquement pensé comme un processus de lecture, plus précisément d’autolecture, de lecture d’un soi qui se déchiffrerait à partir d’un texte palimpseste, livre secret, encrypté, à partir duquel le sujet « aurait été écrit » ? Le lecteur serait un sujet en devenir qui, comme l’analysant en séance, ferait de la parole à l’œuvre, ou de l’écriture devenue acte de parole, l’opérateur d’une transformation intérieure fondamentale. Retrouvant la fonction déliante de la parole au vif de l’analyse, dé-lire le texte écrit renvoie à la violence dévoilante de la littérature, et vient éclairer autrement les relations complexes que celle-ci entretient avec la psychanalyse, en particulier la poétique littéraire de la langue analytique. Philippines, le dernier livre de Hélène Cixous, fonctionne ici comme ce texte encrypté qui fait soudain retour dans la séance d’analyse en prenant simultanément possession de l’écoute de l’analyste et de la parole analysante, par un effet de transfert immédiat. Le livre serait l’enveloppe d’une promesse d’amour avec son lecteur, comme la situation analytique est l’enveloppe d’une promesse de transfert entre l’analysant et l’analyste, l’enveloppe des deux amandes jumelles qui « font philippines » … Le livre comme la séance analytique remontent, chacun à sa façon, le chemin qui va du trop singulier au commun. Ils rebroussent vers les enfances, les fantômes, les anciens, les ruines.
Mots clés : lecture, le sujet écrit, texte palimpseste, crypte, poétique de la langue, amandes philippines, transfert immédiat, amour, mémoire, pulsion de mort, silence, cris, télépathie
Résumé : L’originalité de cette journée a été de confronter des processus par lesquels le psychanalyste rencontre un écrivain et comment cette rencontre influe sur son travail avec ses patients. Se succéderont ainsi les élaborations de Pascal Herlem autour de la « force fantasmante » et du concept « d’ontalgie » de R. Queneau ; celles de Maurice Rey poursuivant ce sujet de manière plus tragique avec Rainer Maria Rilke, pour qui la place du moi-corps reste source continuelle de découverte et d’angoisse. Olivier Paccoud décrit un paysage fixé dans un perceptif traumatique, par lequel le poète André Du Bouchet se trouve sans cesse retraversé car à travers sa poésie, qui interroge les analystes, il reconvoque le pulsionnel infantile pour lier les excès d’une catastrophe. Ghyslain Lévy parti du travail d’Hélène Cixous questionne les temps ultimes accordés aux soins du corps maternel mourant et l’approche de l’irrémédiable à venir, à réintroduire dans le quotidien. Psychanalyse, science poétique ou poésie scientifique, demande Jean-Baptiste Guillaumin, s’éclairant de l’utilisation des lectures de son patient pouvant aussi devenir celles de l’analyste. Quant à Marianne Alphant, écrivain non psychanalyste, elle évoque la façon dont elle a pu dépasser ses amnésies et vécus d’étrangeté, en faisant de son addiction à ses lectures l’objet de sa cure analytique.
Mots clés : objet analytique, force fantasmante, ontalgie, moi-corps, narcissisme, perceptif traumatique, expérience poétique, promiscuité intolérable du réel dans le quotidien, hyperrêve, possibilité de guérison de la mort, couplage : image-affect, blessures in
Résumé : Freud était fin lettré et grand lecteur. La littérature occupe, en effet, une place de choix dans les plaisirs de l’homme et la curiosité du chercheur. Le génie viennois la considérera d’ailleurs comme une alliée précieuse quant à la compréhension des processus psychiques qui président à l’élaboration du rêve, avant que d’en faire – en tant que production – l’objet même de ses investigations, la resituant à sa juste place en regard de la science nouvelle. Aussi cette réflexion entend-elle retracer les grandes lignes de ce trajet freudien, qui mêle au bonheur de la lecture l’acuité de la découverte.
Mots clés : affect, désir, inconscient, interprétation, littérature, processus, rêve, surréalisme, texte, formation de compromis
Mots clés : Jean-Paul Valabrega
Résumé : Il s’agit d’un livre intéressant, voire important, rédigé par Paul Wiener, Bokor apportant son expérience et ses illustrations. C’est un livre ambitieux, qui cherche à aborder le problème de l’aventure nazie – que l’auteur décrit comme une régression – à la fois par le biais psychologique, politique et sociologique.
Résumé : Les Centres de traitements psychanalytiques dans leur histoire
Résumé : Plan de l'article:
1) ESTHER ET ASSUÉRUS
2) « UN ACCORD QUI N’A PAS BESOIN DE L’À-CORPS POUR ÊTRE »
3) LA RELATION PASSIONNELLE DANS LE TRANSFERT TELLE QU’UNE EX ANALYSANTE DE LACAN A PU LA THÉORISER
CONCLUSION
Mots clés : Aliénation, Transfert passionnel, Transfert de travail, Idéologie
Résumé : Dans le champ de la critique littéraire, la psychanalyse introduit une nouvelle dimension, une autre façon de lire. Les travaux de Freud mettent en évidence les processus inconscients à l’œuvre dans certaines créations littéraires, cherchent à comprendre l’implication de l’inconscient dans l’élaboration de l’objet littéraire et de l’objet d’art en général, et interprètent les enjeux inconscients de l’auteur inscrits dans son œuvre : ces travaux inventent une lecture nouvelle de l’objet littéraire, de l’objet d’art, ils ouvrent des voies nouvelles tout en se heurtant aussi à des limites, des résistances qui sont celles de Freud. Les relations ultérieures entre la critique et la psychanalyse sont multiples et complexes, aussi bien en raison de la résistance de la critique à la psychanalyse que de celle de la psychanalyse aux nouvelles créations de l’art. Ces relations font l’objet d’une réflexion, d’une interrogation progressive pour tenter d’aboutir à une position renouvelée de la critique psychanalytique à l’égard des objets littéraires et des objets d’art : une position qui parviendrait à considérer la psychanalyse ailleurs que l’art, mais sur un même plan culturel, antagoniste parfois, renonçant certes à la prétention d’une quelconque supériorité. Il s’agirait de montrer en quoi psychanalyse et art peuvent parler ensemble sans que l’un cherche forcément à être au-dessus de l’autre.
Mots clés : critique littéraire, psychanalyse, processus de création, art, résistance, objet d’amour
Résumé : L'analyse de la pratique en institution est appelée à soutenir les identifications professionnelles mises à mal par les effets des répétitions au fil du temps. Elle travaille à re dynamiser les éléments transférentiels appartenant à la rencontre singulière entre les sujets. Son espace est inévitablement infiltré par des représentations, le plus souvent silencieuses, provenant du fond de scène constitué par la dimension institutionnelle. L'élaboration discrète et continue de ces représentations soutient activement la "détoxication" des liens entre les acteurs d'une structure donnée.
Résumé : La propagande est une action par influence qui n’apparaît pas comme une violence dans la mesure où elle agit par persuasion. Toutefois la régression qu’elle instaure ou qu’elle renforce en substituant des objets de croyance à des objets de pensée constitue bien une violence, voire un viol, dans la mesure où elle infiltre dans le sujet des interprétations de la réalité qui vont avoir pour lui la valeur de faits. L’article est fondé sur l’exemple de l’utilisation de la propagande comme arme en tant de guerre et la manière dont, d’après l’ouvrage de David Galula « Contre-insurrection – Théorie et pratique », elle vient répondre en miroir à celle de l’ennemi considéré comme un insurgé.
Mots clés : Insurrection, Contre-insurrection, Loyalisme, Crise, Politique, Révolution
Résumé : Je soutiendrai ici l’hypothèse selon laquelle le dernier film de Stanley Kubrick Eyes Wide Shut, illustre magistralement la manière dont, dans un certain type de système totalitaire (le « gang ») violence et persuasion sont l’envers et l’endroit d’un même processus, ceci avec l’entière complicité du sujet sur lequel toutes deux s’exercent. Il s’agit là du phénomène psychique décrit par J. Steiner, selon lequel « le sujet sélectionne certains objets destructeurs, à l’intérieur desquels il projette ses propres parties destructrices »... À cet égard, le personnage du « meneur de jeu » (Ziegler) introduit par Kubrick (et qui n’existe pas dans le roman initial de Schnitzler), est exemplaire. Ce « meneur de jeu » résume à lui seul l’ambiguïté perverse de l’objet destructeur idéalisé, qui amène l’anti-héros du film (Bill) pour « sauver la mise » ( ?), à accepter de voir « vaporiser » la femme qui avait sacrifié sa vie pour lui sauver la sienne.
Mots clés : Violence, Destructivité, Claustrum, Psychose, Perversion
Résumé : La Recherche du Temps Perdu fourmille de métaphores. Parmi celles-ci, la métaphore médicale. Bien plus que la réalité des « étouffements » dont souffrait son Auteur, c’est l’identification nieztschéenne du Narrateur au médecin expérimentateur, comme paradigme de la recherche de la vérité, qui paraît être au cœur d’une démarche qui, sans jamais s’y référer explicitement, s’apparente à l’auto-analyse. Elle amènera le génie de l’Auteur-Narrateur aux confins de la monstruosité, que ce soit dans son expérimentation sur lui-même de la maladie amoureuse, ou dans sa conception de la création littéraire comme une gestation parthénogénétique et hermaphrodite, visant à reconstruire, sans fin et sans limite, un corps constamment en voie de dissolution, de la madeleine au pavé inégal, éclairant ainsi pour nous certaines des voies les plus obscures de la sublimation.
