Institution
Charles Zygel était là dès notre fondation à Ermenonville.
Par son humour acéré et par la force de ses convictions, qu’il défendait avec un brio incisif, il a tenu une place importante dans nos débats initiaux.
Son amertume par rapport à Lacan était très justifiée, mais elle ne l’a jamais conduit à récuser tout le bénéfice de son apport.
Passionné de musique, il nous heurtait parfois par la fulgurance de ses interventions dissonantes sans doute, mais qui rompait la mélodie sirupeuse à laquelle tout groupe risque de se laisser aller.
Élu président en même temps que JP Moreigne (à une ou deux voix près) il l’a tout naturellement remplacé pendant l’absence de celui-ci.
Sa disparition intervient de façon soudaine.
Mais encore à la veille même de sa mort, il téléphonait à certains de ses patients pour se préoccuper de la constance et de la régularité de leurs séances.
Ainsi a-t-il fait preuve jusqu’à son terme ultime de l’investissement extrême que représentait pour lui la Psychanalyse tant dans ses réponses que dans ses questions.
Souvenirs transmis par Jean-Paul Moreigne