Mots clés : Sublimation, Création littéraire, Métaphore, Croissance psychique, Marcel Proust
Résumé : L’extase de l’auditeur est d’abord celle que vit Gould en se laissant déposséder de lui-même, « ravir », par l’œuvre avant d’y déposer son être tout entier. Cette relation n’est pas seulement à comprendre à la manière dont un parasite peut habiter un autre organisme et s’y développer mais comme le résultat d’un avalement préalable par ce dernier. Le grain de sable va devenir perle et faire de l’huître autre chose qu’un fruit de mer.... Ce que communique Gould, c’est son propre bouleversement quel que soit le raffinement technique qu’il apporte à la performance.
Mots clés : Musique, Ravissement, Extase, Narcose esthétique
Résumé : La « sublimation » est un concept assez peu utilisé dans l’élaboration des histoires cliniques que nous pouvons entendre soit en analyse quatrième, soit lors d’exposés. Les aspects métapsychologiques ainsi que les liens à la temporalité et à la notion de choix donnent au concept de « Sublimation », dans le livre de Sophie de Mijolla-Mellor, une dimension utilisable pour la réflexion sur la clinique et son élaboration.
Mots clés : Mouvement créateur, Transformation, Transmutation, « Trouvé-créé » , « Représentation-objet », Régression formelle, « Langage fondamental », Choix
Résumé : En proposant la notion de « choix de la sublimation » l’auteur souligne que la sublimation est ouverte à tout moment, de même qu’est également possible ce que Freud appelle la « désublimation » qui n’est en fait qu’une option différente de celle dans lequel le sujet s’était initialement engagé. A partir de l’analyse de l’esthétisme, ce texte éclaire un aspect particulier de la question, soit la proximité entre le choix pervers et le choix sublimé qui opèrent tous deux un mouvement de contournement de l’interdit et parviennent, moyennant certaines limites, non seulement à maintenir l’écoulement du flux libidinal mais à le renforcer du fait de cet obstacle.
Mots clés : Sublimation, Choix, Esthétisme, Perversion, Plaisir scopique
Résumé : Pour maintenir l’exigence d’une activité psychanalytique dans le cadre d’un service public, le Dispensaire d’hygiène mentale de la préfecture de la Seine, créé en 1955 par le docteur Victor Smirnoff, se transformera en Département de psychothérapie pour adultes : « La rue Tiphaine ». Il sera composé d’une équipe de plus en plus importante, dont la majorité des membres était de formation psychanalytique. En raison des contraintes imposées par la mise en place de la sectorisation, ce centre devra négocier pour conserver son mode de fonctionnement psychanalytique.
Mots clés : psychothérapie analytique, formation, autonomie thérapeutique, intranquillité
Résumé : Une policlinique psychanalytique n’ayant pu se créer à Budapest en 1919, c’est Max Eitingon qui reprend l’idée et la réalise sur ses propres finances à Berlin en 1920. Cette première policlinique – dont on précise ici la fondation et le fonctionnement – deviendra un institut psychanalytique, qui offre à la fois un traitement gratuit pour la population nécessiteuse et la formation des analystes. Il servira de modèle pour tous les instituts de l’Association psychanalytique internationale. La Correspondance de Freud et d’Eitingon, récemment traduite, nous montre que l’idée, embryonnaire, d’un « sanatorium psychanalytique » était déjà chez Freud. Il n’y manquait que de conjuguer la clinique et la formation des analystes en une « École supérieure de psychanalyse » (Freud), qu’Eitingon et ses collègues mettront sur pied empiriquement et dont les grandes lignes du programme seront repensées par Freud en 1927, dans ses dernières pages de La question de l’analyse profane.
Mots clés : Ferenczi, Eitingon, Policlinique de Berlin 1920, Rapports sur la Policlinique de Berlin de 1922 et de 1930, correspondance Freud-Eitingon, « sanatorium psychanalytique », « École supérieure de psychanalyse »
Résumé : Longtemps négligés par la psychanalyse freudienne, les grands-parents sont pourtant les transmetteurs de contenus conscients et inconscients qui jouent un rôle important dans la construction psychique du sujet et dans son devenir. Les réflexions que propose cet article se réfèrent à l'épineuse question, envisagée par Freud dans Totem et tabou, de la transmission de processus psychiques d'une génération à une autre . Elles s'étayent sur le témoignage que Sartre en a donné dans Les Mots, sur des éléments puisés dans la pratique, et plus particulièrement sur l'observation d'un cas clinique.
Mots clés : grands-parents,transmission intergénérationnelle des processus psychiques.
Résumé : p. 3 : ACTIVITES INSTITUTIONNELLES– ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE
Résumé : L’incorporation processuelle précède l’introjection comme mode de défense dans le calendrier maturationnel du sujet. Elle enregistre, à des fins de métabolisation dans le corps du moi corporel, les expériences constituant son histoire traumatique. Elle demeure toujours, en secours à l’introjection, solution adaptative possible en cas de sidération psychique. Le cas d’Emma analysé dans ce point de vue pourrait conduire à une réinterprétation de la notion d’après-coup.
Mots clés : incorporation, principe de constance, stase, métabolisation, phénocopie, concept-limite
Résumé : Il y aurait, dans cette question inaugurale quant à la singularité de la transmission en psychanalyse, comme un paradoxe nouant l’acte de transmettre et « l’impossible ». Est-ce le constat d’un impossible à faire transmission ? D’un impossible à transmettre ? N’y aurait-il que l’impossible qui puisse se transmettre ? Y aurait-il de nouvelles conditions actuelles pour la psychanalyse et qui mettent en péril la possibilité même d’un « impossible » dont on s’accorderait à penser qu’il est l’essentiel de la chose à transmettre ? Cet « impossible » relève en priorité d’une temporalité inhérente à l’acte analytique, fondée sur le différé, le délai, le suspens, et ce qui, du manque, s’offre à désirer. C’est bien sûr le transfert comme mouvement de voilement/dévoilement de l’objet qui en est l’expression dans la cure, ce qui se trouve aujourd’hui gravement menacé par l’idéal consumériste commun, à l’heure où « tout est possible ». Transmettre l’angoisse serait transmettre ce qui, d’une irreprésentable séparation d’avec l’objet primaire, ouvre sur un autre destin que celui d’une interminable fascination. N’est-ce pas là une des conditions pour penser la fin de la cure ?
Résumé : Qu’est-ce qui se transmet dans l’analyse, de l’analyste à l’analysant ? La question sera abordée à partir de l’acte en lequel s’effectue cette transmission, l’acte d’interprétation. À ce titre, on montrera que, au travers du dénouage verbal des opacités transféro-contre-transférentielles qui œuvrent dans la cure, c’est un savoir sur le symbole et sa naissance qui tend à se transmettre pour un sujet. Nous esquisserons l’étude de la nature, des conditions et des limites de ce savoir trébuchant.
Résumé : La notion de transmission est consubstantielle au champ même de la psychanalyse ; mais elle véhicule un ensemble de lignes de pensée, tant du côté de l’analyste que de l’analysant, qu’il nous faut différencier et clarifier. Mon propos ici est d’interroger et de soutenir un angle spécifique de cet acte de transmission constitué par le vif de la séance. Si la psychanalyse est constamment traversée par un fond d’intransmissible, il n’en demeure pas moins que ce qui reste de l’expérience de la cure s’apparente à une forme de transmission que chaque analysant aura à s’approprier et à inventer. Cette transmission est singulière dans la mesure où elle repose sur un étrange paradoxe qui conduit de l’intransmissible à ce qui se transmet néanmoins dans un indicible. Elle va ici renvoyer à la position analytique qui dans sa spécificité vectorise cette expérience. Loin de représenter un contenu secondarisé et acquis une fois pour toutes, elle tend vers la construction d’une nouvelle disposition interne reposant sur une potentialité d’appréhender différemment la notion de Sens, et de saisir en soi les traces psychiques d’un infantile constamment agissant, apprentissage d’une autre nature de savoir marqué du sceau de l’interrogatif et de l’inachevé.
Résumé : De Totem et tabou à L’homme Moïse et la religion monothéiste, l’énigme de la singularité humaine et la tragédie du père originaire se sont déplacées, sous la plume Freud, de l’alliance fraternelle fédératrice à la haine antisémite. Haine destructrice sans précédent qui, si elle interroge la haine de la fondation et de la transmission, inaugure une attaque des sources mêmes de la pensée et du langage. Les psychanalystes ont, certes, à se défendre du démembrement culturel poursuivi depuis par le rationalisme opératoire, mais, ils ont en outre à veiller sur ce qui, au sein des processus de formation et de transmission, tend à édulcorer le génie de la découverte freudienne.
Résumé : La notion de transmission si présente en psychanalyse se déploie sous différentes voies qu’il est important de distinguer et préciser ; mon propos est de situer quelle fut mon approche pour proposer ce thème augurant d’une confrontation entre psychanalystes de différentes sociétés.
Résumé : Il faut se demander si le compte rendu d’analyse, parce qu’il a pour matière la version que l’analyste lui-même se donne de cette expérience à deux, n’apparaîtrait pas au patient mis en cause bien éloigné de ce qui a été sa version personnelle de la même chose. Mais aussi s’agit-il bien de la même chose ? L’homme aux Loups, L’Homme aux Rats, Schreber, Sidonie Scillag, l’Aimée de Lacan et bien d’autres encore, qui étaient ces hommes et ces femmes que nous sommes accoutumés à considérer et à évoquer comme de véritables modèles, voire des morceaux fossilisés de théorie ? Qu’est-ce que le regard « historique » et non plus seulement clinique nous apporte les concernant ou nous révèle vis-à-vis de la rencontre avec l’analyste qui leur a valu d’être couchés non seulement sur le divan mais sur le papier ? L’Histoire dans sa dimension anthropologique et sociale rencontre ici ces histoires qui se réécrivent ainsi indéfiniment : celles des patients grâce auxquels la psychanalyse a pu s’inscrire.
Mots clés : Compte-rendu d’analyse, Déontologie, Éthique, Cas clinique, Vérité , Contrat analytique, Histoire de cas
Résumé : Une relecture du cas « Dora » – avec, à la fois les avancées théoriques et techniques freudiennes et l’après-coup de la cure, mais aussi les critiques d’analystes contemporains, ainsi que les apports récents d’historiens de la psychanalyse – nous permet de comprendre les causes de l’échec de Freud et de rétablir l’identité et le devenir d’Ida Bauer.
Mots clés : Hystérie chez une jeune fille, Merano et culte marial, « Gynécophilie »
Résumé : Le mouvement de pensée qui conduit à la seconde topique ouvre la psychanalyse aux structures non névrotiques, mais cette seconde topique n’exclut en aucune raison ce qui spécifie la première et, notamment le lien que promeut celle-ci, fondamentalement et originairement, entre la problématique hystérique et la sexualité infantile. D’un côté, l’intérêt soutenu pour les problématiques narcissiques, les états-limites, aura pu contribuer à détourner l’oreille des psychanalystes de la psychosexualité. De l’autre, les symptômes hystériques, du fait de leur plasticité à l’air du temps, à l’actualité, ainsi que par leur capacité à interroger les limites du savoir dont le savoir analytique, tendaient à épouser et à revêtir ceux propres aux « nouvelles cliniques ». La révolution freudienne est celle du passage d’une économie du regard et de l’espace à une économie de l’écoute et du temps. Ce passage débouche sur une conception spécifique du temps et de la mémoire, source d’un possible axe d’approche spécifique de la clinique psychanalytique.
Mots clés : Clinique psychanalytique, Hystérie, États-limites, Psychosexualité, Topique
Résumé : La situation analytique, en modifiant l’équilibre des défenses du sujet, ne doit prendre que des risques calculés vis-à-vis d’un moindre mal, perspective qui situe l’« analysibilité » non pas en termes de capacité du sujet vis-à-vis d’un « ça parle », mais en fonction de la place relative des désirs inconscients de vie et de mort qui l’habitent. On évoquera ici l’évolution de la pratique analytique des psychotiques à partir de l’angle particulier de la théorisation qu’en propose Piera Aulagnier avant et après sa rupture avec Lacan.
Mots clés : Situation analytique, Demande, Savoir de l’analyste, Diagnostic, Paradis perdu de l’évidence, Magico-sexuel
Résumé : Selon Freud, le traumatisme psychique est essentiellement d’ordre économique : un excès d’excitation envahit et déborde la psyché. Avec Ferenczi, le modèle économique est développé d’après la clinique des problématiques traumatiques liées à la séduction abusive. Le concept de « langage fondamental », introduit par Piera Aulagnier, permet de mettre en évidence l’impact identificatoire du traumatisme, et la clinique des effets pathogènes des expériences de séduction subie conduit à évoquer la notion de « contrefaçon du langage fondamental ». Outre la dimension économique, est impliquée la fonction identifiante de la parole, qui nomme les affects et ce faisant identifie les sentiments : le sens qui s’attache à l’éprouvé est atteint par le traumatisme lié à la séduction abusive.
Mots clés : Traumatisme, Séduction abusive, Économique, Langage fondamental , Fonction identifiante, Parole, Affect, Sentiment, Contrefaçon
Résumé : Nous nous inspirerons du livret de Colette, mis en musique par Ravel, et commenté par M. Klein, pour aborder trois concepts qui nous paraissent fondamentaux en psychanalyse de l’enfant. En premier lieu, le concept d’angoisses infantiles, à travers les différentes théorisations qui nous en sont données par Freud. En deuxième lieu, la notion éminemment kleinienne de l’immédiateté du transfert en psychanalyse de l’enfant. Enfin, toujours dans la situation analytique avec l’enfant, le caractère d’inquiétante étrangeté qui la caractérise, sur le modèle de l’anamorphose décrite par Lacan, et repris par Fédida.
Mots clés : Angoisses infantiles, Immédiateté du transfert, Anamorphose, Inquiétante étrangeté, Sexualité infantile
Résumé : Les attaques contre la psychanalyse s’inscrivent aujourd’hui dans le mouvement de l’évaluation généralisée et de la quantification normée de tous les savoirs, de toutes les pratiques et de tous les discours. Comme déjà en 1925, quand Freud s’inquiétait des résistances passionnelles envers la psychanalyse, c’est l’opposition au nouveau, et avec lui le rejet de l’étranger qui fondent aujourd’hui le développement des réactions cognitives et leur refus de l’inconscient. Une réflexion sur le nouage entre l’émergence de l’idée nouvelle et la question de l’étranger à l’origine constitue un fil rouge qui sera suivi ici à travers le corpus freudien, sous l’angle du mythe de la création de la psychanalyse. L’amour de la vérité, la reconnaissance de la priorité à accorder au causalisme psychique, la liberté de la vie psychique d’échapper à la tyrannie du point de vue réalitaire, fondent une certaine éthique de l’expérience analytique. Or c’est sur ces fondements que s’organisent les résistances actuelles à la psychanalyse. Le discours des neuro-sciences ainsi que celui des psychothérapies cognitivistes y trouvent leur ferment.
Mots clés : Évaluation, Résistances à la psychanalyse, Amour de la vérité, Causalisme psychique, Liberté de la vie psychique, Neuro-sciences, Cognitivisme, Psychothérapies
Résumé : Le concept d’états dits bipolaires introduit dès 1961 et repris dans les D.S.M. crée un flou dommageable à la prise en charge thérapeutique de nos patients puisqu’il regroupe les anciennes P.M. D et les dépressions névrotiques. Je montre en faisant un historique médico philosophique de la notion et avec ces cas cliniques que seule l’approche psychanalytique est pertinente avec ces patients.
Mots clés : Bipolarité, Métapsychologie, Deuil, Dépression anaclitique
Résumé : Le propos de ce texte est d’aborder le « travail » selon deux points de vue articulés entre eux, celui de l’étymologie du mot « travail » lui-même et celui de la transmission à l’infans, par la mère, de la nécessité du travail psychique. À la notion de commencement s’intègre celle de transmission pour amener à la conception du « commencement de la transmission ». La mémoire de la langue suggère que ce commencement se fait plutôt dans la peine, mais les théorisations de Piera Aulagnier introduisent les notions de rencontre de deux psychés, celle de la mère et celle de l’infans, pour un travail commun, de telle sorte que la solitude de l’infans ne peut se concevoir autrement que pensée et travaillée par l’autre.
Mots clés : travail, détresse, solitude, mère, infans, transmission, refoulement
Résumé : Le texte qui étoffe cet éditorial est un commentaire de la journée « Travail et transformations » de juin 2006 dont l’auteure a été discutante. Elle y souligne combien le développement de l’activité de pensée est une mise au travail des processus psychiques, car s’y confrontent sans cesse les deux principes de fonctionnement décrits dans la métapsychologie freudienne : principe de plaisir et principe de réalité. En tout un chacun, le degré d’adaptation à la réalité et ses exigences, comme le degré de domestication et d’exigences propres du plaisir, relèvent du degré de tolérance à la frustration ainsi que de la capacité de contenance de l’environnement. Cela éclaire pourquoi la relation transféro-contre-transférentielle est si importante à repérer et à analyser dans les cures. L’auteure résume aussi l’apport des travaux de W.R. Bion sur différents types de transformations psychiques observés : transformations déjà décrites par Freud dans le transfert, dites par Bion « transformations à mouvement rigide » ; transformations projectives provenant des parties les plus archaïques de la personnalité ; et « transformations dans l’hallucinose » affectant les personnalités qui ont traversé des vécus précoces catastrophiques où les émotions n’ont pu trouver la moindre voie relationnelle de transformations.
Mots clés : travail psychique, principe de plaisir, principe de réalité, transformations, transformations à mouvement rigide, transformations projectives, transformations en hallucinose, changement catastrophique, transfert-contretransfert, emprise, empathie, i
Résumé : Nous proposons un modèle à visée épistémologique de construction métapsychologique qui s’appuie sur certains apports de la physique quantique et notamment sur la théorisation du modèle du chaos. En supposant que l’espace psychique de l’infans est un espace inorganisé qui se caractérise par un potentiel non encore utilisé de significations, nous tâcherons d’imaginer les processus psychiques et conditions environnementales nécessaires permettant l’attribution du sens à ce non-sens initial. Seront établies certaines analogies possibles entre la dynamique des « attracteurs étranges » avec les processus de croissance où se développent à la fois transformation et permanence, ainsi que celles établies avec les mouvements de la vie psychique rendant son évolution tributaire de la temporalité ; ce dernier point mettant ainsi au défi le déterminisme psychique.
Mots clés : chaos, « attracteurs étranges », émergence vie psychique, réalisation hallucinatoire du désir, potentiel non encore utilisé de significations, non-sens primaire, création de signification fantasmatique, sens, non-sens secondaire, « néant secondaire »
Résumé : Il est développé l’hypothèse que la voix maternelle est un objet partiel au même titre que le sein et que l’on peut supposer un stade spéculaire préexistant à celui du miroir, celui de la voix. Cette hypothèse est liée à ses conséquences cliniques : lorsque celle-ci vient à manquer, il n’y a plus d’amer dans le chaos postnatal. L’expérience d’une cure et son évolution montreraient que le grain de la voix de l’analyste jouerait le même rôle que l’interaction des émotions de l’infans avec le pictogramme de la voix maternelle.
Mots clés : étayage, objet partiel, spéculaire, construction dans l’analyse, traces
Résumé : Nous faisons l’hypothèse que l’appareil psychique, se construisant avec l’aide de l’objet primaire, a pour tâche de se protéger des stimuli internes qui sont dans le même temps la condition de son existence, et que l’excitation due à ces stimuli ne devient pulsionnelle, pour ensuite constituer une trace psychique transformable, qu’à la condition qu’un objet primaire soit présent. À partir d’une expérience clinique avec une enfant psychotique dont l’excitation maniaque envahit la scène des séances de sa psychothérapie, nous développons nos interrogations sur la fonction de l’excitation chez cette enfant, et en contre-point sur l’attitude analytique à adopter. En nous étayant sur notre vécu contre-transférentiel, nous discutons plus particulièrement les différentes qualités de l’objet primaire sollicitées par cette enfant dans la relation transférentielle. Il s’agit ici de montrer comment un travail de liaison de l’excitation s’est opéré dans cette rencontre par le travail de l’analyste qui, construisant des représentations-relais, favorise l’appropriation d’une représentation pulsionnelle par l’enfant.
Mots clés : travail, excitation, liaison, objet primaire, transfert
Résumé : Sur la base de la psychothérapie de Sébastien (de 5 à 8 ans), le texte rend compte avant tout d’un travail d’élaboration contre-transférentiel : travail d’autant plus ardu que les mouvements de destructivité, d’emprise, de tyrannie, sont intenses au sein du dispositif. La rencontre avec Sébastien a engagé le thérapeute à se mouvoir sur une scène « limite », « travaillée » notamment par des mouvements d’investissement et de désinvestissements radicaux. Il a donc essentiellement été question, en référence à cette clinique, de témoigner du travail de construction d’un cadre, d’un cadre interne, d’un cadre psychique : construction d’un « écran » sur lequel la destructivité, la haine, puissent venir se figurer, se mettre en scène, se réfléchir. Dans ce contexte, le souvenir d’un film, Le salaire de la peur (de H.-G. Clouzot, 1952), qui se « réveille » pour l’analyste au cours de la psychothérapie, sert de fil rouge au propos. L’histoire de ce film – telle qu’elle lui est revenue – et son analyse lui ont permis de structurer quelque chose, à la fois de la problématique de Sébastien, de son élaboration contre-transférentielle propre, et des enjeux processuels au sein de la thérapie.
Mots clés : contre-transfert, destructivité, psychanalyse d’enfant
Résumé : L’auteur propose la distinction entre une passivité structurante susceptible d’intégrer le masculin et le féminin dans le développement du processus analytique, et une passivation traumatique empêchant toute possibilité de s’ouvrir à l’autre sans courir le risque de l’effraction et des angoisses qu’elle suscite. La capacité identificatoire de l’analyste lui permet de se confronter aux vécus de dépersonnalisation, d’informe, aussi bien qu’aux enjeux sexuels de l’œdipe et de ses dépassements. Sa bisexualité se révèle essentielle dans sa capacité de régression formelle et aux objets de dépendance, soutenant aussi bien l’écoute, l’activité interprétative que le silence. Le psychisme de l’analyste peut entrer en collusion avec des imagos actualisées (mélancoliques ou tyranniques) par le processus et sources d’attitudes interprétatives défensives. La médiation de l’imaginaire comme voie de symbolisation du symbole est abordée dans sa fonction élaborative mais aussi de leurre possible. Un exemple clinique illustre les difficultés contre-transférentielles à l’origine d’attitudes trop contenantes.
Mots clés : passivité structurante, passivation, contenance, bisexualité psychique, identification, imaginaire, symbolique, contre-transfert
Résumé : Maurice Rey évoque la liaison du travail psychique et des éprouvés de détresse et de solitude à partir d’un poème de Cesare Pavese, écrivain italien, mort en 1950 par suicide, à 42 ans, après une vie faite d’un excès d’expériences tragiques. Le poème intitulé « Travailler fatigue » (1936) donne son titre au premier recueil de l’auteur, alors âgé de 28 ans et exilé par le régime de Mussolini. Dans ce texte, Cesare Pavese décrit un homme en rupture avec son milieu familial et culturel d’origine, probablement campagnard, errant dans une ville. Étrangement, malgré le titre, il n’est pas directement question de travail, mais d’errance, de désespoir et de solitude. Le mythe de la perte du Jardin d’Eden, qui donne son sens à une telle errance, est rapproché de la notion apportée par Piera Aulagnier (1982) d’une « condamnation à investir ». Cette condamnation, consécutive de la séparation originaire d’avec l’objet, exige du sujet un effort sans cesse renouvelé pour maintenir l’investissement des représentations psychiques, malgré la tendance à désinvestir qu’entraîne la souffrance imposée au Je par la réalité. Mais si, dans le poème et dans la vie de Pavese, Éros et le retour espéré à « une femme-maison » apparaissent comme les seuls moyens de s’en sortir, M. Rey montre les limites de cette solution en se référant à l’article de Nathalie Zaltzman, « Tomber hors du monde » où se trouve décrite la conjonction d’une réalité sociale hostile et d’un Surmoi mortifère auquel le sujet se plie, et face à laquelle le souvenir des objets d’amour ne suffit pas. L’amour paraît à tort être la seule défense contre cette conjonction destructrice. Quand le vécu mélancolique laisse place à « un sentiment exaltant d’être au centre du monde », le Je s’identifie à un idéal que le Monde représente dans la fête maniaque (comme dans Le bel été, nouvelle de Pavese de 1940). Investir l’appartenance au genre humain pourrait-il permettre de résister ? L’homme du poème n’y parvient pas malgré la trace d’autres « hommes aux mains calleuses » qu’il peut reconnaître dans les rues où il erre.
Mots clés : Cesare Pavese, errance, « condamnation à investir », Piera Aulagnier, Nathalie Zaltzman, « genre humain », surmoi, « réalité sociale », fête maniaque.
Résumé : L’auteur a tenté d’illustrer les difficultés du travail de l’analyste confronté à un mode de pensée psychotique d’agrippement à la recherche de « La Vérité ». À partir d’une séance clé, il a recherché quels opérateurs transféro-contre-transférentiels pouvaient jouer pour permettre la sortie de ce mode de pensée vers un fonctionnement plus souple et créatif, capable de penser autour de la vérité du sujet en supportant de ne pouvoir l’atteindre.
Mots clés : relation transféro-contre-transférentielle, vérité, paralysie de la pensée, attaque des liens, capacité de rêverie
Résumé : Les progrès obtenus dans une cure se révèlent bien souvent instables. La vision négative de soi et du monde revient en force... Cette instabilité prend sa source dans un réseau de conceptions fondamentales, profondes, mises en place dans la toute petite enfance, qui rejettent les bonnes relations d’objet vues comme trompeuses, ou source de trop de souffrances. J’aborde ici, à l’aide d’un exemple clinique, cette question de la stabilité et de l’instabilité des transformations dans la cure. La construction de stabilisateurs internes est importante car ils sont liés à l’introjection des « bons » objets, mère et père. De trop grands traumatismes précoces mettent en place une organisation défensive rigide s’opposant au retour des bonnes relations d’objet. Dans ce cas prédominent les conceptions à base de méfiance qui sont à l’origine de réactions thérapeutiques négatives répétitives ; cela peut devenir décourageant pour le patient et pour l’analyste lorsqu’il n’en repère pas la nature. Il importe alors de mettre au jour cette instance, à la fois négative et protectrice, afin de réduire le clivage entre le self capable de développement et celui s’opposant au retour de vrais liens avec l’autre. L’évocation de cette cure illustre ces réactions thérapeutiques négatives et le travail d’élaboration qui s’est avéré nécessaire pour sortir de l’impasse dans laquelle la cure semblait devoir rester bloquée.
Mots clés : Stabilité/instabilité dans la vie psychique et des progrès dans la cure, réaction thérapeutique négative, clivage et identification projective, rigidité des défenses primitives, accès à l’ambivalence, préconceptions de base, conceptions fondamentales
Résumé : es discours protectionnistes faisant appel à la notion d’identité nationale (et revendiquant une légitimité pour séjourner dans le pays) installent des mesures administratives et conduites violentes telles que celles, par exemple, sévissant au sein des centres de rétention pour sans-papiers. Pour explorer cette question, l’auteur propose, à partir de la recherche en psychanalyse, un travail du mythe grec d’autochtonie (celui qui raconte la fondation de la polis) à partir de l’axe de la verticalité de l’Humain. Freud fait du passage à la station droite des premiers hommes le procès qui, rien moins que cela, conduit à la civilisation. L’enjeu est de taille et mérite de convoquer, une fois encore, la sorcière métapsychologique, fort des avancées les plus récentes sur la pensée archaïque individuelle et collective, avec par exemple la notion de mythe magico-sexuel.
Mots clés : autochtonie, mythe magico-sexuel, verticalité, violence politique
Résumé : Ce livre dense, différent car novateur dans la méthodologie employée nous présente une synthèse des apports de Melanie Klein, dans un souci constant et double : rendre intelligible et accessible cette pensée et articuler la présentation de celle-ci avec d’autres champs de théorisation.
Résumé : p 3 : Éditorial
Résumé : Le « coup de foudre » qui signe la puissance des affinités électives repose sur la fascination de chacun des protagonistes face à leur mouvement de dessaisissement narcissique envers l’autre. Mais, dès le moment où un couple a constitué une unité isolée, il court le même risque d’étouffement que l’individu et il lui faut sortir de soi pour ne pas tomber malade par stase libidinale, autrement dit par ennui. L’addiction au risque d’aimer à nouveau ailleurs se présente alors, conséquence de l’incapacité à élaborer au sein du couple ce qui peut tenir la place de l’autre. Partant de Goethe et de Stendhal, on interroge ici l’incapacité à se détacher du risque passionnel en la confrontant à la nécessité qu’éprouvent certains sujets de miser leur vie pour la vivre intensément. Face à cette quête narcissique infinie, l’objet se limite à sa capacité de faire défaut, ce qui le rend apte à figurer à l’extérieur du Moi le manque autour duquel il s’organise.
Mots clés : Risque, Passion, Amour, Couple, Stase libidinale, Narcissisme.
Résumé : En avançant pas à pas dans le récit de la rencontre d’Ève avec le Serpent que nous propose la Bible, cet article interroge le statut de la connaissance – notion qui circule tout au long de ce texte – dans sa relation aux couples bien/mal, vie/mort : valeur éthique ou source d’excitation pulsionnelle ? Appel à la sublimation ou incitation à la transgression ? Dans le droit fil de cette interrogation, il s’intéresse plus particulièrement à la figure du Serpent, à la fonction symbolique qu’il occupe dans ce récit, à sa complexité en tant qu’agent du mal.
Mots clés : Adam, Ève, bien, mal, loi, connaissance, mélange.
Résumé : L’épisode du Serpent dans la Genèse permet de penser au plus près l’attaque de la parole et de la pensée dans les pathologies des limites. Cette attaque a pour visée le détournement de la puissance du langage, comme vecteur de différenciation et de séparation, tant sur le plan de la pensée que sur le plan relationnel.
Mots clés : connaissance, je, langage, narcissisme, pathologies des limites, toute-puissance.
Résumé : p 3 : En souvenir de Nathalie Zaltzman
Résumé : Dans ce travail cherchant à situer les variations de sens de la technique, je pars de la constatation selon laquelle il existe dès l’origine deux typologies de la cure type. Le cheminement se poursuit à travers un parcours historique conduisant à témoigner de la pluralité de la technique analytique : psychanalyse avec des enfants, psychodrame et psychanalyse de groupe, psychanalyse avec des patients psychotiques. La troisième partie du présent travail s’intéresse aux modifications techniques rendues nécessaires du fait de l’actualisation de la réalité de l’inconscient en lien avec le contexte social, politique et culturel. L’intérêt se porte alors sur certaines traductions de la potentialité perverse spécifiquement encouragées dans le contexte social actuel qui conduisent à des modifications substantielles de la technique analytique. De telles modifications conduites de façon singulière par chaque analyste stimulent l’auto-éthique de chacun qu’il convient à la fois de mettre en débat avec celles de ses collègues et en rapport dialectique avec l’éthique complexe dont relève la psychanalyse dans la mesure où elle implique réduction de la cruauté humaine et prise en compte de l’altérité.
Mots clés : Variétés de la cure type, Techniques analytiques, Pluralité de la technique, Potentialité perverse, Auto-éthique, Éthique complexe
Résumé : Le processus de saisie et de traduction de l’inconscient dans la cure réside en fait dans la copule: une saisie sans traduction déboucherait sur un passage à l’acte et une traduction interprétative sans saisie, c’est-à-dire sans mobilisation libidinale de l’analysant et de l’analyste, serait un rabâchage obsessionnel à visée défensive. On voit que l’espace de l’analyse et donc de l’alliance thérapeutique s’en trouvent clairement délimités: quelque part au croisement entre l’émotion érotique et le plaisir de pensée, faisant de l’intellectuel hystérique un sujet particulièrement apte à la démarche analytique. Mais, dans quelles conditions peut advenir de manière thérapeutique le pacte sur lequel repose la cure? Repartant de la notion de «Moi malade» ce texte développe deux notions essentielles: la vérité, dont on sait qu’elle est pour Freud le seul élément éthique de la psychanalyse, et la confiance ainsi que ce sur quoi elle porte.
Mots clés : Éthique, Technique, Transfert, Confiance, Vérité, Thérapeutique, Sublimation, Cure analytique.
Résumé : La découverte de l’inconscient est le fruit d’une transgression, celle par Freud de la censure du rêve par la méthode de libre association. Cette valeur épistémologique de la transgression se traduit dans le champ de la discipline analytique par la nécessité de soutenir une dynamique permanente de franchissement des limites et des censures pour ouvrir à cette connaissance. En ce sens, la position analytique ne peut être dite, elle-même, que transgressive. Mais ceci requiert aussi du psychanalyste, tant d’un point de vue théorique, technique, qu’éthique, d’opérer un travail continu de différenciation entre ce qui contribue à la mise en œuvre et au maintien du processus analytique et ce qui concourt à son effacement, de situer les seuils et les limites de son action au regard de la transgression entendue dans son sens opposé d’infraction coupable. Cette coexistence de sens opposés n’est pas sans retombées théoriques et méthodologiques sur les clivages et discordances dans la communauté analytique; elle fait de la pensée sur la transgression un pivot de la question de savoir comment la découverte de l’inconscient peut survivre à toutes les réductions auxquelles elle peut donner lieu.
Mots clés : Transgression, Règles méthodologiques, Position éthique, Agir transgressifs, Paradoxe de l’analyste
Résumé : Dans la métaphore qu’il utilise en 1913, Freud énonce la règle fondamentale sous la forme d’une invitation au voyage qui articule, comme je l’ai développé dans mon livre Freud et la métaphore ferroviaire, la technique, l’éthique et l’esthétique psychanalytiques au désir de Freud et à son autoanalyse. Dans cette métaphore, le paysage, par sa description, ne se donne pas à la vue, mais résonne à l’oreille. L’œil écoute, l’oreille voit, et la parole adressée dans le transfert porte la marque d’un visuel et d’une plasticité du psychique que Freud a cherché à définir tout au long de son œuvre. La dérivation du désir de voir en désir d’analyse conduit à la conceptualisation d’un visuel qui s’arrache du visible comme sa forme non spéculaire, irruptive, traumatique et processuelle, pour déboucher sur une théorie freudienne de la figurabilité.
Mots clés : Règle fondamentale, Désir de l’analyste, Désir d’analyse, Pulsion sco- pique, Pulsion de recherche, Métaphore, Technique, Éthique
Résumé : L’éthique du psychanalyste procède de l’inconscient et relève de cette obligation de toujours considérer une situation unique à jamais semblable à une autre, en rapport, cependant, avec le cadre analytique. L’éthique se voudrait être absolue mais ne peut être que, subjective et relative, humaine et relationnelle. Il s’agit dans ce travail de confronter les réflexions de Lacan en matière d’éthique à celles de Wittgenstein. Evacuant l’inconscient, ce qui intéresse Wittgenstein ce sont les faits de langage. Ce que privilégie Lacan, c’est la logique formelle de la langue, sans tenir compte de la situation d’interlocution, dénonçant le caractère confus de l’affectivité. Les positions de P.Aulagnier tout en tenant compte de la structure formelle du langage, s’articulent pleinement à l’empirisme affectif. Certaines modalités interprétatives fulgurantes, les «interprétations surprises» qui semblent surgir de nulle part et dont l’élaboration nous échappe, permettent de saisir une articulation spécifique avec l’exigence éthique. La seule éthique qui puisse se soutenir est une éthique du transfert en lien avec le fond affectif émotionnel constitué comme reste à jamais possible à éliminer qui lie l’affect au langage.
Mots clés : Éthique du transfert, Wittgenstein, Lacan, Aulagnier, Interprétation- surprise
Résumé : L’Antigone de Lacan est un modèle pour l’éthique du psychanalyste. En reprenant la discussion autour d’Antigone à partir de plusieurs points de vue contradictoires, deux positions émergent : une éthique qui viendrait à la place des enjeux politiques et une éthique qui pourrait y être associée. Les implications de ces positions sont ensuite envisagées dans les rapports du psychanalyste aux institutions qui peuvent le concerner : institutions de soins et sociétés analytiques.
Mots clés : Psychanalyse, Antigone, Éthique, Politique, Institution, Sociétés analytiques
Résumé : Ce texte tente de cerner ce que nous enseigne encore le mythe d’Antigone du point de vue de l’éthique intimement liée à la pratique de la psychanalyse.
Mots clés : Antigone, Éthique, Idéal, désir de l’analyste, Transmission
Résumé : L’idéal du psychanalyste est à prendre en considération. Ce serait une erreur et une illusion de croire en une écoute analytique entièrement «purifiée» ou «libérée» de toute influence extérieure à la séance. La principale qualité du psychanalyste en position d’écouter l’analysant serait sa capacité à reconnaître et accepter ses propres mouvements identificatoires, allant en permanence des identifications culturelles les plus élevées aux identifications narcissiques les moins élaborées.
Mots clés : Idéal du psychanalyste, Idéal du moi, Identification, Conviction, Désir de l’analyste
Résumé : Dans ce travail, partant de la notion de «péché originel» telle qu’elle a pu se définir dans une version populaire issue de la tradition catholique, nous faisons retour sur la lecture du livre de la Genèse. Cela permet de situer les apports ultérieurs de Paul de Tarse et d’Augustin d’Hippone ouvrant la voie au dogme théologique. Le «péché originel» se situe alors comme transgression de la loi divine concernant l’interdit d’accès à l’arbre de la connaissance du Bien et du Mal qui constitue une certaine révélation de la sexualité humaine. Les interprétations qui peuvent être dégagées de la notion de «péché originel» concernent le narcissisme de l’humain tendant à être l’égal d’un dieu, mais aussi son désir de savoir, ainsi que son inscription dans le champ d’un discours prenant en compte la question du féminin. La rencontre de la théologie et de la psychanalyse produit une sorte de métissage qui peut être un des enjeux de notre temps.
Mots clés : Péché originel, Angoisse existentielle, Connaissance, Être en détresse, Narcissisme, Sexualité, Féminin
Résumé : Les théories sexuelles infantiles sont des rejetons du « sexuel infantile », s’ alimentent de la pulsion du savoir et la fantasmatisation, se construisent par nécéssité et comme toute théorie possèdent une fonction heuristique, auto- créatrice et en même temps défensive. ? partir du matériel clinique des analyses d’adultes les destins psychiques de la théorisation sexuelle infantile sont illustrés dans leurs rapports à l’histoire libidinale, à la structuration psychosexuelle et à la symptomatologie spécifique du sujet.
Résumé : Avec point de départ le passage de la singularité des «dialectes» pulsionnelles à une langue commune et conforme à la logique de l’ensemble humain, l’auteur de l’article explore la gestion individuelle et collective de l’inconnu ainsi que de l’ indéterminisme créateur que l’on rencontre dans toutes les faces de l’exercice de la psychanalyse: analyse personnelle, supervision, échanges inter-analytiques.
Résumé : Catherine Reverzy est partie cet avril 2008 pour ne plus revenir. Son exploration intérieure, sa recherche pour mieux soigner et son cœur généreux ont cédé. (...)
Résumé : L’objectif de cet article est de tenter de faire lien entre la relative banalité du fantasme d’emprise qu’illustre le mythe de Pygmalion et la folie du prédateur pédophile captivé par des traits minimes qu’il esquisse au passage de certaines préadolescentes. Il va se donner un droit parfois illimité sur cet objet qui incarne son fantasme mais celle sur qui tombe son choix n’a pas d’autre réalité pour lui que l’apparence qu’il lui donne. Elle devient un fétiche vivant qu’il va modeler à sa manière et dont la fonction principale est de lui permettre de continuer à ignorer sa haine des femmes et sa rivalité indépassable avec la mère qui, elle, peut mettre au monde des enfants. Ce texte réunit plusieurs perspectives hétérogènes: la question esthétique du lien entre le créateur et son œuvre, la question psychosociologique et historique interrogeant la norme générationnelle dans la relation amoureuse, et surtout la question psychopathologique, éthique et juridique du séducteur pédophile.
Mots clés : Pédophilie, Sculpture, Prédateur, Fétichisme, Lolita, Mythe, Criminologie, Paedophilia, Sculpture, Predator, Fetishism, Lolita, Myth, Criminology
Résumé : La sculpture apparaît rarement chez Freud comme métaphore du travail analytique. Ainsi, dans son Moïse de Michel-Ange, il s’applique uniquement à rechercher les déterminants inconscients de l’œuvre. Nous essaierons de montrer certaines similitudes entre le travail du sculpteur et celui du psychanalyste. Tout d’abord, ils procèdent tous les deux par soustraction («Per via di levare»). Ils sont tous deux à mi-chemin entre achèvement et inachèvement. Enfin, l’interprétation analytique comme la statue, est à notre avis dans certains cas sinon dans tous, porteuse d’une «inquiétante étrangeté.
Mots clés : Psychanalyse, Sculpture, Transfert, Inachèvement, Interprétation, Psychoanalysis, Sculpture, Transference, Incompletion, Interpretation
Résumé : "Ce n’est point chose facile, en effet, que de jouer de l’instrument psychique" exposait Freud, en 1904, lors d’une conférence faite au Collège des médecins de Vienne. Pour travailler son instrument, il n’y avait alors, pour l’analyste, d’autres voies que celle de l’autoanalyse puis de l’analyse dite « didactique ». La pratique des cures dites « contrôlées » viendra ensuite, après la fondation de la policlinique psychanalytique de Berlin en 1920. Dès lors, cette pratique occupera une place toujours plus importante dans la formation des psychanalystes et dans la transmission de la psychanalyse. (...)
Résumé : Mes chers collègues, je me réjouis en tant que Président du Quatrième Groupe d’ouvrir ces journées de travail et d’échanges sur le thème : « Contrôle, Supervision, Analyse quatrième »; Ceci sur l’initiative du Quatrième Groupe. Je souhaiterais commencer par vous conter une brève histoire ...
Résumé : La conception du contrôle comme analyse quatrième (J.P. Valabrega) est-elle la mise en lumière de la multiplicité des mouvements transférentiels mobilisés par ce mode d’élaboration? Est-elle une fiction qui dégage la pratique du contrôle des limites de la transmission pédagogique?
Mots clés : Transfert initial, Transfert résiduel, Transfert sur la psychanalyse, Évitements, Initial Transference, Residual Transference, Transference on psychoanalysis, Avoidance
Résumé : Ce texte est une reprise remaniée d’un précédent texte sur l’Analyse quatrième en tenant compte du dialogue entre analystes qu’il a suscité Il s’ouvre par un rappel des notions définissant ce processus de travail analytique qui s’instaure quand un analyste parle de sa pratique de la psychanalyse avec un autre analyste. La réflexion sur l’analyse quatrième conduit à réinterroger les effets de pacte dénégatif voire de déni qui peuvent infiltrer la relation analytique. Les différentes modalités identificatoires qui se déploient dans le dispositif sont alors repérées et leur dénouement relève de la pratique de la pluriréférence. Elle conduit aussi à reposer la problématique de l’interprétation. L’analyse quatrième se situe à la fois dans la continuité avec l’analyse personnelle mais aussi en discontinuité dans la mesure où elle ouvre à un dialogue entre analystes marqué par une mutualité qui se dégage de l’asymétrie caractéristique de la relation transférentielle propre à toute analyse.
Mots clés : Fourth Analysis, Supervision, Control, Identification, Interpretation, Asymmetrical relationship, Temporality, Analyse Quatrième, Supervision, Contrôle, Identification, Interprétation, Relation d’asymétrie, Temporalité
Résumé : Si le transfert, puis le contre-transfert ont été découverts à quelques années de distance par Freud, puis compris comme phénomène inhérent à l’expérience psychanalytique, on assiste à leur reconnaissance juridique par le biais de la réglementation des psychothérapies. Mais le métier d’analyste est également porteur de risques pour celui qui l’exerce. Son implication émotionnelle dans la cure le rend vulnérable, parfois «sous influence»; le psychanalyste peut en être passagèrement «malade» et la formation continue des analystes est une nécessité.
Mots clés : influence du patient, contre-transfert, implication émotionnelle, «maladie» normale, analyse de l’analyste, Influence by the Patient, Counter-transference, Emotional Involvement, Normal ‘Sickness’, Analysis of the Analyst
Résumé : p 3 : Activités scientifiques 2008-2009, Journées scientifiques et journées d'étude, p 8 : Séminaires et groupes de travail, p 31 : Compte rendus et commentaires, p 78 : Actualité de la psychanalyse, p 81 : Notes de lecture, p 90 : Addendum, p 92 : Informations, p 94 : Liste des analystes membres du IVe Groupe.
Résumé : La violence organisée, telle qu’elle se déploie dans la guerre, s’oppose t’elle à l’ordre sclérosé pour créer l’équilibre des contraires sur lequel se fonde l’harmonie? Est-elle un phénomène «juste» selon l’ordre de la Nature ou bien une regrettable exception? La liaison entre la question du Juste et celle de la guerre va bien au-delà de savoir s’il existe des critères qui permettraient de décréter que telle ou telle guerre est ou non juste tant dans ses motifs que dans la manière dont elle se mène.
Mots clés : Justice, Volonté de puissance, Démocratie, Justice, Desire for Power, Democracy
Résumé : La réception de cet ouvrage est une énigme : ce livre n’aurait-il pas eu paradoxalement d’écho dans ce second pays de la psychanalyse ? En effet, la publication de cet ouvrage princeps a pris des années et n’a finalement été réalisée qu’en 1935, alors que d’autres écrits l’ont été plus tôt. En prenant comme source : les neuf préfaces que Freud a rédigées pour ces rééditions successives, la correspondance Freud-Ferenczi et la préface de Balint à l’œuvre complète de Ferenczi, nous essayons de comprendre le retard étonnant de la publication de cet ouvrage. Un grand nombre de difficultés et d’obstacles nous sont apparus : la résistance interne de Ferenczi, puis celle du traducteur, Hollós, celle des éditeurs et enfin le manque d’argent. J’ajouterais une hypothèse : celle de la concurrence éditoriale de cet « enfant-rêve » avec les grands écrivains, Bàbits, et Krúdy, versés eux aussi dans les rêves.
Mots clés : théorie freudienne des rêves, clé des songes, résistance interne, concurrence avec les romans de Krúdy et de Babits.
Résumé : Si Freud et ses premiers collègues pratiquent librement en Autriche le nouveau traitement inventé par Freud pour soigner les patients névrosés et autres, la «psycho-analyse», une plainte juridique d’un patient contre son analyste, Theodor Reik, va instruire un procès pour exercice illégal de la médecine, procès qui n’aura finalement pas lieu. Mais Reik, un érudit de formation psychologique et littéraire, analysé par Abraham, se verra interdit de pratiquer la psychanalyse en Autriche. Le statut de la psychanalyse est alors posé. Freud va défendre Reik et la psychanalyse profane, laïque, par un essai remarquable, publié en 1926, La question de l’analyse profane. Désormais hors de la médecine, la psychanalyse sera néanmoins de nouveau attaquée en France et fera l’objet dans les années cinquante de plusieurs procès à la demande de l’ordre des médecins contre des psychanalystes non-médecins. Aujourd’hui la question de son statut est reposée indirectement par les législateurs qui, sous le couvert de la défense de l’usager, veulent régler la question des psychothérapies. La psychanalyse restera-t-elle une méthode ou bien deviendra-t-elle une profession?
Mots clés : Procès (Reik,Clark-Williams,Breuer,Dienal), Psychanalyse profane, Psychothérapie, Méthode ou profession? Lawsuit (Reik,Clark-Williams,Breuer,Dienal), Profane psychoanalysis, Psychotherapy, Method or profession?
Résumé : Ouverture au sujet de l’éclairage à la fois historique et culturel de la question du statut et de la réglementation de la psychanalyse en Europe. Car, débattre du bien fondé des diverses solutions trouvées, c’est aussi tenter de voir si quelque lumière peut nous venir de leur rapprochement et de leur comparaison.
Mots clés : Profession de psychanalyste, Réglementation, État, Professon of psychoanalyst, Regulation, State
Résumé : Article déjà paru dans le numéro 28 de Topique en 1981
Résumé : Texte déjà publié dans Topique 1, La formation du psychanalyste, Paris, PUF, 1969
Résumé : Article déjà paru dans Topique 41, Le métier du psychanalyste, 67-84, Paris, Dunod, 1988
Résumé : Texte issu d'un Colloque organisé par le 4e Goupe OPLF ; Paris ; 4 juin 2005
Mots clés : Rêve, Traumatisme, Mythe d’origine, Père primitif, Horde sauvage, Moïse, Monothéisme, Politique.
Résumé : En présentant deux séances successives, l’auteur tente d’illustrer le processus d’association libre dans les groupes de psychothérapie psychanalytique d’enfants à l’âge de la latence. Ces groupes étayent le processus thérapeutique du sujet sur les processus évolutifs du groupement par la prise en compte des phénomènes psychiques groupaux. Reconnaître les affects réveillés par la situation de et du groupe, les mettre en mots, pousse les enfants à les jouer pour les transformer. Les jeux construits dans les deux séances relatées concernent l’élaboration d’une enveloppe groupale fiable, contenant nécessaire pour que le groupe puisse advenir comme espace psychothérapique où les formations psychiques de chaque sujet pourront se projeter et se transformer. Cette élaboration repose sur l’éprouvé de chaque sujet dans le hic et nunc de la séance et sur la rencontre de ces différents éprouvés. L’analyste aide à l’assemblage de ces matériaux, en fonction de sa sensibilité contre-transférentielle, pour leur mise en scène et en sens quand le groupement achoppe à ce travail psychique.
Mots clés : enveloppe groupale, différenciation, enfant-limite, représentation, mise en scène.
Résumé : Texte issu d'un Colloque organisé par le 4e Goupe OPLF ; Paris ; 4 juin 2005. Il s’agit de penser une psychanalyse en devenir, sortie de son enfermement sur la vision autocentrée du sujet solipsiste. On discutera ici les propositions de René Kaës quant à des représentations d’espaces psychiques communs partagés, à partir des formes les plus primitives de la relation symbiotique entre deux sujets. Les hypothèses freudiennes sur la transmission psychique directe, au sein de la relation transférentielle de cure, seront ici articulées avec les notions d’espace onirique partagé, et de sujet porte-rêve. La question des conditions de fin de cure sera aussi abordée par rapport au concept d’enveloppe psychique commune reconstituée dans l’espace de la cure.
Mots clés : télépathie, symbiose, transfert immédiat, holding, expériences oniriques partagées, enveloppe psychique, fin de cure.
Résumé : Dans cet article, je discute l’ouvrage de René Kaës La polyphonie du rêve, sur le point de sa clôture ou de son ouverture d’un point de vue psychanalytique à partir des conceptions de Pierre Fédida, puis d’un point de vue anthropologique à partir de la notion de temps du rêve chez les aborigènes d’Australie.
Mots clés : rêve, traumatisme, groupe.
Résumé : Les résistances du milieu psy décrites par Devereux sont présentes aussi chez Ferenczi dès son article de 1932, « Confusion des langues ». Dans « La voix des enfants », Devereux suggère que les psychanalystes devraient éviter de scotomiser la réalité des traumas précoces et des conséquences chez la victime de l’identification à l’ennemi, à l’agresseur. Exemples cliniques du traitement proposé aujourd’hui pour les familles avec abus sexuels. Une phrase de Freud : « C’est au médecin à élever la voix en faveur du droit de l’enfance. »
Mots clés : confusion des langues, perversion, réalité ou mensonges, thérapie familiale de réseau.
Résumé : L’origine d’un « besoin de croire » mérite une recherche en particulier dans les profondeurs psychiques archaïques dont on peut retrouver trace en certains phénomènes comme le « sentiment océanique ». Freud, Winnicott, Meltzer et d’autres auteurs après Romain Rolland, inspirés par les pathologies précoces apparentées à l’autisme permettent un aperçu des liens entre ces expériences vécues et un mode psychique premier du « croire » marqué par son absence de limites.
Mots clés : Croyance, sentiment océanique, espace illimité, temps illimité, totalité, non-intégration préna- tale, évanescence, Belief, oceanic feeling, illimited space, illimited time, totality, prenatal non-integrity.
Résumé : Notre civilisation occidentale traverserait une nouvelle période de déclin ; une certaine violence nihiliste sévirait dans la société. Pour mieux éclairer ces deux propositions, nous avons fait le choix d’explorer d’autres périodes semblables, autrefois qualifiées de nihilistes. L’étude que nous avons menée, pour comprendre la violence nihiliste, nous conduit à plusieurs hypothèses. Premièrement le nihilisme est une réaction complexe à l’épreuve de désillusion. Deuxièmement, l’invention par Freud du concept de pulsion de mort vient en lieu et place d’une analyse clinique du mouvement social nihiliste qui sévissait bruyamment en Autriche et en Allemagne en 1920. Troisièmement, les formes les plus terroristes de nihilisme politique sont, à chaque fois, précédées d’une période caractéristique de nihiliste passif que nous rapprochons d’une position ou potentialité nihiliste. Quatrièmement, la réaction nihiliste est une réponse régressive à l’épreuve du négatif. Cinquièmement, Eros et Thanatos seraient à traduire, sous ce nouvel éclairage, comme l’opposition entre progrédience et régrédience, entre construction et déconstruction, entre liaison et déliaison.
Mots clés : Nihilisme, Violence, Destructivité, Pulsion de mort, Désillusion, Régression, Régrédience, Déliaison, Négatif, Négativité, Illusion, Nazisme.
Résumé : L’autisme déclenche des guerres, et plus particulièrement des attaques violentes contre la Psychanalyse en tant qu’institution. Je fais l’hypothèse qu’il constitue un modèle identificatoire pour les humains dans lequel le rapport à la théorie est autosuffisant, rendant superflue la rencontre avec les autres.
Mots clés : Autisme, Identification, Institution, Psychanalyse, Cognitivo- comportementalisme, Autism, Identification, Institution, Psychoanalysis, Cognitive- behaviour theory.
Résumé : Après avoir fait un rapide historique du concept de psychopathie et de son lien avec la notion de perversion, l’auteur essaie de montrer successivement que guérir le psychopathe c’est impossible, que c’est dangereux pour lui comme pour nous, mais que ça peut marcher quand même si l’on accepte d’adapter notre technique analytique aux idiosyncrasies de ces patients qui refusent de se considérer comme tels.
Mots clés : Technique psychanalytique, Transfert passionnel, Perversion, Psychopathie, Self-harming, Violence, Autoeroticism, Anti-metaphor.
Résumé : Une question est essentielle pour la psychanalyse aujourd’hui, même si elle passe bien souvent inaperçue : la violence faite à la langue, chaque fois qu’il est question qu’une langue dominante en colonise une autre. L’usage de la langue, sous effet de terreur historique et de violence politique des langues « dominantes », est toujours à rapporter à l’usage des corps utilisés, violentés, déprivés, expulsés de toute mémoire, de toute histoire, livrés à la désintrication pulsionnelle non refoulée. Car c’est à l’intérieur de la langue que viennent se rejouer les enjeux politiques de pouvoir et de dominance, reproduisant dans les parlers les violences d’exclusion, de rejet et de meurtre qui s’exercent sur les personnes. À quelles conditions, la psychanalyse est-elle encore le lieu privilégié pour accueillir et rendre possible la capacité à s’inventer une langue de la résistance qui « dirait » entre les mots interdits, les gestes, les rythmes, les mouvements et les chants d’une mémoire bannie, prohibée, passée en contrebande, transmise dans l’illégalité ? Comment la psychanalyse, au prix d’un retour sur ses propres violences de langue, peut-elle rendre les mots de l’effroi enfin accessibles, retrouver les accents de la langue exilée, bannie, honteuse, se décoller de la honte muette à l’aide de la langue honteuse ?
Mots clés : Violence colonisant, Indigène, Langue dominante, Fiction du sujet, Répétition dans la transmission, Altérité, Exil, Traduction.
Résumé : Cet article propose une interrogation sur les places respectives que tiennent vis-à-vis du phénomène guerrier : la justice comme visée en amont, et en aval, la pulsion de mort comme moteur, « primum movens » pour se situer dans une tradition aristotélicienne. On y entendra toutefois la pulsion de mort non comme un penchant agressif de donner la mort mais comme un « désir de non-désir », désir de ne plus avoir à désirer le massacre génocidaire est exclu de cette dynamique en ce qu’il se rattache à une vision paranoïaque de l’autre à détruire.
Mots clés : Guerre juste, Pulsion de mort, Massacre, Génocide, Besoin identitaire, Just war, Death drive, Massacre, Ethnic cleansing, Need for identity.
Résumé : Face à la violence de l’inceste passé à l’acte entre un parent et un enfant pré-pubère victime, avant toute thérapie individuelle, le contexte pathologique impose une prise en charge spécifique. C’est la psychothérapie familiale de réseau, mise au point au Centre des Buttes-Chaumont, qui correspond au mieux à cette prise en charge. Cet article traite de la description du nouveau cadre ainsi mis au point : Trauma précoce, Droits de l’enfant, transfert sur le cadre, déconfusionnement, procès et maturation du Moi, ce qui évite les répétitions aux générations suivantes.
Mots clés : Déduction du Trauma, Désaveu maternel, Système familial maltraitant, Enfant-victime, Identification à l’agresseur, Encadrement socio-psycho-médico- juridique, Fonction symbolique de l’action judiciaire.
Résumé : A côté du travail institutionnel proprement dit, de plus en plus de structures médico-sociales, confrontées aux limites ou aux difficultés de prises en charge individuelles, s’intéressent à la spécificité de l’approche groupale. Dans de nombreuses institutions, la mise en place d’activités groupales, bien qu’explicitement différenciées, s’appuie, quelle que soit la technique utilisée, sur une fonction thérapeutique du groupe qui reste le plus généralement implicite et un peu floue quant à ses soubassements théoriques, le projet thérapeutique lui-même pouvant avoir Pour objet aussi bien une visée adaptative qu’une régulation émotionnelle. Ainsi, à côté des groupes de vie, infirmiers ou éducateurs organisent autour d’une activité (peinture, terre, piscine) des ateliers thérapeutiques. Tandis que d’autres petits groupes souvent confiés à des couples formés d’un psychologue psychothérapeute et d’un collègue orthophoniste, psychomotricien, infirmier ou éducateur, souvent sans formation spécifique, sont dits thérapeutiques avec tous les risques de confusion que cela entraîne. Dans cet ouvrage, les différents auteurs font part de leurs expériences de groupes thérapeutiques. Ils décrivent et analysent leur fonctionnement et tentent de répondre à diverses questions théoriques et cliniques : qu’est-ce qui soigne ? Est-ce le fonctionnement en groupe, la présence de l’autre en tant que miroir ? Est-ce la manipulation d’une médiation, l’attitude des adultes, leur mode d’intervention ? Dans tous les cas, quelle fonction de l’adulte sera privilégiée : l’animation, l’étayage, la protection ou l’analyse du fonctionnement groupal ? Doit-on opposer les groupes utilisant comme unique support l’expression verbale et les groupes d'expression à médiations ? Qu’est-ce qui spécifie les différents groupes ? Quelles sont leurs indications en fonction de la psychopathologie et de l’âge des patients mais aussi du fonctionnement institutionnel et de la formation des thérapeutes ?
Résumé : Dans le jeu entre les sexes et les générations, le séducteur est avant tout un « passeur » qui va permettre à l’adolescente qui s’embarque avec lui de retrouver à la fois les multiples harmoniques de sa sexualité infantile polymorphe et un rêve incestueux. Ce passage est une retraversée du temps et d’une évolution socialement réglée vers un statut de femme et de mère ; il va en faire à nouveau une petite fille. Passage aussi au sens d’une transgression fantasmatique qui n’est possible que si celle-ci n’a pas eu lieu antérieurement dans la réalité. Car l’inceste n’est pas l’Œdipe mais son écrasement dans un télescopage entre le rêve et le réel.
Mots clés : séduction, sexualité adolescente, discours érotique, complexe d’Œdipe, fantasme incestueux, seduction, adolescent sexuality, erotic discourse, Œdipus complex, incestuous fantasy.
Résumé : L’histoire de la psychanalyse est-elle de l’Histoire et se demander si elle peut ou doit être psychanalytique n’est-ce pas en soi l’aveu qu’elle ne saurait être « historique » puisqu’il s’agirait déjà d’une déformation vis-à-vis de la méthode ? On interroge ici, dans une vision épistémologique rétrospective, l’écriture des recherches qui se sont menées ces vingt dernières années dans les trois principaux axes que constituent : - L’étude de la vie des psychanalystes ayant laissé une œuvre significative et celle de leurs relations réciproques : filiations, exclusions voire anathème... et aussi de leur insertion dans l’histoire générale de leur époque, ce qu’ils ont pu le cas échéant en subir ou en vivre et les influences de cette grande Histoire sur ce dont ils étaient porteurs et qu’ils ont pu transmettre. - L’étude du « Mouvement psychanalytique », c’est-à-dire la manière dont les psychanalystes se sont regroupés en sociétés, en groupes, voire en hordes et ont commencé le plus souvent à s’invectiver et à réclamer chacun pour soi d’être le seul détenteur de l’authenticité psychanalytique, le seul détenteur du fragment de la vraie Croix. - L’étude des notions et des concepts en psychanalyse, domaine qui ressort davantage de l’histoire des sciences pour autant que la psychanalyse en soit une.
Mots clés : Psychohistoire, Fait historique, Narration historique, Trace, Singularité, Auto-historisation, Histoire libidinale, Psycho-history, Historical fact, Historical narration, Remnant, Singularity, Auto-historisation, Libidinal history.
Résumé : Dans cet article, l’auteur, Directeur des Archives Sigmund Freud (Bibliothèque de Washington), revisite le cas du petit Hans, pour l’anniversaire des 150 ans de la mort de Freud. Hans a été soigné pendant 4 mois environ de janvier à avril 1908. Pendant que le père de Hans allait devenir son thérapeute, sa mère, violoniste, était suivie par Freud. On peut considérer que la cure du « petit Hans » est la première d’une cure d’enfant, supervisée. Les hypothèses de Freud sur la sexualité infantile et sur les conflits inconscients pathogènes de la névrose, reconstruits dans l’analyse de l’adulte étaient alors validés par le compte-rendu de sa cure. L’article veut continuer l’enquête et la compréhension de ce cas. Grâce aux nouveaux renseignements sur le petit Hans, son développement et sa famille, nous avons maintenant, depuis l’ouverture des Archives Sigmund Freud sur les entretiens de Max Graf (1952) et d’Herbert Graf (1959) jusqu’alors inaccessibles, un nouveau savoir qui défie les premières formulations, ouvre des perspectives et soulève de nouvelles questions.
Mots clés : Personnalité d’Olga Graf, Ouverture des Archives Freud de la Bibliothèque de Washington pour les Entretiens avec Max Graf et Herbert Graf.
Résumé : Il s’agit ici de faire la chronique du mouvement psychanalytique en Hongrie. Après qu’il ait résisté à la théorie freudienne, la relecture de Freud convainc Ferenczi de l’importance capitale de ce nouveau savoir. Il se voue alors à la Cause et malgré l’opposition des médecins et des universitaires, il réussit à créer une association psychanalytique, puis un enseignement à l’université de médecine, soutenu par l’amitié de Freud. Son influence sur le milieu littéraire est patente pendant quelques années. Il laisse une œuvre théorique et pratique originale. Il a su créer avec de jeunes collègues une atmosphère propice à la recherche et leurs travaux autour du chef d’école les feront reconnaître comme « l’Ecole de Budapest ». Puis la guerre, l’exil, l’oubli, la censure joueront leur rôle destructeur. La sortie de ce « purgatoire » est récente grâce aux travaux de Balint, à la politique éditoriale de J. Dupont et au rôle actif d’analystes formés dans la clandestinité (L. Nemes, G. Hidas) qui ont œuvré pour exister institutionnellement et rejoindre la communauté analytique internationale. Des recherches en France, en Hongrie et dans le monde continuent.
Mots clés : Ferenczi, Ecole de Budapest, Névroses de guerre, Congrès de 1918, Chaire de psychanalyse à l’université (1919), Transmission suspendue et relancée, Hermann.